Harcèlement scolaire : un impact sur la santé mentale dès l’âge de 6 ans
Dans le cadre de l’enquête nationale Enabee sur le bien-être et la santé mentale des enfants de 3 à 11 ans, Santé publique France a récemment publié de nouveaux résultats. Ces éléments précisent les facteurs de vulnérabilité des enfants d’écoles primaires impliqués dans différentes situations de type harcèlement. On fait le point.

Santé mentale des enfants : quels facteurs de vulnérabilité ?
Grande cause nationale 2025 et 2026, la santé mentale des Français, et notamment celle des plus jeunes, est aujourd’hui au centre de toutes les attentions. En témoigne l’enquête épidémiologique nationale Enabee qui porte sur le bien-être et la santé mentale des enfants scolarisés en école maternelle ou en école élémentaire dans l’hexagone.
Dans le cadre de cette enquête, Santé publique France a récemment publié de nouveaux résultats relatifs aux facteurs de vulnérabilité des enfants d’écoles primaires impliqués dans différentes situations de type harcèlement.
Il faut dire que le harcèlement constitue l’un des principaux facteurs susceptibles d’impacter la santé mentale des enfants avec des conséquences sérieuses et diverses pouvant aller de l’isolement aux pensées suicidaires.
Des cas de harcèlement bien réels dès l’âge de 6 ans
S’appuyant sur les données d’un échantillon représentatif de près de 8 200 enfants scolarisés du CP au CM2, cette étude révèle que :
Les victimes probables de harcèlement sont généralement des filles qui présentent d’ailleurs moins souvent de comportements agressifs que les garçons.
16,4 % des enfants sont victimes probables de harcèlement.
17,9 % des enfants présentent des comportements agressifs.
6,1% des enfants sont à la fois victimes probables de harcèlement et à l’origine de comportements agressifs.
Cette étude montre également que les enfants victimes probables de harcèlement et ceux adoptant des comportements agressifs présentent des indicateurs dégradés de santé mentale (dans les domaines émotionnel, oppositionnel ou inattention/hyperactivité) avec un impact réel sur leur vie quotidienne.
Cette étude met par ailleurs en lumière les facteurs de risques de se faire harceler ou d’être victime de comportements agressifs de la part d’autres enfants :
- Troubles des apprentissages.
- Dispositif d’accompagnement à la scolarité.
- Naissance prématurée.
- Surpoids, obésité.
- Moindres compétences prosociales.
L’environnement familial des enfants joue enfin un rôle dans la survenue de situations de harcèlement. Ainsi, les enfants victimes probables de harcèlement ou présentant des comportements agressifs vivent le plus souvent au sein de familles monoparentales, peu diplômées et rencontrant des difficultés financières. Notons aussi que les enfants aux comportements agressifs semblent plus souvent avoir un parent fragile d’un point de vue psychosocial ainsi qu’un usage plus important des réseaux sociaux.
Les auteurs tiennent cependant à préciser que ces associations ne constituent pas des liens de cause à effet mais sont plutôt le signe de vulnérabilités dont l’effet est fortement dépendant de l’environnement de l’enfant.
Prévenir les violences scolaires pour améliorer la santé mentale des enfants
Ces résultats inédits confirment que des situations de type harcèlement entre élèves sont bien réelles et ce dès l’âge de 6 ans, avec un impact potentiellement important sur leur santé mentale. Ils soulignent ainsi l’importance :
- D’un repérage précoce et efficace des situations de harcèlement chez les enfants.
- D’un renforcement des actions de prévention auprès des enfants.
Ces actions visant à prévenir durablement les violences entre élèves sont en effet indispensables pour améliorer la santé mentale des enfants. Elles passent par le développement de leurs compétences sociales et émotionnelles dès le plus jeune âge et la mise en place d’environnements scolaires favorables à leur épanouissement.
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