Myiase


Rédigé par Charline D. et publié le 9 mars 2023

Mouche sur une branche causant la myiase.

Une myiase est une dermatose parasitaire, essentiellement rencontrée dans les pays tropicaux, causée par certaines espèces de mouches. Celles-ci pondent leurs œufs sur la peau ou les muqueuses. Une fois qu’ils ont éclos, les œufs laissent place à des larves de mouche qui pénètrent la peau et se développent pendant plusieurs semaines sous la peau si aucun traitement n’est mis en place. Les myiases cutanées, les plus fréquentes, sont responsables de démangeaisons et de lésions de type furoncle ou abcès au point de pénétration. D’autres symptômes (troubles intestinaux, infections urinaires, etc.) peuvent être associés selon la localisation de l’affection. Les myiases sont des affections bénignes, sans risque de complications graves. Le diagnostic d’une myiase est clinique et le traitement consiste à expulser le ou les parasites présents sous la peau. Plusieurs méthodes d’extraction peuvent être proposées : l’extraction manuelle avec une pince ou une pression, l’utilisation d’agents occlusifs (essentiellement la vaseline) pour forcer les parasites à sortir d’eux-mêmes, etc.

Définition et symptômes d’une myiase

Une infestation cutanée par des larves de mouches

Une myiase est une affection dermatologique causée par la présence sous la peau, au niveau d’organes ou d’orifices naturels de larves de certaines espèces de mouches.

À savoir ! Le terme myiase vient du grec. Il dérive du mot « myia » qui veut dire mouche. C’est en 1840 qu’il fut utilisé pour la première fois pour décrire une infestation de mouches sur un être humain.

On distingue 3 grands types de myiase : furonculeuses, plaies ou rampantes. Les myiases surviennent plus volontiers dans les pays tropicaux, où chez les individus qui ont voyagé récemment en zone endémique.

A noter qu’en dehors de la peau, divers organes peuvent également être impliqués, par exemple le tube digestif, l’appareil génito-urinaire ou le nasopharynx. On parle également de myiase du nez, des yeux et des oreilles.

Les mouches pondent leurs œufs sur la peau ou dans un orifice naturel, sur d’autres insectes comme les moustiques ou sur des objets potentiellement en contact avec la peau. Lorsque les œufs éclosent, ils libèrent des larves qui s’enfoncent dans la peau. Selon l’espèce, les larves peuvent, une fois mature, mesurer entre 1 et 2 cm de long. Elles restent entre une et plusieurs semaines sous la peau. Sans traitement, les larves finissent par quitter leur hôte via la peau pour poursuivre leur cycle de vie dans la nature.

À savoir ! Bien que parfois impressionnante, la myiase n’est pas une maladie grave. Il n’y a pas de risque de complication majeure.

Les myiases cutanées sont les plus fréquentes, notamment le « ver de Cayor » en Afrique provoqué par Condylobia anthropophaga et le « ver macaque » en Amérique provoqué par Dermatobia hominis.

Les myiases furonculeuses

Elles sont généralement causées par les mouches de la famille des oestridés appelées Dermatobia hominis, originaires d’Amérique centrale et du Sud. D’autres espèces sont parfois en cause : Cordylobia anthropophaga (Afrique Subsaharienne), Cuterebra (Amérique du Nord) ou Wohlfahrtia (Amérique du Nord, Europe et Pakistan).

Les lésions causées par les myiases furonculeuses dues à Dermatobia hominis sont généralement localisées au visage, sur le cuir chevelu ou les extrémités. Les autres espèces ont plutôt tendance à envahir le cou, le dos ou la tête.

Les myiases des plaies

Les myiases des plaies ont la particularité de pénétrer leur hôte via des blessures. Ce type de pathologie est rencontrée chez les individus ayant de mauvaises conditions sociales, par exemple les sans-abris. Les mouches infestantes sont des mouches à viande vertes ou noires.

