Cancer du col de l’utérus


Rédigé par Charline D., publié le 19 mai 2017 et mis à jour le 13 mai 2022

médecin qui montre anatomie du col de l’utérus

Le cancer du col de l’utérus est une tumeur localisée au niveau de la muqueuse utérine. Cette affection est liée à une exposition prolongée au papillomavirus humain (HPV). Le cancer du col de l’utérus représente l’un des cancers féminins les plus fréquents. On dépiste, en effet, chaque année près de 500 000 nouveaux cas, et 250 000 décès en lien avec cette maladie. Ainsi, la vaccination contre le papillomavirus permet de prévenir les deux tiers des cancers du col de l’utérus.

Le cancer du col de l’utérus, qu’est-ce que c’est ?

Rappels anatomiques

anatomie du col de l’utérus

Le col de l’utérus, qui fait le lien entre le vagin et l’utérus, est recouvert d’une muqueuse sécrétant la glaire cervicale. Cette muqueuse joue un rôle très important dans les fonctions biologiques de l’utérus. Elle comporte deux couches, l’une extérieure appelée l’épithélium et l’autre, interne, le tissu conjonctif. La quasi-totalité des cancers du col de l’utérus débute au niveau de l’épithélium.

Origine du cancer du col de l’utérus

Un cancer du col de l’utérus prend son origine dans les cellules du col de l’utérus. En effet, le col utérin se compose de deux parties : l’endocol (en direction de l’utérus) et l’exocol (en direction du vagin).

Dans la plupart des cas, les cancers naissent au niveau de l’épithélium de la muqueuse du col. On parle alors de carcinomes :

  • Les carcinomes épidermoïdes qui représentent plus de 85% des cas et se développent au niveau de l’exocol ;
  • Les adénocarcinomes dans 15% des cas, qui se développent dans l’endocol.

Ainsi, chaque année, le nombre de nouveaux cas de cancer du col de l’utérus est estimé à 3 000 et plus de 1 100 décès.

Quels sont les facteurs de risque d’un cancer du col de l’utérus ?

Le facteur de risque principal du cancer du col de l’utérus est l’exposition au papillomavirus humain (HPV). Il se transmet via un contact avec la peau et les muqueuses, généralement par voie sexuelle. A noter que le préservatif, bien qu’il limite le contact avec le virus, ne permet cependant pas d’obtenir une protection complète.

Les papillomavirus ne favorisent pas tous le développent d’un cancer du col de l’utérus. En effet, les HPV 16 et 18 sont en cause dans 70% des cancers du col de l’utérus.

L’infection par un papillomavirus est extrêmement courante. Près de 80% des femmes auraient été infectées au moins une fois dans leur vie. Néanmoins, dans 10% des cas, le virus persiste au niveau de la muqueuse du col utérin et peut être à l’origine de modification de l’épithélium. Il provoque ainsi des lésions précancéreuses qui peuvent évoluer en cancer du col de l’utérus.

Par ailleurs, il existe plusieurs facteurs de risque pour ce cancer, par exemple :

  • Plusieurs partenaires sexuels ;
  • La précocité des rapports sexuels ;
  • Le tabagisme ;
  • Un traitement médicamenteux : immunosuppresseurs (qui abaisse les défenses immunitaires et rend l’organisme plus vulnérable aux infections), contraceptifs hormonaux ;
  • Une infection au VIH (abaisse également l’immunité), ou une infection sexuellement transmissible (chlamydioseherpes) ;
  • Plusieurs grossesses.

Quels en sont les symptômes ?

Au début, le cancer du col n’engendre aucun symptôme particulier. Ainsi, seuls des frottis réguliers peuvent le dépister.

femme qui a mal au ventre

Lorsque le cancer évolue, il engendre des symptômes dont :

  • Saignements vaginaux après les rapports sexuels et/ou en dehors des menstruations ;
  • Douleurs lors des rapports sexuels ;
  • Pertes vaginales ;
  • Douleurs dans le bas du ventre ;
  • Douleurs lombaires.

A noter ! De tels symptômes doivent alerter et conduire à la consultation de son médecin.

Le diagnostic du cancer du col de l’utérus

Un cancer du col de l’utérus peut être évoqué devant un frottis de routine anormal ou la présence de certains symptômes évocateurs. Ainsi, le diagnostic de cancer du col de l’utérus repose sur la réalisation d’un examen clinique et gynécologique complété ou non d’examens complémentaires.

une femme chez un gynécologue

Enfin, il est confirmé par l’analyse d’un échantillon de tissus prélevé au niveau du col de l’utérus via une colposcopie le plus souvent.

