Toxoplasmose


Rédigé par Charline D., publié le 11 avril 2017 et mis à jour le 27 février 2022

Toxoplasmose, une femme et un chat

La toxoplasmose est une affection parasitaire résultant de la consommation de viande contaminée mal cuite, de crudités mal lavées ou encore par de l’eau souillée. Dans la majorité des cas, la toxoplasmose est asymptomatique. Sauf, chez les femmes enceintes non immunisées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli, où elle peut être à l’origine de complications parfois graves. Le diagnostic repose sur des analyses de sang pour détecter les anticorps de l’affection. La prise en charge dépend de l’état de santé du patient, dans la plupart des cas, aucun traitement n’est nécessaire.

Définition et symptômes de la toxoplasmose

Qu’est-ce que la toxoplasmose ?

En France, la toxoplasmose est une affection parasitaire fréquente, non-contagieuse et majoritairement bénigne. Presque la moitié des adultes seraient immunisés car ils ont contracté la maladie pendant leur enfance ou adolescence. Tous les ans, entre 200 000 et 300 000 nouveaux cas sont diagnostiqués.

Le parasite en cause dans la toxoplasmose est Toxoplama gondii. Il est présent chez son hôte (certains animaux comme le porc, le bovin, le mouton, etc.) sous forme inactive ou de « kyste », suite à son ingestion via l’environnement. La contamination de l’Homme passe par la consommation de viande infestée insuffisamment cuite pour tuer les parasites, ou bien par la consommation de crudités mal lavées ou de l’eau souillée. Par ailleurs, le chat qui se nourrit en chassant dehors peut également être porteur du parasite et potentiellement contaminé l’Homme par l’intermédiaire des parasites contenus dans ses excréments.

Quels symptômes ?

80% des individus atteints ne développent aucun symptôme et la toxoplasmose passe inaperçue. Lorsque la maladie a été contractée une fois, l’immunité est valable pour le reste de la vie.

Après consommation d’aliments contaminés, la période d’incubation est comprise entre 5 et 10 jours. Dans 20% des cas, des symptômes peuvent apparaitre tels que :

  • Fièvre modérée (moins de 38°) ;
  • Présence de ganglions ;
  • Fatigue ;
  • Mal de tête ;
  • Douleurs articulaires ;
  • Eruptions cutanées sur le corps.

Le parasite reste ensuite présent dans le corps sous forme inactive pendant plusieurs années, sans entraîner de symptômes.

Chez les patients immunodéprimés :

Pour les patients souffrants de déficience immunitaire, par exemple atteints du SIDA, ayant subi une greffe d’organe ou étant sous chimiothérapie, la complication la plus fréquente est l’atteinte cérébrale. Elle est caractérisée par les symptômes suivants : fièvre supérieure à 38°, mal de tête intense, crises d’épilepsie et difficulté dans la réalisation de certains mouvements, voire paralysie. La choriorétinite (inflammation de la choroïde et de la rétine de l’œil) est également une complication fréquente se traduisant par une baisse de l’acuité visuelle, une rougeur de l’œil et l’impression de « mouches » devant les yeux. D’autres organes (poumons, cœur, etc.) peuvent parfois être atteints également.

Chez les femmes enceintes non immunisées :

En France, 2700 nouveaux cas de toxoplasmose sont diagnostiqués tous les ans, chez les femmes enceintes. Lorsque le fœtus est touché (25 à 30% des cas), on parle de toxoplasmose congénitale. Ainsi, le risque de transmission du parasite à l’enfant est de :

  • 10% au premier trimestre, et peut engendrer une fausse-couche ;
  • 30% au deuxième trimestre ;
  • 60% au troisième trimestre.

Plus la contamination est tardive et proche du terme de la grossesse, moins les conséquences pour l’enfant à naître sont graves.

La complication la plus fréquente est la choriorétinite (inflammation de la choroïde et de la rétine de l’œil) qui peut se manifester dès la naissance, dans l’adolescence voire à l’âge adulte. D’autres complications plus graves comme une mort in utéro, un accouchement prématuré ou des séquelles neurologiques peuvent être observées selon le stade de la grossesse.

Diagnostic et traitement de la toxoplasmose

Quel diagnostic ?

Le diagnostic de la toxoplasmose est établi par des analyses sanguines afin de détecter la présence d’anticorps (substance synthétisée par le corps et impliquée dans l’immunité) dans l’organisme dirigés contre le parasite.

