Des moustiques pour lutter contre la prolifération de moustiques : absurde ou efficace ?

Par |Publié le : 22 juin 2026|Dernière mise à jour : 22 juin 2026|3 min de lecture|

Le retour des beaux jours et des vagues de chaleur marque également celui des moustiquespouvant être vecteurs de la dengue, du chikungunya ou encore du virus Zika. Pour freiner leur prolifération, les scientifiques ne manquent pas d’imagination ! Et parmi les nombreuses idées explorées, celle de l’utilisation de moustiques pour lutter contre la prolifération des moustiques ! Est-ce une idée absurde ou une solution vraiment efficace ? On fait le point sur le sujet à travers 5 questions que tout le monde se pose.

Quels sont les moustiques potentiellement vecteurs de maladies ?

Originaire des forêts tropicales d’Asie du Sud-Est, le moustique tigre (Aedes albopictus) fait partie d’une espèce invasive qui s’est répandue dans le monde entier. En France métropolitaine, il est implanté durablement dans plus de 83 départements en 2025 !  Source de nuisance ou d’inconfort pour les êtres humains qu’il pique, le moustique tigre peut également être vecteur de virus comme ceux de la dengue, du chikungunya ou du Zika. Cette capacité à transmettre certaines maladies explique pourquoi il fait l’objet d’une surveillance étroite des autorités sanitaires.

À savoir !Créé en 2014, le site internet https://signalement-moustique.anses.fr/signalement_albopictus/signalements s’appuie sur les signalements effectués par les citoyens pour recenser les communes françaises colonisées par le moustique tigre. À partir des données collectées, les autorités sanitaires peuvent mettre en place des mesures de lutte adaptées et ciblées en cas de maladies virales causées par des arbovirus (dengue, chikungunya ou Zika).

Par ailleurs, dans les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane), on retrouve une autre espèce de moustiques (Aedes aegypti), vecteurs de virus à l’origine d’épidémies de dengue, de chikungunya et de Zika.

D’où l’importance de prévenir la prolifération de ces espèces de moustiques sur notre territoire à l’échelle collective et individuelle.

En quoi consiste le lâcher de moustiques mâles stériles ?

À l’échelle collective, il est possible de lutter contre la prolifération du moustique tigre grâce à un lâcher dans la nature de plusieurs millions de moustiques mâles stériles. Elevés en laboratoire puis stérilisés aux rayons X, ces moustiques tigres s’accouplent ensuite avec les moustiques femelles sauvages qui pondront uniquement des œufs vides, rompant ainsi la chaîne de prolifération.

À savoir !Les moustiques femelles ne s’accouplent qu’une seule fois dans leur vie. Quant aux moustiques mâles, ils ne piquent pas.

C’est la stratégie choisie par la mairie de Toulouse qui, depuis le 26 mai dernier, en libère chaque semaine près de 200.000 et a programmé des lâchers hebdomadaires jusqu’au mois d’octobre. L’objectif affiché ? Réduire la population de l’insecte de près de 90 % en deux ans !

Quelles différences avec les lâchers de moustiques infectés par la bactérie Wolbachia ?

Une autre stratégie collective intéressante a été utilisée en juillet 2019 à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, dans le cadre du « World Mosquito Program ». Elle consiste à relâcher des moustiques Aedes aegypti infectés par la bactérie Wolbachia qui empêche les arbovirus (dengue, Zika, chikungunya…) de se multiplier. Les moustiques infectés par cette bactérie la transmettent ensuite à leur descendance.

L’objectif d’une telle stratégie ? Favoriser l’accouplement des moustiques infectés par cette bactérie avec des moustiques sauvages pour obtenir une population de moustiques incapables de transmettre les arbovirus.

Ces stratégies sont-elles dangereuses pour l’Homme ou l’environnement ?

Recommandée par l’Organisation mondiale de la santé, la « lutte biologique » contre les moustiques potentiellement vecteurs de maladies ne présente pas de risque particulier pour l’Homme ou l’environnement lorsqu’elle est mise en œuvre dans un cadre contrôlé. Elle représente une solution prometteuse en complément des mesures classiques de lutte contre la prolifération des moustiques.

Comment lutter individuellement contre la prolifération des moustiques ?

Rappelons qu’il est également possible de lutter à l’échelle individuelle contre la prolifération du moustique tigre. La destruction des lieux de ponte à l’intérieur et autour des habitats se fait essentiellement en :

  • Vidant les récipients d’eau stagnante (pots de fleurs, vases etc).
  • En mettant les seaux, le matériel de jardinage ou encore les jouets à l’abri de la pluie.
  • En recouvrant les bidons de récupération d’eau à l’aide d’un filet moustiquaire ou de tissu.
  • En curant les gouttières pour faciliter le bon écoulement des eaux.
Sources
– Wolbachia, une bactérie pour lutter contre la dengue. Institut Pasteur. www.pasteur.fr. Consulté le 08 juin 2026.
– Moustiques vecteurs. Comment répondre aux enjeux actuels ? Anses. www.anses.fr. Consulté le 08 juin 2026.
– Moustiques vecteurs de maladies. Site officiel du gouvernement. . Consulté le 08 juin 2026.
Sources

Cet article vous a-t-il été utile ?

Merci pour votre avis !
Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.