Colposcopie


Rédigé par Charline D., publié le 23 février 2018 et mis à jour le 20 avril 2022

Table d'examen pour réaliser une colposcopie

La colposcopie est un examen gynécologique prescrit, suite à un frottis vaginal anormal. Cet examen permet de diagnostiquer, prévenir et suivre l’évolution des lésions précancéreuses ou d’un cancer du col de l’utérus. Il consiste à passer via le conduit vaginal pour observer de façon minutieuse le col de l’utérus. La colposcopie implique l’utilisation de colorants et d’un colposcope (appareil grossissant). Réalisé en ambulatoire ou au cabinet de gynécologie, l’examen dure quelques minutes. Bien qu’indolore, il peut toutefois être inconfortable, notamment en cas de biopsie associée à l’examen. Les résultats de la colposcopie sont immédiats. Néanmoins, en cas de biopsies, le ou les échantillons sont analysés en laboratoire ce qui implique un délai de plusieurs jours avant l’obtention des résultats. La prise en charge peut varier d’une simple surveillance à un traitement des lésions.

Définition et objectif de la colposcopie

La colposcopie est une méthode d’exploration du col de l’utérus, du vagin et de la vulve qui permet de dépister les lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus. Cet examen est, parfois, utile dans le suivi d’une infection ou pour s’assurer de l’efficacité d’un traitement. La coloscopie est effectuée avec un colposcope (microscope de faible grossissement), après l’application de deux colorants permettant de marquer les lésions.

En effet, l’épithélium utérin se compose de plusieurs couches cellulaires qui recouvrent le col de l’utérus. L’exposition de ce dernier à des virus de type HPV peut progressivement modifier la composition de ces tissus. Ils peuvent devenir précancéreux. Or, ces modifications ne sont pas visibles à l’œil nu. Un simple examen du col ne permet effectivement pas de les identifier, le recours à des colorants est indispensables.

La colposcopie fait, dans la majorité des cas, suite à un frottis (aussi appelé test PAP) dont les résultats sont anormaux.

À savoir ! Le test PAP permet d’étudier tant les cellules normales que pathologiques, obtenues par frottis vaginal, pour diagnostiquer un certain nombre d’infections, une activité hormonale anormale ou des lésions précancéreuses ou cancéreuses. Ce test permet de détecter les anomalies induites par le papillomavirus humain (HPV).

Les résultats de ce frottis peuvent être normaux (négatifs) ou anormaux :

  • Des résultats dits normaux, ou négatifs, signifient qu’il n’y a pas de cellules anormales ou cancéreuses au niveau du col de l’utérus. Ils peuvent également permettre de distinguer des pathologies non cancéreuses ou bénignes telles que les infections ;
  • Des résultats anormaux indiquent la présence de cellules avec des anomalies. Les anomalies peuvent être mineures (on parle d’anomalies de bas grade) ou sévères (on parle d’anomalies de haut grade).

Préparation déroulement et suites de l’examen de colposcopie

La préparation de l’examen

Lorsque les résultats du frottis montrent des anomalies, le gynécologue prescrit une colposcopie. Cet examen requière l’utilisation de colorants (lugol, acide acétique) afin d’opacifier les zones comportant d’éventuelles anomalies. La mise en évidence de ces dernières permet d’orienter les biopsies.

La colposcopie ne doit idéalement pas être pratiquée pendant la période de menstruation. Notamment, il est préférable de prendre rendez-vous dans les jours qui précédent l’ovulation (aux alentours de la deuxième semaine du cycle). En effet, les saignements peuvent fausser l’interprétation des résultats. A noter que les potentielles infections doivent aussi être prises en charge avant l’examen.

Par ailleurs, pour les femmes ménopausées, un traitement hormonal rend possible l’accès au col de l’utérus et au canal cervical (jonction entre le vagin et l’utérus).

En cas de fortes appréhensions de la patiente, le médecin peut prescrire un traitement pour l’apaiser avant l’examen.

