Cancer du côlon : six idées reçues décryptées par un cancérologue
Le mois de mars est consacré à la prévention du cancer colorectal, considéré comme le troisième cancer le plus fréquent en France. Le dépistage est le meilleur moyen de limiter les cas. Pourtant quelques croyances persistent. Zoom sur cette pathologie avec le Dr Scher, oncologue et radiothérapeute.

Parler de ses selles au dîner n’est peut-être pas très glamour… mais cela peut littéralement sauver des vies. Derrière ce sujet souvent évité se cache pourtant un enjeu de santé majeur. Détecté à un stade précoce, ce cancer peut être guéri dans 9 cas sur 10. Le dépistage joue donc un rôle essentiel. Mais entre idées reçues, peurs et fausses croyances, beaucoup de personnes hésitent encore à franchir le pas.
Pour y voir plus clair, le Dr Scher, oncologue et radiothérapeute et directeur médical adjoint du centre de radiochirurgie Paris Nord Hôpital Lariboisière et de l’Institut de radiochirurgie et de radiothérapie Hartmann, fait le point sur plusieurs idées reçues.
1. Le cancer colorectal concerne uniquement les personnes âgées
Vrai et faux.
La majorité des cas surviennent après 50 ans. Mais on observe depuis quelques années une augmentation des cas chez les personnes plus jeunes dans les pays occidentaux.
2. Le cancer colorectal ne provoque pas de symptômes au début
Vrai.
Au stade précoce, il n’y a généralement aucun symptôme. En revanche, certains signes doivent alerter : un changement du transit, la présence de sang dans les selles, des douleurs abdominales, une perte de poids, une fatigue importante ou encore une anémie. Dans ces situations, il est recommandé de consulter son médecin généraliste qui pourra prescrire un test Hemoccult et, si nécessaire, une coloscopie.
3. J’ai une bonne hygiène de vie, inutile de me faire dépister
Faux.
Le dépistage permet justement d’éviter qu’un cancer ne se développe. Les cancers colorectaux apparaissent souvent à partir de polypes, des tumeurs bénignes qui peuvent être retirées.
Il est donc recommandé aux personnes âgées de 50 à 74 ans de réaliser un test Hémoccult (une analyse des selles réalisée par l’aide d’un kit récupéré en pharmacie. NDLR), tous les deux ans. Si le résultat est positif, une coloscopie est alors proposée. Retirer ces polypes permet d’éviter qu’ils n’évoluent en tumeur.
Concernant l’augmentation des cas chez les plus jeunes, il n’existe pour l’instant pas de recommandations de dépistage avant 50 ans. Mais si cette tendance se confirme dans les années à venir, les recommandations pourraient évoluer.
4. Pour se faire dépister, il faut forcément faire une coloscopie
Faux.
Le dépistage repose d’abord sur un test immunologique fécal. Il consiste à analyser un échantillon de selles dans un laboratoire afin de rechercher des traces de sang caché. En fonction des résultats, le médecin peut ensuite prescrire une coloscopie.
5. Dans la majorité des cas, un dépistage précoce permet d’éviter le cancer
Vrai.
Dans la grande majorité des situations, le dépistage précoce diminue fortement le risque. Il permet de détecter des lésions bénignes qui peuvent être retirées avant qu’elles ne se transforment en lésions cancéreuses.
6. L’alimentation joue un rôle dans le risque de développer un cancer
Vrai.
Plusieurs études ont montré qu’une consommation excessive de viande rouge (plus de 500 grammes par semaine) et de charcuterie augmente le risque de développer un cancer colorectal. L’alcool, le tabac, l’obésité et la sédentarité font également partie des facteurs de risque.
Bonne nouvelle : il existe aussi des facteurs protecteurs bien connus. Sans trop de surprise, la pratique d’une activité physique régulière, et la consommation journalière de fibres, notamment des fruits et des légumes arrivent en tête sur le podium.
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