Cigarette électronique et risques de cancers !

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Rédigé par Julie P. et publié le 23 octobre 2019

Après les effets néfastes de ses arômes sur l’intégrité des vaisseaux sanguins, la cigarette électronique est à nouveau au centre d’une controverse. Des chercheurs de l’université de New-York, viennent de montrer, chez le rat, que les vapeurs d’e-cigarette contenant de la nicotine pouvaient provoquer des cancers au niveau des poumons et de la vessie.

Cigarette électronique

Des souris soumises aux vapeurs de cigarette électronique

Pour mener à bien leurs travaux, l’équipe de Moon-Shong Tang de l’université de New-York a réparti aléatoirement une quarantaine de souris de laboratoire en trois groupes.

Le premier était soumis à  la fumée de cigarette électronique contenant de la nicotine, le deuxième à de la fumée de e-cigarette sans nicotine et le troisième, le groupe témoin, à de l’air de laboratoire filtré.

À savoir ! Le principe de la e-cigarette consiste à « vapoter », c’est-à-dire à inspirer la vapeur générée par l’échauffement de la solution liquide contenue dans le flacon.

Ensuite, en disséquant et analysant les tissus de ces souris après 54 semaines d’expérimentation, ils ont mis en évidence que 22,5% des souris du premier groupe développaient des tumeurs malignes au niveau des poumons et que 57,5% des souris de ce même groupe souffraient d’une hyperplasie de la vessie, une lésion précancéreuse.

En revanche, le groupe 2 exposé uniquement aux vapeurs d’e-liquide sans nicotine, n’a pas développé de tumeurs pulmonaires, et seulement une souris présentait une hyperplasie de la vessie.

Dans le groupe témoin, une seule des 17 (soit 6%) souris avait un cancer des poumons, et aucune n’avait de grosseur dans la vessie.

À savoir ! Une étude présentée lors du European Respiratory Societyde septembre 2017 avait montré que la nicotine contenue dans les cigarettes électroniques avait des effets néfastes sur la santé artérielle. Comparativement aux individus ayant recours à des e-cigarette sans nicotine, ceux inhalant de la vapeur contenant de la nicotine avait un rythme cardiaque et une pression artérielle augmentés ainsi qu’une rigidité des artères multipliée par un facteur 3.

“S’il est bien établi que la fumée de tabac constitue une menace considérable pour la santé humaine, on ne sait pas encore si la cigarette électronique constitue elle aussi une menace mais une enquête approfondie s’impose” ont conclu les chercheurs.

Lire aussiCigarette électronique : pas si inoffensive !

Le vapotage de nicotine induit des lésions au niveau de l’ADN

Pour les chercheurs, Il est très probable que l’aérosol de la cigarette électronique permet à la nicotine et à ses métabolites (produits de dégradation) de pénétrer profondément dans les tissus pulmonaires et induire des lésions de l’ADN dans les cellules des bronchioles et des alvéoles pulmonaires. En parallèle de ces mutations génétiques induites au niveau des cellules, les chercheurs ont mis en évidence que les systèmes de réparation cellulaire de l’ADN étaient inhibés.

Par ailleurs, les souris les plus susceptibles à développer des tumeurs pulmonaires n’étaient pas plus sujettes à présenter une hyperplasie de la vessie, suggérant ainsi que la cancérogenèse pulmonaire et l’hyperplasie urothéliale induites par les vapeurs de la cigarette électronique sont des événements distincts.

Pour les chercheurs ayant publié leurs travaux le 7 octobre dernier dans la revue scientifique PNAS, “ces données suggèrent simplement, sur la base de données expérimentales, que cette question mérite une étude plus approfondie dans le futur”.

Reste désormais à répéter ces expériences chez l’animal et chez l’homme pour confirmer ou infirmer ces résultats montrant que la nicotine vapotée peut être néfaste pour la santé en augmentant le risque de survenue de cancers.

