Journée mondiale du vitiligo : causes et traitements de cette affection cutanée mal connue

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Rédigé par Alexia F., publié le 16 juin 2020 et mis à jour le 24 juin 2022

Le vitiligo est une pathologie cutanée qui se caractérise par des tâches dépigmentées sur la peau. La journée mondiale du vitiligo, ce 25 juin, est l’occasion de faire un point sur les connaissances actuelles sur cette maladie, ses symptômes, ses causes et les innovations qui visent à améliorer la qualité de vie des patients.

Une femme atteinte de vitiligo montre son dos.

Le vitiligo, qu’est-ce que c’est ?

A travers le monde, le vitiligo touche 1 personne sur 50 à 100. Elle concerne, en France, 1 million de personnes. Il s’agit d’une affection qui présente une composante héréditaire forte puisque 10 à 30% des cas sont des formes familiales. Concrètement, le vitiligo est une dépigmentation progressive de la peau. Elle s’explique par la perte des mélanocytes (cellules de la peau). Leur rôle est de produire de la mélatonine, un pigment colorant la peau. Ainsi, sans ces cellules, la peau devient blanche et les poils et cheveux des zones touchées peuvent également devenir blancs.

Le vitiligo peut prendre deux formes :

  • Segmentaire quand la dépigmentation concerne un seul côté du corps dans une zone délimitée ;
  • Non segmentaire lorsque l’intégralité du corps peut être touchée.

Le visage, les mains et les pieds sont les zones qui sont souvent atteintes en premières. Par la suite, les lésions se développent de façon bilatérale et symétrique. Des démangeaisons peuvent parfois précéder la survenue de nouvelles tâches. De plus, les zones dépigmentées sont extrêmement sensibles au soleil et une exposition peut engendrer des rougeurs et des démangeaisons.

Si cette dermatose reste bénigne, elle pèse bien souvent sur la santé mentale des patients. En effet, touchant à l’apparence physique, cette maladie est bien souvent difficile à accepter. Elle peut d’ailleurs être à l’origine de discriminations.

A l’occasion de sa journée mondiale, de nombreux évènements ont lieu partout en France. Ils sont organisés par l’Association Française du Vitiligo et à retrouver ici.

Quelles sont les causes du vitiligo ?

L’origine du vitiligo repose en grande partie sur un processus auto-immun associé des facteurs génétiques et environnementaux (stress). En effet, une quinzaine de gènes sont connus pour avoir un lien avec la maladie et impliquer l’immunité.

Il s’avère que 15 à 20% des patients souffrant de vitiligo seraient atteints aussi d’une hypothyroïdie ou hyperthyroïdie d’origine auto-immune. Par ailleurs, d’autres pathologies auto-immunes peuvent être associées au vitiligo comme la polyarthrite rhumatoïde, le diabète ou certaines maladies inflammatoires de l’intestin. Ainsi, les causes du vitiligo reposent sur un ensemble de mécanismes génétiques, immunitaires et environnementaux.

Les thérapies actuelles et les espoirs portés par la recherche

Aujourd’hui, le vitiligo ne se soigne pas complètement et les thérapies existantes permettent d’empêcher l’évolution de la maladie.

Les recours possibles répondent à 3 objectifs : bloquer, repigmenter et prévenir. Cela peut prendre la forme de différents traitements :

  • La protection solaire lors de l’exposition ;
  • Une exposition solaire modérée et raisonnable pour obtenir, dans certains cas, une repigmentation :
  • La photothérapie UVB (stimuler les mélanocytes grâce aux rayons UV-B pour obtenir une repigmentation partielle et temporaire) en cabine ;
  • La greffe de mélanocytes (prélèvement de mélanocytes pigmentées du patient sous anesthésie locale puis greffe de ces derniers dans les zones dépigmentées) ;
  • L’utilisation de dermocorticoïdes et d’immunosuppresseurs locaux pour diminuer l’activité du système immunitaire.

De nouvelles pistes sont en cours de recherche par les scientifiques, elles s’axent autour de 3 aspects :

  • La compréhension fine des mécanismes génétiques et environnementaux impliqués dans le déclenchement de la maladie ;
  • Faciliter le protocole de repigmentation en assurant la régénération des mélanocytes ;
  • L’existence d’une “mémoire” dans les lésions de vitiligo qui ont repigmenté, ouvrant le risque à une récidive. La recherche doit donc avancer sur les traitements de maintien permettant de prolonger le plus possible la repigmentation.

Rédigé par Julie P., le 16 juin 2020. Mis à jour par Alexia F., Docteure en Neurosciences, le 24 juin 2022. 

Sources
– Vitiligo. Inserm. Consulté le 24 juin 2022.
– Le vitiligo, c’est quoi ? Association Française du vitiligo. Consulté le 24 juin 2022.

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