asthénie

L’asthénie, aussi appelée fatigue, est le motif le plus courant de consultation chez le médecin généraliste. Peu spécifique, présente dans beaucoup de pathologies et subjective, elle est difficile à prendre en charge.

Définition et symptômes

10 à 25% des consultations chez un médecin généraliste concernent des patients fatigués qui se plaignent, entre autres, d’asthénie. Et, jusqu’à 7% des patients consultent directement pour ce motif. Il semblerait que les femmes soient davantage touchées par cette fatigue.

Le terme « asthénie » dérive du mot grec « sthénie » qui signifie « force ». L’asthénie fait ainsi référence à un manque de force. Selon le Larousse, c’est un « Etat de faiblesse générale caractérisé par une diminution du pouvoir fonctionnel de l’organisme, non consécutive au travail ou à l’effort et ne disparaissant pas avec le repos ».

Très fréquente, l’asthénie est une fatigue anormale qui perdure ou ne disparaît pas totalement malgré le repos. Elle est à l’origine d’une sensation désagréable et pénible d’incapacité à réaliser correctement les activités du quotidien. Le patient éprouve un déséquilibre entre ce qu’il doit faire et ce qu’il se sent capable de mener à bien.

Souvent, lors de l’interrogatoire par le médecin, le patient utilise pour décrire son état des termes tels que : faiblesse, perte de force, épuisement, lassitude, manque d’énergie, inefficacité intellectuelle, épuisement, sensation de lourdeur, ou encore être vidé ou lessivé, etc.

Lorsque ces symptômes durent au-delà de 6 mois, on parle d’asthénie chronique.

À savoir ! Il faut différencier asthénie de fatigue normale. En effet, se sentir fatigué après un effort physique ou intellectuel est normal à partir du moment où le repos permet de la faire disparaître.

Selon les facteurs qui interviennent, on distingue plusieurs types d’asthénie : réactionnelle, psychique, liée à une maladie, due à la prise de médicaments ou de substances toxiques.

L’asthénie réactionnelle survient en réponse à des perturbations du mode de vie comme une insuffisance au repos (manque de sommeil, décalage horaire), une activité professionnelle inadaptée (surmenage, inactivité, épuisement), une condition physique perturbée (activité physique intense, perte musculaire liée à la sédentarité, malnutrition) ou des problèmes familiaux ou psycho sociaux. Une convalescence peut aussi engendrer ce type de fatigue. Elle est temporaire.

L’asthénie psychique est la plus fréquente. On parle aussi de psychasthénie. Elle se traduit par une lassitude au lever, parfois associée à des troubles du sommeil, une perte de l’élan vital ou une diminution de l’appétit. Ce type d’asthénie est fréquemment sous-jacent à une dépression, de l’anxiété ou à un trouble du comportement alimentaire.

L’asthénie peut aussi être liée à une maladie comme :

Certains médicaments peuvent provoquer de la fatigue, par exemple les antidépresseurs, les sédatifs, les psychotropes, les antalgiques, les diurétiques, les antihistaminiques, etc.

Le tabac, l’alcool, la caféine et certains stupéfiants (LSD et cocaïne) peuvent aussi être à l’origine du trouble. Enfin, une intoxication au plomb ou au monoxyde d’azote engendre également une asthénie.

Parfois, malgré toutes les recherches du médecin, aucune cause ne semble être à l’origine de la fatigue du patient.

À savoir ! Le syndrome de fatigue chronique, aussi connu sous le nom de syndrome des yuppies, est un cas particulier d’asthénie. Cette affection frappe brusquement des personnes très actives aux alentours des 35 ans. Les symptômes sont divers : asthénie permanente, fatigabilité profonde, intolérance à l’effort, troubles de la mémoire et de concentration, douleurs musculaires et articulaires, augmentation du volume des ganglions lymphatiques, pharyngite, fièvre. L’origine de ce trouble serait multiple : infectieuse, immunologique et psychologique.

