Hémogramme

Les résultats d’une analyse de sang sont parfois bien difficiles à décrypter pour un néophyte. Avec un minimum de connaissance, il est pourtant possible de s’y retrouver !

Une analyse de sang se décompose en 2 parties : l’hémogramme (ou numération formule sanguine) et la biochimie sanguine. La biochimie s’intéresse à des paramètres comme le taux de sucre ou de diverses enzymes ; la numération formule sanguine, quant à elle, se concentre sur les cellules sanguines. Connaître ces cellules permet de mieux comprendre les résultats d’un hémogramme.

Les cellules du sang

Les cellules sanguines sont fabriquées dans la moelle osseuse (la substance contenue à l’intérieur des os). Elles se partagent en 2 lignées : la rouge et la blanche.

La lignée rouge

Elle correspond aux cellules qu’on appelle communément globules rouges ou hématies. Ces cellules se présentent sous la forme d’une sphère déprimée en son centre. Elles peuvent se déformer facilement, ce qui leur permet de pénétrer dans les capillaires (des vaisseaux sanguins très fins).

La fonction essentielle des hématies est de transporter l’oxygène aux différents organes : au niveau des poumons, le sang se charge en oxygène via ses hématies. Cet oxygène est distribué dans tout le corps. En retour, les hématies se lient avec le dioxyde de carbone (CO2) qu’elles vont évacuer lors de leur nouveau passage dans les poumons. Et ainsi de suite…

À savoir ! L’oxygène se fixe sur une protéine spéciale appelée Hémoglobine. L’hémoglobine est un pigment rouge qui donne sa couleur au sang et contient du Fer. Une carence en Fer entraîne de ce fait un défaut de production du nombre de globules rouges.

cellules sanguines

Globules rouges

Les globules rouges ont une durée de vie de 120 jours. Ils sont fabriqués en permanence par la moelle osseuse d’où ils gagnent le flux sanguin, d’abord sous forme immature (les réticulocytes).

La lignée blanche

Les globules blancs ou leucocytes sont également issus de la moelle osseuse. Ils participent au système immunitaire, c’est-à-dire qu’ils défendent l’organisme contre les agressions externes (bactéries, virus…).

On en distingue différentes formes :

  • Les polynucléaires (PN) ou granulocytes. On les a classés en fonction de la fixation de différents colorants : PN basophiles (fixent les colorants basiques), PN éosinophiles (colorants acides) et PN neutrophiles (colorants neutres).
    • Les polynucléaires neutrophiles, qui sont de loin les plus nombreux, sont chargés de détruire et d’éliminer les agents pathogènes par phagocytose (une sorte de digestion). Pour ce faire, ils peuvent sortir des vaisseaux et traquer les germes jusqu’au cœur des tissus ;
    • Les polynucléaires éosinophiles interviennent dans les réactions d’hypersensibilité (allergie). Ils sont aussi capables de phagocytose ;
    • Les polynucléaires basophiles sont les plus rares. En relarguant de l’histamine, ils participent à la réaction allergique.
  • Les lymphocytes. Il en existe 2 sortes : les lymphocytes B participent à la défense de l’organisme en fabriquant des anticorps qui vont neutraliser les agents pathogènes. Contrairement aux polynucléaires ou granulocytes, leur action est spécifique à un agent donné. Les lymphocytes T sont capables de détruire des cellules « anormales », comme par exemple les cellules cancéreuses ou des cellules infectées par des virus.
  • Les monocytes. Ils sont capables de digérer des grosses particules. Lorsqu’ils sont dans les tissus, on parle de macrophages.

Les plaquettes

Cellules sans noyaux, les plaquettes ou thrombocytes participent au phénomène de coagulation sanguine. En s’agrégeant entre elles et formant ainsi un « clou plaquettaire », elles sont capables de combler des brèches dans la paroi des vaisseaux sanguins.

