un homme et une femme qui ont mal au ventre

La diarrhée du voyageur ou turista est une diarrhée aigüe qui concerne au moins 50% des voyageurs des pays dont le niveau d’hygiène est insuffisant. Elle est majoritairement d’origine bactérienne, et de transmission oro-fécale. Le voyageur se contamine en ingérant des aliments ou de l’eau souillés. La turista se manifeste par une diarrhée, des crampes abdominales, des nausées et des vomissements. Le diagnostic est généralement clinique. Le traitement repose sur l’hydratation, des médicaments anti-diarrhéiques voire des antibiotiques.

Définition et symptômes de la diarrhée du voyageur ou turista

Qu’est-ce que la diarrhée du voyageur ?

une femme souffrant sur les toilettes

Après un repas, les aliments ingérés ne sont pas utilisables tels quels. Ils doivent être digérés au niveau de l’estomac puis de l’intestin grêle afin de fournir à l’organisme les nutriments dont ils ont besoin. C’est ce que l’on appelle la digestion. En effet, tout au long de leur progression par contraction dans le tube digestif (c’est-à-dire de la bouche au rectum), les aliments vont subir des modifications chimiques via les sucs digestifs produits au niveau de l’estomac et de l’intestin grêle. Les nutriments passent alors dans le sang, tandis que les déchets sont éliminés par les selles. La diarrhée, à l’inverse de la constipation, est due à une accélération du transit intestinal. Les selles, formées des résidus alimentaires, passent trop rapidement dans le colon et l’eau où les nutriments qu’elles contiennent n’ont pas le temps d’être extrait comme c’est le cas dans le processus de digestion normal.

La diarrhée du voyageur, aussi appelée turista ou tourista, incommode environ un voyageur sur deux. Parfois plus, selon la destination, les conditions de séjour et les antécédents médicaux. Cette affection est particulièrement fréquente en Amérique latine, en Afrique et en Asie du Sud-Est.

La turista est dans la majorité des cas d’origine bactériologique, et résulte de l’ingestion de germes entéro-toxiques comme les Escherichia coli, Campylobacter, Salmonella ou Shigella. En effet, la diarrhée qu’elle engendre est due à une excrétion excessive d’eau par les muqueuses en réaction aux toxines produites par la bactérie, ou à la destruction des replis de la muqueuse intestinale indispensables à l’assimilation des nutriments. Parfois, la diarrhée du voyageur est due à un virus, essentiellement le rotavirus, et plus rarement à des parasites (les amibes).

Le voyageur se contamine par l’ingestion d’aliments ou d’eau (y compris l’eau de rinçage des aliments). Cette affection est surtout présente dans les pays en voie de développement où le traitement de l’eau n’est pas correctement mis en place. A noter que même le voyageur qui évite toute ingestion d’eau, peut aussi se contaminer en se brossant les dents ou en utilisant des glaçons réalisés à partir de l’eau local. Les mesures d’hygiènes doivent donc être scrupuleusement respectées pour échapper à la turista.

Quels symptômes ?

Les symptômes de la turista sont très facilement identifiables. A noter cependant que la sévérité des symptômes peut beaucoup varier entre deux voyageurs :

  • Diarrhée. La diarrhée aiguë est responsable de l’évacuation fréquente de selles liquides, avec présence ou non de glaires ou de sang. En général, l’épisode diarrhéique survient brutalement et prend fin spontanément après 2 ou 3 jours ;
  • Nausées et vomissements ;
  • Crampes abdominales ;
  • Fièvre.

En cas d’infection au norovirus, des nausées, des maux de tête et des douleurs musculaires sont souvent présents.