Diagnostic

Avant de consulter un médecin pour une fatigue, il est possible d’essayer soi-même de trouver l’origine de cette dernière et modifier son mode de vie en conséquence.

Tout d’abord, il faut s’interroger sur la nature de sa fatigue par quelques questions comme : Prédomine-t-elle le matin ou le soir ? Est-elle continue ou intermittente ? Est-elle ancienne ou récente ? Son intensité est-elle croissante ? Existe-t-il d’autres symptômes associés ? Cette fatigue a-t-elle une incidence psychologique ou sur les activités quotidiennes ? Existe-t-il des endormissements dans la journée ?  Y-a-t-il existence d’une maladie récente ?

En parallèle, il est conseillé de noter chaque jour dans un carnet les activités effectuées, leur durée ainsi que la qualité du sommeil.

À savoir ! Il existe un questionnaire d’auto évaluation appelé « échelle de fatigue de Pichot » dans lequel le patient doit attribuer un chiffre en face de chaque proposition. Le 0 étant l’équivalent de la réponse « pas du tout » et le 4 « extrêmement ». A la fin, il faut ajouter les scores de l’ensemble des items. Un total supérieur à 22 indique une fatigue excessive.

Ensuite, il faut se demander si la fatigue ressentie est liée à une perturbation du mode de vie ou à la consommation de certaines substances.

Toutes les informations récoltées peuvent permettre de trouver l’origine de son trouble, dans le cas contraire, elles seront de toute manière utiles au médecin.

Lors d’une consultation pour asthénie chez le médecin traitant, celui-ci procède à un interrogatoire et à une examination du patient. L’objectif est de bien comprendre la nature de la fatigue évoquée par le patient et rechercher une cause évidente (prise de médicaments, convalescence, surmenage, etc.).

Un bilan sanguin peut être prescrit afin de rechercher une éventuelle carence en fer à l’origine d’une anémie responsable de la fatigue.

Les conclusions du médecin permettent d’orienter les recherches. Des examens complémentaires ou un avis spécialisé (psychiatre, endocrinologue, etc.) peuvent être nécessaires.

Traitement

Pour traiter la fatigue, il faut traiter sa cause. Ainsi, le traitement d’une asthénie peut être très variable d’un patient à un autre :

  • Une meilleure hygiène de vie et la reprise d’une activité sportive ;
  • Un soutien psychologique voire la prise d’antidépresseurs ;
  • Une consultation avec le médecin du travail lorsque la fatigue est en lien avec l’activité professionnelle ;
  • Un traitement adapté à la maladie qui provoque la fatigue.

Cependant, il n’est pas toujours nécessaire de consulter pour asthénie. En effet, il est possible de tenter de remédier soi-même à la fatigue ressentie en appliquant quelques conseils simples :

  • Ralentir son rythme quotidien en augmentant les temps de détente, d’activité physique et de loisirs ;
  • Faire des pauses en marchant sur le lieu de travail ;
  • Garder une alimentation équilibrée et se nourrir à heures régulières.

Il est également primordial de favoriser un repos de qualité en :

  • Ayant, autant que possible, des heures de sommeil régulières. Particulièrement, pour le lever ;
  • Etant actif dans la journée et en privilégiant les activités calmes le soir ;
  • Évitant l’alcool, les repas copieux ou les excitants en fin de journée ;
  • Évitant de manger, travailler ou regarder la télé dans le lit ;
  • Créant une routine favorable à l’endormissement (lecture, douche, etc.).

Si malgré le respect de ces quelques conseils, la fatigue persiste, il faut consulter un médecin. Par ailleurs, une consultation avec un médecin est préférable en cas :

  • D’épuisement tellement important qu’il est impossible de réaliser les activités quotidiennes ;
  • D’état provoquant une souffrance (angoisse, déprime) ;
  • D’autres symptômes (fièvre, perte ou prise de poids, douleurs, soif, etc.) associés à la fatigue.

Charline D., Pharmacien

– Asthénie (fatigue). Ameli. Le 3 avril 2017.
– Asthénie. Larousse. Consulté le 10 janvier 2018.