Toxoplasmose analyse sanguine

Lors d’une grossesse, le dépistage de la toxoplasmose est obligatoire. Si la femme enceinte est déjà immunisée, il n’y a aucune mesure particulière à prendre. En revanche, dans le cas contraire, un dépistage systématique va être effectué chaque mois jusqu’à l’accouchement. Dans les cas où la contamination a lieu pendant la grossesse, une échographie va être réalisée tous les mois afin de dépister d’éventuelles anomalies fœtales. L’infection pouvant être transmise à l’enfant jusqu’à l’accouchement, le dernier prélèvement sanguin a donc lieu directement sur l’enfant après l’accouchement.

À savoir !  Lorsque la contamination de la mère a lieu dans les 6 premiers mois de grossesse, un prélèvement du liquide amniotique (par amniocentèse) entre la 18ème et 32ème semaine d’aménorrhée est nécessaire pour déterminer si l’enfant est lui aussi contaminé.

Si le fœtus présente une toxoplasmose congénitale, différents prélèvements (liquide amniotique, sang fœtal, etc.) sont effectués afin de déterminer les atteintes liées à la maladie.

En cas d’immunodépression (déficience immunitaire), une surveillance régulière est réalisée avec éventuellement un traitement préventif.

Quel traitement ?

Pour les personnes sans déficience immunitaire, aucun traitement n’est administré pour traiter la toxoplasmose. Des antibiotiques peuvent être prescrits dans certaines situations, notamment en cas de toxoplasmose congénitale, en prévention chez les personnes immunodéprimées ou encore lors d’une première infection chez la femme enceinte.

Les nouveau-nés souffrant de toxoplasmose congénitale reçoivent un antibiotique (pyriméthamine-sulfamides). Le traitement est prescrit pour un an avec une surveillance médicale régulière. Le suivi médical se prolonge jusqu’à l’adolescence de façon à dépister d’éventuels troubles nerveux ou ophtalmiques.

Les personnes immunodéprimées ou fragiles peuvent nécessiter une antibiothérapie préventive (cotrimoxazole). En cas d’infection, l’antibiothérapie de première intention repose sur l’association de pyriméthamine et de sulfadiazine ou clindamycine. Rarement, et surtout en cas de contamination en début de grossesse, une interruption de grossesse peut être nécessaire.

La vaccination contre la toxoplasmose n’existe pas. La prévention contre la maladie repose essentiellement sur des mesures d’hygiènes simples, comme par exemple bien se laver les mains, mais également bien nettoyer les produits alimentaires issus de la terre avant de les manger ou cuisiner. L’éviction de certains aliments est recommandée lors d’une grossesse.

Ainsi pour les personnes dites à risque (à savoir les femmes enceintes et les immunodéprimés) :

  • Se laver les mains (sans oublier les ongles) avec du savon pendant minimum 30 secondes, en particulier après avoir manipulé de la viande crue ou des légumes pleins de terre ;
  • Limiter tout contact avec la terre (porter des gants pour jardiner par exemple) ;
  • Bien nettoyer les fruits et les crudités à l’eau claire avant de les consommer ;
  • Laver les ustensiles ainsi que les surfaces après avoir cuisiné ;
  • Mettre la viande à congeler minimum 3 jours et la cuire suffisamment (à plus de 70°) ;
  • Ne pas consommer de charcuterie ou de fruits de mer crus ;
  • Confier à quelqu’un d’autre la corvée de litière de chat ou la nettoyer avec des gants.

À savoir !  Contrairement à une idée largement répandue, la contamination humaine par le chat est exceptionnelle. En effet, le félin n’excrète le parasite dans ses selles que quelques semaines dans sa vie (après la contamination). De plus, s’il n’est jamais sorti et ne mange que des boîtes de terrines et des croquettes, il a peu de risque de se contaminer par la toxoplasmose. Il n’est donc pas nécessaire de demander à une femme enceinte non immunisée de se débarrasser de son chat. Par mesure de précaution, il faut lui conseiller de changer la litière avec des gants… ou de le faire faire par quelqu’un d’autre. Et si c’est un chat qui sort, de se laver les mains après les câlins.

Publié le 11 avril 2017. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 27 février 2022.

Sources
– Toxoplasmose. vidal.fr. Consulté le 27 février 2022.
– Toxoplasmose. anses.fr. Consulté le 27 février 2022.