Les fourmis, une nouvelle voie pour lutter contre la résistance aux antibiotiques ?

Mar 26, 2018 par

Petites bêtes infatigables retrouvées partout sur la planète, les fourmis ont toujours suscité la curiosité des biologistes. Alors que l’OMS a récemment annoncé son inquiétude face à des bactéries de plus en plus résistantes aux antibiotiques, une récente étude publiée dans le Royal Society Open Science semble avoir franchi un nouveau pas en recherche. En fait, la solution pourrait bien se trouver juste sous nos pieds !

fourmis antibio-résistance

Une cuticule qui renferme bien des secrets

Comme les humains, les fourmis vivent en communauté et doivent se protéger contre les infections bactériennes. Pour ce faire, certaines espèces de fourmis produisent leur propre antibiotique. Mais comment ? Des études antérieures comme celle de Caroline Birer ont pu mettre en avant la richesse bactérienne de la cuticule de fourmi et son pouvoir antibiotique. Elle renfermerait ainsi bien des substances et permettrait de protéger la fourmi contre les pathogènes. Et si ces antibiotiques étaient les antibiotiques du futur ? Une autre question se pose immédiatement : parmi quelles espèces de fourmis les chercher ? Une interrogation à laquelle des chercheurs américains ont tenté de répondre.

Les fourmis, une solution contre l’antibiorésistance

Dans l’étude publiée dans le Royal Society Open Science, 20 espèces de fourmis ont été récupérées. La substance à la surface de chaque fourmi a alors été prélevée puis introduite dans une culture bactérienne. Un groupe témoin n’ayant pas reçu la substance a servi de référence. Ainsi la croissance bactérienne a été comparée à celle du groupe témoin. Si les bactéries ne proliféraient pas, cela signifiait qu’il y avait bien un antibiotique actif contenu dans la substance cuticulaire.

Les résultats suggèrent que 12 fourmis sur 20 avaient bien un antibiotique spécifique à certaines espèces de bactéries sur leur exosquelette. Toutefois, les chercheurs ont mis en évidence que l’activité microbienne des fourmis ne dépend ni de la taille des individus ni de celle de la colonie. Ce qui est contraire à leur hypothèse de départ ! Il faudra donc évaluer plus de critères à commencer par la situation géographique ou le type d’habitat, deux facteurs qui renseignent sur l’espèce. Ainsi, les chercheurs pourront identifier l’espèce de fourmi qui est plus susceptible de fabriquer des antibiotiques. Enfin, Il serait également intéressant de trouver comment les fourmis qui ne secrètent pas d’antimicrobien se défendent contre les bactéries…

Lina R., Journaliste scientifique.

– « Le microbiote bactérien cuticulaire des fourmis de Guyane: pouvoir antibiotique et écologie des communautés. » tel.archives-ouvertes.fr. Birer, Caroline., Université de Guyane, 6 avril 2017
– « External Immunity in Ant Societies: Sociality and Colony Size Do Not Predict Investment in Antimicrobials. » Royal Society Open Science, vol. 5, no 2, février 2018, p. 171332.
Lina R.
Journaliste scientifique.
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