À savoir ! La colposcopie se réalise en ambulatoire. Il sert à analyser le vagin et le col de l’utérus grâce à un spéculum et une loupe binoculaire.

Dans un second temps, divers examens peuvent être prescrits en complément afin de préciser l’étendue du cancer. Le plus souvent, il s’agit d’une IRM du pelvis.

Par ailleurs, une tomodensitométrie par émission de positions (TEP), une cystoscopie (examen de la vessie) ou une rectoscopie (examen du rectum) peuvent compléter le diagnostic. Un bilan sanguin complète systématiquement le bilan médical.

Quels sont les traitements disponibles ?

La prise en charge d’un cancer du col de l’utérus est pluridisciplinaire et adaptée à chaque cas. Ainsi, le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie utilisées seules ou en association. Le choix du traitement dépend de plusieurs critères dont le type de cancer, le ou les organes atteints, le stade d’évolution, l’âge du patient, l’état de santé général, etc.

personne qui reçoit une perfusion intraveineuse

Le traitement chirurgical

En fonction de l’évolution de la maladie, plusieurs types d’interventions chirurgicales sont envisageables :

  • La conisation du col de l’utérus repose sur le prélèvement d’un fragment des couches profondes du col utérin. L’intervention a lieu sous anesthésie générale ou loco-régionale. Cette approche a l’avantage de permettre le retrait de l’intégralité des cellules cancéreuses.
  • L’ablation du col de l’utérus qui consiste à retirer le col utérin. Cette méthode permet le retrait des tumeurs de petite taille. Cette chirurgie permet de conserver l’utérus et n’empêche pas une future grossesse.
  • L’hystérectomie ou colpo-hystérectomie. Cette intervention implique de retirer la totalité des organes reproducteurs, à savoir, l’utérus, le col de l’utérus, les trompes et la partie supérieure du vagin voire parfois les ovaires. Cette méthode s’accompagne souvent d’un curetage ganglionnaire (ablation des ganglions du bassin).

La radiothérapie

La radiothérapie peut parfois être associée à la chirurgie. Elle consiste en un traitement par rayon X. Il détruit ainsi les cellules du cancer du col de l’utérus. A noter que divers effets indésirables peuvent survenir, par exemple : inflammation cutanée au niveau de la zone irradiée, diarrhées, hémorroïdes.

La curiethérapie est une méthode de radiothérapie interne. Ainsi, la source radioactive est directement placée dans le col de l’utérus. Des pertes blanches ou saignements sont les effets indésirables du traitement.

La chimiothérapie

Une chimiothérapie peut être prescrite avant et/ou après un traitement par chirurgie ou radiothérapie. Administrée avant les autres traitements, son but est de diminuer la taille de la tumeur pour faciliter la chirurgie. Après une intervention chirurgicale, la chimiothérapie a pour objectif de compléter le traitement en empêchant la multiplication et la propagation des cellules cancéreuses.

Les effets indésirables (nausées, diarrhée ou constipation, chute des cheveux, fatigue) de la chimiothérapie sont fréquents mais pas systématiques.

Enfin, il existe actuellement deux méthodes efficaces disponibles dans le cadre de la prévention du cancer du col de l’utérus : les frottis de dépistage réguliers et la vaccination.

Prévention du cancer du col de l’utérus

La recommandation de réaliser un frottis de dépistage du cancer du col de l’utérus s’applique à toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans. Ainsi, le premier frottis a généralement lieu autour des 25 ans, puis tous les 3 ans.

Par ailleurs, le vaccin contre le papillomavirus humain a pour objectif de prévenir les infections par les virus les plus impliqués dans le développement du cancer du col de l’utérus. Cependant, le vaccin ne protège pas contre tous les cancers du col utérin et toutes les lésions précancéreuses.

L’indication du vaccin contre le papillomavirus concerne toutes les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans. Un rattrapage est possible pour les jeunes femmes de 15 à 19 ans. Egalement, depuis peu, les jeunes garçons sont aussi invités à réaliser ce vaccin.

Rédigé par Charline D., Pharmacienne le 19 mai 2017 et mis à jour le 13 mai 2022.

Sources
– Comprendre le cancer du col de l’utérus. ameli.fr. Consulté le 13 mai 2022.