Hausse mondiale des cancers chez les moins de 50 ans

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Rédigé par Deborah L. et publié le 9 novembre 2022

Depuis une trentaine d’années, le nombre de cas de cancers diagnostiqués avant l’âge de 50 ans ne cesse d’augmenter. Quels facteurs de risque pourraient être à l’origine de cette hausse mondiale des cancers ? C’est ce qu’ont cherché à savoir des scientifiques américains dans une récente étude.

hausse mondiale des cancers

Les cancers d’apparition précoce en hausse dans le monde

Depuis une trentaine d’années, le nombre de cas de cancers diagnostiqués chez les personnes de moins de 50 ans ne cesse d’augmenter. Une récente étude menée par des chercheurs américains du Brigham and Women’s Hospital vient d’ailleurs de révéler que l’incidence des cancers d’apparition précoce (ceux diagnostiqués avant l’âge de 50 ans) a considérablement augmenté à travers le monde depuis les années 1990. Parmi ces cancers, citons le cancer du sein, du côlon, de l’œsophage, du rein, du foie et du pancréas.

Forts de ce constat, les auteurs de cette étude ont souhaité comprendre quels facteurs de risque pourraient être à l’origine d’un tel phénomène. Pour mener à bien leurs travaux, ils ont donc procédé à l’analyse :

  • Des données mondiales décrivant l’incidence de 14 types de cancer différents ayant montré une augmentation de l’incidence chez les adultes avant l’âge de 50 ans entre 2000 et 2012.
  • Des études disponibles examinant les tendances des facteurs de risque possibles, y compris les expositions précoces dans la population générale.
  • De la littérature décrivant les caractéristiques tumorales cliniques et biologiques des cancers précoces par rapport aux cancers tardifs (diagnostiqués après 50 ans).

Quels facteurs de risque pour expliquer cette hausse mondiale des cancers ?

Publiés dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology, les résultats de cette étude décrivent un « effet de cohorte de naissance » avec un risque augmenté à chaque génération. Les scientifiques ont en effet constaté que les personnes nées en 1960 présentaient un risque de cancer plus élevé avant d’avoir 50 ans que les personnes nées en 1950 !

Dès lors, comment comprendre une telle augmentation de l’incidence de ces 14 types de cancer ? L’amélioration du dépistage ne peut à elle seule expliquer l’ampleur du phénomène. Le régime alimentaire, le mode de vie ou les expositions environnementales ayant considérablement changé au cours des dernières décennies, nul doute que ces facteurs ont aussi leur rôle à jouer. Il faut préciser que parmi les 14 types de cancers en recrudescence étudiés par les scientifiques, 8 étaient liés au système digestif ! C’est dire combien le régime alimentaire peut affecter directement la composition du microbiote et ainsi influencer le risque de survenue de la maladie.

Les scientifiques ont ainsi identifié plusieurs facteurs de risque possibles de cancer précoce parmi lesquels :

  • Le régime alimentaire (à travers les aliments hautement transformés et les boissons sucrées)
  • La consommation d’alcool
  • Le manque de sommeil (les enfants dorment beaucoup moins aujourd’hui que durant les décennies précédentes)
  • Le tabagisme
  • L’obésité
  • Le diabète de type 2
  • La sédentarité

À savoir ! Les facteurs de risque tels que les l’obésité, le diabète de type 2, la sédentarité et la consommation d’alcool ont tous considérablement augmenté depuis les années 1950, ce qui, selon les chercheurs, a contribué à altérer le microbiote.

Le rôle du mode de vie et du régime alimentaire semble ainsi prépondérant et rappelle l’importance de la prévention.

Vers une meilleure connaissance du risque de cancer pour les générations futures

D’après les auteurs, le niveau de risque de cancers d’apparition précoce devrait continuer d’augmenter au fil des générations dans le monde. Et cette hausse mondiale des cancers pourrait même déclencher une « pandémie de cancer » ! Mais aussi instructive soit-elle, cette étude comporte des limites. Les chercheurs se sont en effet heurtés au manque de données issues des pays à revenu faible ou intermédiaire et relatives à l’incidence des cancers à apparition précoce.

La prochaine étape de leurs travaux consistera donc à collecter plus de données. Ce recueil pourra se faire à travers :

  • La collaboration avec des instituts de recherche internationaux pour mieux surveiller les tendances mondiales.
  • La mise en place d’études de cohorte prospectives pour inclure les jeunes enfants qui seraient suivis pendant plusieurs décennies.

Nul doute que ce travail de collecte permettra de fournir des informations plus précises sur le risque de cancer pour les générations futures. Quant à la lutte contre le cancer, elle devra désormais concerner toute la société, les anciens autant que les jeunes.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

Sources
– Is early- onset cancer an emerging global epidemic? Current evidence and future implications. nature.com. Consulté le 25 octobre 2022.

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