Dry January : comment réussir son mois sans alcool
Chaque année, le Dry January invite des millions de personnes à faire une pause volontaire dans leur consommation d’alcool au mois de janvier. Cette initiative collective s’inscrit dans une démarche de prévention en santé publique, fondée sur la bienveillance, la liberté de choix et l’absence de jugement. En quoi consiste réellement le Dry January ? Quels bénéfices concrets pour la santé physique et mentale peut-on en attendre ? Et comment s’organiser pour tenir sur la durée ? Voici l’essentiel à connaître pour comprendre et réussir cette pause d’alcool.

Le Dry January : principes et bénéfices
Une pause d’alcool, individuelle et collective
Le Dry January consiste à ne pas consommer d’alcool du 1er au 31 janvier. Lancé au Royaume-Uni en 2013, le mouvement s’est progressivement étendu à de nombreux pays, dont la France, où il est porté par un collectif d’acteurs engagés en prévention des addictions. L’objectif n’est ni l’abstinence définitive, ni la performance, mais une pause temporaire, vécue dans un cadre collectif, pour observer ses habitudes et ressentir les effets d’un mois sans alcool.
Une action de santé publique aux bénéfices multiples
Même limitée à un mois, cette pause d’alcool peut s’accompagner de bénéfices significatifs, observés chez de nombreux participant·es. L’étude JANOVER 2024, menée auprès de plus de 2 000 personnes en France, met en évidence plusieurs tendances :
- 57 % des participant·es n’ont pas consommé un seul verre d’alcool en janvier ;
- 31 % déclarent une amélioration du sommeil, souvent plus réparateur ;
- 42 % rapportent une amélioration du bien-être physique ;
- 54 % évoquent un mieux-être mental, avec une sensation d’apaisement ;
- 62 % consomment encore moins d’alcool trois mois après.
Au-delà des effets individuels, le Dry January participe à normaliser les moments de convivialité sans alcool, un levier important de prévention à l’échelle collective.
Comment bien démarrer et tenir son Dry January
Réussir son Dry January repose en grande partie sur l’anticipation et l’adaptation de son environnement. Quelques ajustements simples permettent de vivre ce mois plus sereinement.
Pour mettre toutes les chances de son côté, il est utile de :
- Limiter les tentations visibles, en rangeant ou en retirant l’alcool de la maison ;
- Clarifier ses motivations personnelles, qu’elles soient liées à la santé, au bien-être ou à la curiosité ;
- Anticiper les situations sociales, en préparant des réponses simples et assumées ;
- Explorer des alternatives sans alcool, afin de conserver le plaisir de trinquer ;
- Accepter les écarts éventuels, sans culpabiliser, et reprendre la pause dès le lendemain.
Un point de vigilance essentiel doit toutefois être rappelé. Chez les personnes dépendantes à l’alcool, un arrêt brutal peut être dangereux. En cas de doute, ou si des symptômes comme des tremblements, une anxiété intense, des sueurs ou des palpitations apparaissent, une consultation médicale rapide est indispensable.
Outils et accompagnements pour réduire sa consommation d’alcool
Le Dry January repose sur une dynamique collective et s’appuie sur des outils accessibles et bienveillants, conçus pour accompagner les participant·es tout au long du mois, et parfois bien au-delà. Ces dispositifs jouent un rôle clé dans la réussite du défi, en particulier pour maintenir la motivation dans la durée.
Plusieurs formes de soutien sont proposées :
- Des mails d’accompagnement et d’encouragement, envoyés tout au long du mois de janvier, avec des conseils pratiques, des témoignages et des rappels motivants. Les données de l’étude JANOVER montrent que s’inscrire au Défi de janvier augmente de 40 % les chances de ne pas consommer d’alcool pendant le mois ;
- Des applications de suivi, comme Try Dry ou mydéfi, permettant de visualiser ses jours sans alcool, les économies réalisées, et, pour celles et ceux qui le souhaitent, de noter leurs ressentis, leurs envies ou la qualité du sommeil ;
- Un groupe Facebook d’entraide, offrant un espace d’échange où la parole est accueillie sans jugement, favorisant le soutien entre participant·es et le partage d’expériences.
À ces outils s’ajoutent des ressources associatives et professionnelles, proposées notamment par des structures engagées en prévention et en addictologie, ainsi que des dispositifs d’accompagnement médical ou psychologique lorsque la situation le nécessite.
L’ensemble de ces leviers rappelle que le Dry January n’est pas une épreuve à traverser seul·e, mais une démarche soutenue, collective et progressive. Le Dry January peut être un point d’entrée vers une réflexion plus large sur sa consommation, sans jamais se substituer à un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire.
– En France, environ 4,5 millions de personnes ont participé au Dry January en 2024, ce qui en fait l’une des actions de prévention alcool les plus suivies ;
– 57 % des participant·es n’ont pas consommé un seul verre d’alcool pendant le mois de janvier, selon les données disponibles ;
– Plus de 6 participant·es sur 10 déclarent consommer moins d’alcool plusieurs mois après janvier, suggérant un effet durable pour une partie des personnes engagées ;
– Les bénéfices perçus concernent à la fois le sommeil, le bien-être mental et l’énergie, dès les premières semaines ;
– Le Dry January repose sur une démarche volontaire et bienveillante, qui ne convient pas aux personnes alcoolo-dépendantes sans accompagnement médical.
Le Dry January s’impose aujourd’hui comme une action de santé publique accessible et inclusive, permettant de questionner sa consommation d’alcool sans contrainte ni stigmatisation. Même temporaire, cette pause offre à de nombreuses personnes l’occasion de ressentir rapidement des bénéfices, tout en prenant du recul sur leurs habitudes. Après janvier, chacun reste libre de décider de la suite : prolonger la pause, réduire sa consommation ou simplement boire différemment, avec plus de conscience et de choix.
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