Les myiases rampantes

Les myiases rampantes sont majoritairement causées par Gasterophilus intestinalis et Hypoderma. Ces espèces de mouches infestent les chevaux et le bétail. Le patient se contamine donc essentiellement par un contact avec un animal infesté. Moins souvent, la contamination peut être directe sur la ponte d’œufs sur la peau du patient.

Femme qui se gratte à cause de la myiase.

Les symptômes d’une myiase

Une myiase, quel que soit son type, se manifeste typiquement par plusieurs symptômes dont :

  • Des démangeaisons ou prurit ;
  • Une sensation désagréable de mouvement sous la peau ;
  • Parfois, une douleur lancinante. Particulièrement lorsque la myiase concerne le nez, les yeux ou les oreilles.

Le point d’entrée des parasites dans la peau est similaire à une morsure ou à un furoncle. Cependant, il est possible de détecter un point central avec un point sanglant.

Sans traitement, l’infestation par les larves peut être à l’origine de perforation, par exemple de la cloison nasale ou du palais, à l’origine de vives douleurs et d’infection bactérienne.

En cas d’ingestion de nourriture contaminée, les larves se retrouvent dans les intestins et sont à l’origine de troubles intestinaux.

Les myiases qui affectent l’appareil génito-urinaire peuvent être responsables d’infections urinaires et se traduire par des brûlures en urinant, fièvre, douleurs et émissions fréquentes d’urine.

Myiase, diagnostic et traitement

Le diagnostic clinique de la myiase

Le diagnostic d’une myiase est clinique, autrement dit il repose entièrement sur l’aspect caractéristique des lésions et les symptômes décrits par le patient tels que les démangeaisons ou la sensation de mouvements sous la peau.

En observant bien le point d’entrée du parasite, on peut voir une petite partie de l’extrémité de la larve. Les larves ayant besoin d’oxygène, lorsqu’on obstrue l’ouverture de la peau, ces dernières se rapprochent de la surface, et peuvent même ressortir un peu, les rendant alors visibles. A noter que cela rend par ailleurs plus facile l’extraction du parasite dans un second temps.

Larves de mouches ayant causé la myiase.

L’extraction des larves

La prise en charge d’une myiase consiste à expulser les larves.

Trois principales techniques sont employées :

  • L’application d’une substance toxique pour les larves au niveau du point d’entrée, par exemple du tabac macéré, de la lidocaïne ou de l’ivermectine ;
  • Manuellement, par pression ou avec une pince, en ayant préalablement appliqué un insecticide sur la zone concernée ;
  • L’application de produits occlusifs (vaseline, vernis à ongle, ruban adhésif, etc.) pour asphyxier les larves. Elles sortent ainsi d’elles même en quelques heures. A noter qu’il est préférable d’utiliser des substances grasses qui ne tuent pas les larves afin d’éviter que celles-ci ne meurent sous la peau, ce qui rendrait leur extraction plus difficile.

Une désinfection à la povidone iodée (bétadine®) de la cavité est réalisée une fois l’extraction du parasite terminée.

Lorsque les larves se sont enfoncées dans les tissus profonds, une intervention chirurgicale est indispensable avec une anesthésie locale.

Le traitement d’une myiase intestinale repose sur la prescription d’un laxatif.

Enfin, en cas de surinfection, une antibiothérapie est prescrite en complément. Une vérification de la vaccination antitétanique est également réalisée.

Prévenir la myiase

Les myiases peuvent être prévenues en adoptant certaines précautions en zone endémique, comme tenir éloigné les mouches de la nourriture, ne pas exposer ses blessures à l’air libre, se protéger contre les moustiques ou encore repasser les vêtements qui ont séché dehors voire ne pas les faire sécher à l’extérieur si possible.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Myiase. www.larousse.fr. Consulté le 8 février 2023.
– Myiase cutanée. www.msdmanuals.com. Consulté le 8 février 2023.

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