Enfin, il faut prévoir une serviette hygiénique, en cas de saignement après l’examen, pour ne pas tacher les sous-vêtements. En revanche, il faut éviter les tampons.

Déroulement de l’examen

La colposcopie est réalisée au cabinet du gynécologue. Il s’agit d’un examen indolore et rapide puisqu’il dure entre 5 et 10 min selon l’expérience du médecin. Cet examen peut néanmoins causer un certain inconfort lié à l’insertion des instruments dans le vagin (spéculum et pinces pour biopsie).

Une fois que la patiente s’est déshabillée et installée, le médecin insère un spéculum dans le vagin, afin d’en écarter les parois. Le gynécologue réalise alors un lavage au sérum physiologique du col de l’utérus.

médecin réalisant un examen gynécologique

Afin de mieux voir les zones anormales, le médecin applique une solution sur le col qui colore les lésions en blanc. Il examine ensuite la surface du col de l’utérus et du vagin à l’aide du colposcope. A noter qu’il n’y pas d’introduction du colposcope dans le vagin ou dans le col de la patiente durant l’examen. Ce microscope reste à une vingtaine de centimètre de la patiente, et permet simplement au gynécologue de mieux visualiser les lésions.

Si les zones blanches paraissent anormales, le médecin peut prélever un ou plusieurs échantillons (biopsies). Les biopsies réalisées sont généralement de petites tailles, et ne sont pas douloureuses pour la patiente. En cas de saignements survenant suite à une biopsie, le gynécologue peut cautériser pour les stopper. Celle-ci peut engendrer de petites douleurs, et provoquer de faibles saignements dans les jours qui suivent la colposcopie.

Suites de l’examen

Suite aux biopsies, de faibles douleurs s’apparentant à celles rencontrées pendant les règles peuvent survenir, associées à des saignements. Afin de diminuer les risques de saignements ou d’infection, il faut :

  • Ne pas se baigner après l’examen ;
  • Limiter les exercices physiques intenses dans les 24 heures qui suivent l’examen ;
  • D’éviter d’avoir des rapports sexuels pendant 3 jours après la colposcopie.

L’analyse des biopsies réalisées pendant l’examen s’effectue en laboratoire.

Dès réception des résultats, le médecin recontacte la patiente pour l’en informer. Ainsi, les résultats permettent d’établir un diagnostic et d’envisager la prise en charge adéquate : un simple suivi ou un traitement.

En cas de lésions, celles-ci étant généralement précancéreuses, leur traitement permet d’éviter l’évolution en cancer du col de l’utérus. Les néoplasies cervicaux intraépithéliales ou CIN représentent le type de lésions le plus rencontré. Elles sont généralement localisées au niveau de la jonction de l’exocol (partie externe du col de l’utérus).

Les anomalies, ou Néoplasies Cervicales Intra épithéliales (CIN), sont classées selon leur degré de sévérité avec :

  • CIN 1 correspondant aux anomalies légères d’origine virale et qui ne nécessitent qu’un suivi régulier avec des examens de contrôle. Dans la majorité des cas, l’infection régresse spontanément. Les lésions peuvent cependant persister ou s’aggraver dans 20 à 30% des cas ;
  • CIN 2 et 3 qui caractérisent les lésions modérées ou sévères dont les traitements varient de la destruction au laser ou par cryothérapie à la conisation (prélèvement de tissu de forme conique au niveau du col). La conisation du col de l’utérus repose sur le retrait, sous anesthésie locale ou générale, d’un cône du col de l’utérus en regard de la zone affectée.

Publié le 23 février 2018 par Sabrina R., Docteur en Biologie du Vieillissement Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– La colposcopie | Exploration du col utérin. cngof.fr. Consulté le 20 avril 2022.
– Test Pap. cancer.ca. Consulté le 20 avril 2022.
– Colposcopie : examen visuel pour observer les anomalies du col de l’utérus. concilio.com. Consulté le 20 avril 2022.