Le risque d’un épisode diarrhéique, lorsque la diarrhée est abondante, est de provoquer une déshydratation en raison d’une perte importante d’eau. En effet, au cours d’une diarrhée, les selles liquides, les vomissements, la transpiration, l’urine et la respiration entraînent des pertes hydriques et électrolytiques (sodium, potassium, etc.). On parle de déshydratation lorsque ces pertes ne sont plus compensées par l’organisme. L’état de déshydratation est sévère quant au moins 2 des symptômes suivants sont présents : inconscience/léthargie, yeux enfoncés, incapacité ou difficulté à boire et persistance prolongée du pli cutané (lorsque la marque d’un pincement de la peau perdure plus de 2 secondes).  Les personnes les plus à risque sont les enfants et les personnes âgées.

Les symptômes débutent dans les 12 à 72 heures qui suivent l’ingestion de la nourriture ou de l’eau en cause. Heureusement, dans la grande majorité des cas, l’affection est bénigne et les symptômes disparaissent spontanément en quelques jours.

Diagnostic et traitement de la diarrhée du voyageur ou turista

Quel diagnostic ?

une serviette de plage avec des objets de plages

Le diagnostic de la diarrhée du voyageur est simple. Il repose sur l’observation des symptômes dans la majorité des cas. Les examens complémentaires sont rarement nécessaires. Parfois, des échantillons de selles sont utiles pour rechercher la présence de bactéries, de virus ou de parasites.

La consultation médicale n’est pas systématiquement nécessaire, cependant dans certaines situations elle est préférable : pour les enfants en bas âge, les personnes âgées, les femmes enceintes ou les patients avec une pathologie chronique, en cas de fièvre de plus de 38,5°C, de sang ou glaires dans les selles, lorsque les symptômes persistent plus de 5 jours.

Quel traitement ?

Dès la survenue des symptômes, le traitement de l’affection repose sur :

  • L’hydratation. Il est conseillé de boire de grandes quantités de liquide ;
  • Un anti-diarrhéique, souvent le lopéramide. A noter que ce médicament est déconseillé en cas de fièvre ou de sang dans les selles, et chez les enfants de moins de 2 ans ;
  • Un antibiotique en cas de diarrhée sévère (plus de 3 selles molles en 8 heures), à savoir la ciprofloxacine, la lévofloxacine, l’azithromycine ou la rifaximine. Ce traitement nécessite une prescription médicale ;
  • Un antiparasitaire lorsqu’un parasite a été identifié dans les selles.

Prévention de la diarrhée du voyageur ou turista

Pour se protéger de la turista, quelques mesures simples d’hygiène sont à appliquer :

  • Se laver les mains, ou utiliser un gel hydroalcoolique, après avoir été aux toilettes et avant de préparer le repas ou de manger ;
  • Se sécher les mains avec un linge propre ;
  • Ne boire que les boissons ouvertes devant soi, de l’eau bouillie ou traitée avec des pastilles. Ne pas consommer de glaçon ;
  • Eviter de consommer des coquillages, des viandes ou poissons crus, des plats réchauffés, des produits laitiers, des glaces et des jus de fruits frais ;
  • Ne manger que les fruits et légumes crus rincés dans une eau propre ou pelés soi-même ;
  • Manger des plats chauds et des viandes, poissons et œufs bien cuits ;
  • Boire 2 à 3 litres d’eau par jour.

En prévision d’un voyage dans une zone à risque, il est conseillé de se constituer une trousse à pharmacie comprenant entre autres :

  • Un anti-diarrhéique comme le lopéramide ou le racécadotril ;
  • Un antispasmodique pour les douleurs abdominales ;
  • Un anti-nauséeux ;
  • Un soluté de réhydratation en cas de voyage avec un enfant ou une personne âgée.

Dans certains cas particuliers, lorsque la diarrhée du voyageur doit absolument être évitée, par exemple chez une personne fragile, le médecin peut prescrire un traitement antibiotique préventif sur une courte durée.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Diarrhée du voyageur. MSD. Consulté le 26 décembre 2020.
– Maladies diarrhéiques. OMS. Consulté le 26 décembre 2020.