La maladie de Parkinson est une pathologie neurodégénérative (comme Alzheimer) touchant majoritairement les personnes de plus de 50 ans. Cette tranche d’âge représente en effet, 90% des patients concernés. La maladie toucherait entre 0,6 et 0,8% des individus âgés de 65 à 69 ans et entre 2,6 et 3,5% des plus de 85 ans.

En France, 200 000 personnes sont atteintes de cette affection.

La maladie de Parkinson / INFOGRAPHIE

tremblements liés à la maladie de Parkinson

Maladie de Parkinson : définition

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie neurodégénérative après Alzheimer, en terme de fréquence. Par ailleurs, cette pathologie constitue une cause importante de handicap chez la personne âgée. Elle représente donc un enjeu majeur de santé publique.

Symptômes

La maladie est due à la dégénérescence progressive mais irréversible des neurones (cellules nerveuses) à dopamine dans certaines zones du cerveau. Lorsque cette dégradation dépasse un certain seuil, estimé entre 50 et 60%, apparaissent les symptômes moteurs de la maladie comme la rigidité, l’akinésie (difficulté de mouvement), la bradykinésie (lenteur des mouvements), les tremblements au repos ainsi qu’une instabilité posturale.

Les tremblements au repos

parkinson définition
Les tremblements au repos, symptômes de la maladie de Parkinson, sont présents uniquement au repos et disparaissent lors d’un mouvement :

  • Ils sont lents ;
  • Ils touchent les membres, les lèvres ou le menton ;
  • Ils sont aggravés par les émotions ou un effort de concentration mentale ;
  • Ils sont asymétriques ou unilatéraux.

Ce symptôme n’est cependant pas obligatoire pour poser le diagnostic. Il est, en effet, absent chez près d’un tiers des patients parkinsoniens. Par ailleurs, ce type de tremblements n’est pas forcement la signature de la maladie puisque d’autres causes (notamment médicamenteuses) peuvent les provoquer.

La rigidité

La rigidité musculaire est caractéristique de la maladie de Parkinson, elle touche essentiellement les membres et le cou. Les mouvements du patient sont moins fluides et effectués par à-coups. La rigidité a des répercussions sur la marche : les bras ne se balancent plus le long du corps et l’équilibre s’en trouve altéré.  Par ailleurs, les patients peuvent se plaindre de douleurs en lien avec la rigidité des muscles du cou.

L’akinésie et la bradykinésie

Le ralentissement des mouvements ou bradykinésie est également un élément propre à la maladie de Parkinson. Les mouvements étant difficiles à initier, ils se font donc plus rares : la marche est lente avec des petits pas, le visage reste impassible, le clignement des yeux diminue. Ce type de symptôme est souvent révélé par une gêne à l’écriture, notamment par la réduction de la taille des lettres, mais aussi par des difficultés dans les gestes du quotidien comme se raser, boutonner sa chemise, nouer ses lacets. Les mouvements peuvent de manière temporaire devenir impossibles (akinésie) avec une immobilité brève et soudaine.

Les autres symptômes

Dans les stades avancés de la maladie, les troubles de la coordination motrice peuvent engendrer divers signes comme :

  • Une modification de l’élocution, le patient parle avec un débit plus important, de manière saccadée avec une voix plus basse ;
  • Des troubles de l’écriture, on parle de micrographie en raison de la diminution de la taille des caractères ;
  • Des difficultés de déglutition ;
  • Des troubles de l’équilibre avec des chutes plus fréquentes.

Certains patients peuvent présenter en plus, d’autres symptômes non moteurs comme la dépression, l’anxiété ou des troubles du sommeil.

Evolution

L’évolution de la maladie de Parkinson peut être très variable selon les patients. Elle dépend très probablement de l’ampleur de la dégénérescence et de sa localisation dans le cerveau.

Généralement, une longue période (plusieurs mois à une 30aine d’années selon les patients) s’écoule durant laquelle les médicaments sont efficaces. On l’appelle la période « lune de miel », dans la majorité des cas, elle dure entre 6 et 8 ans.

Arrive alors la seconde période, celle des complications que l’on appelle les fluctuations motrices (apparitions de dyskinésie et perte de sensibilité au traitement) traduisant la nécessité de faire évoluer le traitement. Enfin, la phase de déclin se manifeste par des troubles moteurs (trouble de la marche et de la posture, perte d’équilibre) et cognitifs (démence).

Diagnostic

Le diagnostic est essentiellement basé sur la présence chez le patient des 3 signes cliniques suivants :

  • Les tremblements au repos ;
  • La rigidité musculaire ;
  • Le ralentissement des mouvements.

Dans un second temps, la confirmation du diagnostic est obtenue par réponse aux traitements antiparkinsoniens. Cette confirmation n’est effectuée que sur ordre d’un neurologue et lorsque les symptômes du patient sont suffisamment invalidants pour justifier un traitement.

Une fois la maladie diagnostiquée, il est possible de suivre son évolution avec divers outils dont le plus répandu est l’UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale).