Réalisation de l’hémogramme

Du point de vue du patient, il s’agira d’une simple prise de sang. Il n’est pas nécessaire d’être à jeûn, sauf si une biochimie sanguine est couplée avec l’hémogramme. La seule précaution à prendre est de bien comprimer l’endroit de la ponction pendant quelques minutes pour éviter la formation d’un hématome.

Le sang sera prélevé et conservé dans un tube contenant un anticoagulant spécial qui n’altère pas les cellules sanguines.

Comme le terme « numération formule sanguin » le laisse pressentir, l’examen consiste ensuite en un comptage des différentes catégories de globules. Ce décompte est actuellement réalisé automatiquement par des appareils. Ces automates sont aussi capables de mesurer le taux d’hémoglobine dans les hématies ou encore de détecter certaines anomalies morphologiques des cellules sanguines.

Indications d’une numération formule sanguine (NFS)

La NFS est l’un des examens les plus prescrits par les médecins. Ses indications sont nombreuses, parmi celles-ci :

  • Fatigue, asthénie;
  • Pâleur, bleus, hémorragies ;
  • Fièvre inexpliquée ;
  • Augmentation du volume des ganglions ;
  • Grossesse ;
  • Bilan pré-opératoire ;
  • Suivis thérapeutiques…

Interprétation des résultats d’un hémogramme

Les résultats obtenus sont comparés à des normes ou valeurs de référence, qui peuvent varier un peu d’un laboratoire à l’autre (c’est pourquoi, en cas de suivi, il est conseillé de réaliser tous les examens dans le même laboratoire).

Concrètement, une numération formule sanguine se présente sous cette forme :

HEMATOLOGIE

HEMOGRAMMESignificationInterprétation possible (liste non exhaustive)
Votre résultatLes normes du laboratoire (variables)AugmentationDiminution
Leucocytes4 000 à 10 000Nombre de globules blancs par mm3 de sangInfectionInfection virale, toxicité médicamenteuse
Hématies3.9 à 5.5 millionsNombre de globules rouges par mm3 de sangAnémie
Hémoglobine12 à 15Taux d’hémoglobine (dans les hématies) en g par dl de sangAnémie
Hématocrite37 à 47 %Pourcentage du volume des globules rouges par rapport au volume de sang totalAnémie
VGM80 à 100 µ3Volume Globulaire Moyen (d’une hématie)Permettent de caractériser une anémie
TCMH27 à 32 pgTeneur Corpusculaire Moyenne en Hémoglobine (Quantité moyenne d’hémoglobine dans une hématie)
CCMH30 à 36 g/dlConcentration Corpusculaire Moyenne en hémoglobine (Quantité d’hémoglobine contenue dans 100 ml d’hématies)
FORMULE SANGUINE
Polynucléaires neutrophiles (PN)55 à 75 %Pourcentage de PN par rapport au nombre total de leucocytes – En pratique on interprète plutôt le nombre de PN que leur pourcentageInfection bactérienneInfection, origine médicamenteuse
Polynucléaires éosinophiles (PE)1 à 5 %Pourcentage de PEInfection parasitaire, allergie
Polynucléaires basophiles (PB)< 2 %Pourcentage de PBLeucémie
Lymphocytes20 à 45 %Pourcentage de LymphocytesInfection virale, certaines maladies bactériennes, syndrome lymphoprolifératifsInfection virale, toxicité médicamenteuse
Monocytes2 %Pourcentage de MonocytesTuberculose, paludisme, leucémies
Plaquettes150 000 à 400 000 (ou 150×103 à 400×103)Nombre de plaquettes par mm3 de sangToxicité médicamenteuse
Vitesse de sédimentation< 10 minutes au bout d’1 heureQuantité de sang coagulé dans un tube au bout d’un temps donnéInflammation

Ces résultats doivent bien sûr toujours être interprétés par un médecin en fonction du patient (âge, sexe) et de ses symptômes.

Isabelle V., journaliste scientifique

– Hématie – Larousse.fr. Consulté le 26/01/2018
– Leucocyte – Larousse.fr. Consulté le 26/01/2018
– Le polynucléaire – facmed.univ-rennes1.fr. Consulté le 26/01/2018