Des cas d’enfants nés sans bras qui inquiètent …

Nov 29, 2018 par

Tout d’abord dans l’Ain, puis dans l’Ouest de la France, plusieurs cas suspects de malformations congénitales des membres supérieurs (réduction ou absence de bras) ont été recensés au cours des années précédentes. Comment expliquer la survenue de ces malformations et leur concentration dans certaines zones géographiques ? Les autorités de santé publique se penchent sur ce problème pour tenter d’en comprendre l’origine.

Des cas d’enfants nés sans bras

Des cas d’enfants nés sans bras regroupés dans l’Ain …

L’histoire débute dans l’Ain, avec la médiatisation récente de plusieurs cas suspects de malformations congénitales des membres supérieurs observés chez des enfants nés depuis le début des années 2000. Dans un communiqué, Santé Publique France, porte actuellement à 18 le nombre de cas d’agénésies transverses des membres supérieurs (absence de développement du bras) observés dans l’Ain et répartis de la façon suivante :

  • 7 cas suspects de réductions des membres supérieurs, dont des agénésies, entre 2000 et 2008 ;
  • 4 cas suspects, survenus entre 2009 et 2014 ;
  • 7 cas répertoriés par le registre REMERA (Registre des Malformations en Rhône-Alpes) entre 2009 et 2014, tous situés dans un rayon de 17 kms autour de la commune de Druillat.

Sur l’ensemble de ces cas de réductions de membres supérieurs, les agénésies transverses des membres supérieurs inquiètent, car les spécialistes ne comprennent pas l’origine de ces malformations.

… mais aussi dans l’Ouest de la France

L’Ain n’est malheureusement pas le seul département concerné par les agénésies des membres supérieurs. Deux autres groupes de cas, que les scientifiques appellent des clusters, ont été identifiés dans l’Ouest de la France :

  • Un en Loire-Atlantique, près de Nort-sur-Erdre ;
  • Un en Bretagne, dans la commune de Guidel.

Quels sont les points communs entre ces trois zones ? Les parents des enfants nés sans bras vivent tous dans des zones rurales. La survenue de ces cas, certes rares, mais regroupés dans des zones géographiques bien définies inquiètent, car l’influence d’un facteur environnemental peut être fortement suspectée. En effet, sur ces territoires, l’incidence de la malformation est nettement plus importante que celle observée à l’échelle nationale.

En se penchant sur les cas observés dans l’Ain, les scientifiques ont pu déterminer que ces malformations ne sont pas liées à :

  • Une anomalie génétique ou chromosomique ;
  • Une autre malformation congénitale ;
  • La prise d’un médicament tératogène (qui induit des malformations congénitales) ;
  • La prise de drogues.

L’exposition à une substance tératogène présente dans l’environnement constitue une hypothèse, qui reste à explorer.

Mieux surveiller pour mieux comprendre

Face à la multiplication des cas suspects, Santé Publique France a décidé de mener des investigations complémentaires pour recenser tous les cas de réductions des membres supérieurs, identifier précisément les agénésies des membres supérieurs et déterminer précisément leur localisation géographique.

A terme, l’organisme mettra à disposition du grand public la carte de l’incidence de ces malformations congénitales, région par région et département par département, pour l’ensemble du territoire français. Dans ce cadre, Santé Publique France a annoncé la constitution d’une fédération des registres des anomalies congénitales, pour créer une base de données commune. Ainsi, la surveillance de ces anomalies pourra se renforcer et des travaux de recherche à plus grande échelle pourront être menés pour en déterminer les origines et les mécanismes. La piste d’un facteur environnemental, comme l’exposition à un pesticide ou à un engrais chimique, sera certainement explorée.

Parallèlement, Santé Publique France a créé un système de recueil des signalements et des messages, à destination des familles concernées. Les familles peuvent ainsi signaler le cas de leur enfant et obtenir des informations sur la surveillance épidémiologique des malformations congénitales. Des malformations qui nécessitent d’être toutes recensées pour en comprendre l’origine !

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Agénésies transverses des membres supérieurs : Santé publique France poursuit ses investigations et identifie à ce stade 11 cas suspects supplémentaires dans l’Ain entre 2000 et 2014. Santé Publique France. 30 octobre 2018.
Alexana A.
Journaliste scientifique spécialisée en biotechnologie.
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