Lire aussiLa cigarette électronique, des bénéfices variables selon le statut tabagique

 

Julie P., Journaliste scientifique

– Electronic-cigarette smoke induces lung adenocarcinoma and bladder urothelial hyperplasia in mice. PNAS. Consulté le 02 octobre 2019
  • Roland Desvignes says:

    Vous vous dites “journaliste scientifique” mais n’analysez pas (je me pose même la question de la lecture du résumé) l’étude en question ni d’ailleurs les nombreuses réactions d’experts à cette étude réalisée par les mêmes scientifiques qui ont l’an dernier soumis des souris à des quantités abhérantes de vapeur.
    Les souris en question (FVB/N = génétiquement modifiées et qui ont spontanément 20% de cancer du poumon à 1 an et 22% à 2 ans) ont été soumises à l’équivalent de 450 années de vapotage en surchauffe (donc production d’aldehydes).
    Je vous cite : “ils ont mis en évidence que 22,5% des souris du premier groupe développaient des tumeurs malignes au niveau des poumons”
    En comparaison (mais encore une fois, à quoi bon faire des recherches, c’est tellement plus simple de publier des demi véritées voire des mensonges), une étude réalisée en 1996 (Mahler) sur les mêmes souris mais sans exposition à autre chose que de l’air recensait à 14 mois une incidence de tumeurs de 13 % chez les mâles et 26 % chez les femelles.

    Sincèrement, vu votre capacité à analyser et votre esprit scientifique, ne devriez vous pas plutôt publier des articles sur la culture des choux de Bruxelles ou le pourcentage de noisettes dans le nutella ?

    Reply
  • Roland Desvignes says:

    Vous vous dites “journaliste scientifique” mais n’analysez pas (je me pose même la question de la lecture du résumé) l’étude en question ni d’ailleurs les nombreuses réactions d’experts à cette étude réalisée par les mêmes scientifiques qui ont l’an dernier soumis des souris à des quantités abhérantes de vapeur.
    Les souris en question (FVB/N = génétiquement modifiées et qui ont spontanément 20% de cancer du poumon à 1 an et 22% à 2 ans) ont été soumises à l’équivalent de 450 années de vapotage en surchauffe (donc production d’aldehydes).
    Je vous cite : “ils ont mis en évidence que 22,5% des souris du premier groupe développaient des tumeurs malignes au niveau des poumons”
    En comparaison (mais encore une fois, à quoi bon faire des recherches, c’est tellement plus simple de publier des demi véritées voire des mensonges), une étude réalisée en 1996 (Mahler) sur les mêmes souris mais sans exposition à autre chose que de l’air recensait à 14 mois une incidence de tumeurs de 13 % chez les mâles et 26 % chez les femelles.

    Sincèrement, vu votre capacité à analyser et votre esprit scientifique, ne devriez vous pas plutôt publier des articles sur la culture des choux de Bruxelles ou le pourcentage de noisettes dans le nutella ?

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci pour l’intérêt que vous portez à Santé sur le Net. Vous avez raison, les souris sont prédisposées génétiquement aux tumeurs. Il faudrait en effet des études plus approfondies. Les chercheurs soulignent d’ailleurs, et comme souligné dans l’article, que “ces données suggèrent simplement, sur la base de données expérimentales, que cette question mérite une étude plus approfondie dans le futur”.
      Bonne Journée.
      L’équipe Santé sur le Net

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  • Attention ! Les souris choisies (nommées FVB/N) sont prédisposées à être sensibles génétiquement aux tumeurs !!! Moon-shong Tang, en charge de l’étude, reconnaît lui-même qu’il faudrait des études plus poussées avant de tirer des conclusions hâtives sur l’impact chez l’Homme.

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    • L'équipe Santé sur le Net says:

      Bonjour,
      Merci pour l’intérêt que vous portez à Santé sur le Net. Vous avez raison, les souris sont prédisposées génétiquement aux tumeurs. Il faudrait en effet des études plus approfondies. Les chercheurs soulignent d’ailleurs, et comme souligné dans l’article, que “ces données suggèrent simplement, sur la base de données expérimentales, que cette question mérite une étude plus approfondie dans le futur”.
      Bonne Journée.
      L’équipe Santé sur le Net

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