Traitements

Il n’existe pour l’instant aucun traitement capable de guérir la maladie de Parkinson. Les médicaments disponibles visent à réduire et soulager les symptômes. La stratégie thérapeutique de ces traitements est de pallier au manque en dopamine dans le cerveau :

  • Soit en administrant un précurseur de la dopamine (transformé ensuite en dopamine dans le cerveau) ;
  • Soit en administrant une substance imitant la dopamine (appelé un agoniste de la dopamine) ;
  • Soit en administrant une substance permettant d’empêcher la dégradation de la dopamine encore présente dans le cerveau ou de son précurseur.
parkinson traitement dopamine

A savoir ! La dopamine ne peut pas être administrée telle quel car elle n’a pas la capacité de passer au travers des différentes barrières physiologiques de l’organisme. Seulement une faible quantité arrive à parvenir jusqu’au cerveau. Afin d’arriver à une quantité suffisante dans le cerveau, il faudrait donc administrer des doses très importantes impliquant beaucoup d’effets indésirables.

Précurseur de la dopamine : la lévodopa

La lévodopa, aussi appelée L-dopa est transformée en dopamine une fois dans le cerveau. Elle représente le traitement de référence de la maladie de Parkinson. Cependant, en raison de sa tendance à provoquer assez rapidement (quelques années) des mouvements involontaires (ou dyskinésies également appelées fluctuations motrices), elle reste utilisée en seconde intention lorsque le patient a plus de 70 ans, que les précédents traitements ne sont plus efficaces ou sont mal tolérés. Lorsqu’elle est prescrite, la mise en place du traitement est progressive avec des doses croissantes.

Les effets secondaires les plus fréquents sont des nausées et vomissements en début de traitement, des vertiges au lever, des hallucinations ou une somnolence.

Agonistes de la dopamine

Les agonistes dopaminergiques sont des substances mimant l’effet de la dopamine. Ils provoquent moins de dyskinésies, en revanche, ils sont à l’origine de plus d’effets secondaires comme des nausées, vomissements, somnolence, vertiges au lever et hallucinations. A fortes doses, ils peuvent provoquer chez certains patients, des troubles plus importants : fluctuations de l’humeur, hyperactivité sexuelle ou alimentaire.

Généralement, ils sont prescrits soit seuls chez les patients jeunes au début de la maladie, soit en association avec la lévodopa afin de diminuer les doses de celle-ci ou lorsque des dyskinésies commencent à apparaître.

Plusieurs types d’agonistes dopaminergiques sont disponibles sur le marché :

  • En comprimés ou gélules en plusieurs prises dans la journée ;
  • En comprimés ou gélules à libération prolongée en une prise unique ;
  • Par injection sous-cutanée (apomorphine) ;
  • En patch à remplacer tous les jours (rotigotine).

Inhibiteurs de la dégradation

Les inhibiteurs de la dégradation de la lévodopa permettent de maintenir la concentration en lévodopa et donc en dopamine dans le cerveau. Ils sont de 2 types :

  • Inhibiteurs de la COMT ;
  • Inhibiteurs de la MAO-B.

Ce type de traitement est prescrit soit au début de la maladie lorsque les symptômes sont peu gênants soit en association avec la lévodopa.

Les principaux effets indésirables sont : diarrhée et mouvements involontaires pour les inhibiteurs ciblant la COMT, et confusion pour ceux ciblant la MAO-B.

Autres médicaments

Les anticholinergiques agissent sur une substance chimique du cerveau (Acétylcholine) dont l’action vient à l’encontre de celle de la dopamine. Ils peuvent entraîner une rétention urinaire, un glaucome et de la confusion d’où leur moindre utilisation.

L’amantadine (Mantadix) dont le mécanisme reste obscur est éventuellement prescrite pour les dyskinésies.

La stimulation cérébrale profonde est une technique chirurgicale récente qui implique l’implantation de 2 électrodes au niveau de certaines zones du cerveau. Elles sont reliées par des fils en sous-cutanés, à 2 stimulateurs électriques implantés au niveau des clavicules. Ainsi, les stimulateurs envoient des impulsions électriques permettant de corriger les effets du manque en dopamine et d’atténuer fortement les symptômes de la maladie. Cette intervention qui dure 10 heures est réservée à une petite partie des patients (10 à 15%) en raison des critères très stricts : il faut avoir moins de 70 ans, avoir une forme typique de la maladie, avoir une amélioration d’au moins 50% des symptômes sous lévodopa, etc.

Le choix du traitement dépend tout d’abord de l’âge du patient, en effet avant 70 ans et en l’absence de symptômes avancés, ce sont les agonistes dopaminergiques qui sont recommandés. Si ces derniers sont mal tolérés, les doses sont diminuées et la lévodopa est ajoutée. Si l’intolérance persiste, la lévodopa est utilisée seule.

Charline D., Pharmacienne

– Maladie de Parkinson. Inserm. Février 2015.
– Maladie de Parkinson. Collège des enseignants de neurologie. Consulté le 26 avril 2017.
– Maladie de Parkinson. Eurekasante. Mis à jour le 31 mars 2017.