Entorse

26 juillet 2021 par

Une entorse correspond à un étirement, voire une déchirure d’au moins un ligament d’une articulation. Cette affection est courante lors de la pratique sportive. Elle concerne 1 Français sur 10 000. Quelques réflexes sont à avoir lorsqu’une entorse survient : l’arrêt immédiat de toute activité sportive et l’application de froid sur l’articulation. Si des douleurs importantes surviennent, il est recommandé de rapidement consulter un médecin. Celui-ci peut prescrire des examens complémentaires s’il suspecte d’autres lésions, des antalgiques pour soulager le patient et une attelle pour maintenir l’articulation.

entorse de la cheville

Définition et symptômes

Qu’est-ce qu’une entorse ?

Une entorse est un étirement, voire même une déchirure d’un ou de plusieurs ligaments d’une articulation. Les ligaments correspondent à des faisceaux de bandes de tissus fibreux très résistants et peu extensibles qui unissent les os entre eux et qui donnent une stabilité aux articulations.

L’articulation la plus souvent concernée par les entorses est la cheville, mais il existe également des entorses de genoux, de poignets et des coudes. Les principaux symptômes d’une entorse sont la douleur, l’enflure et la difficulté à bouger.

On distingue 3 types d’entorses selon leur gravité, autrement dit selon l’atteinte des ligaments :

  1. Entorse légère ou bénigne : Elle correspond à l’étirement des ligaments, mais l’articulation est encore fonctionnelle. Une douleur est ressentie, mais les mouvements de celle-ci sont encore possibles. Un gonflement de l’articulation est observé dans les heures qui suivent ou le lendemain.
  2. Entorse modérée : Il s’agit d’un étirement des ligaments associé à une déchirure partielle. Une douleur survient au niveau de l’articulation, et les mouvements de celle-ci sont limités mais possibles. On observe un gonflement de l’articulation en moins de 4h associé à la survenue d’ecchymoses.
  3. Entorse grave : Il s’agit d’une rupture complète des ligaments avec une possibilité que les tendons se détachent de l’os. Dans ce dernier cas, un petit morceau d’os peut également être entrainé avec le tendon. Un craquement et une sensation de déchirure sont décrits par le patient, ils sont également associés à une douleur intense et une difficulté importante à bouger l’articulation. Des ecchymoses et un gonflement de l’articulation apparaissent en quelques minutes.

Les personnes les plus à risque de faire des entorses sont les sportifs, qu’il s’agisse d’athlètes professionnels ou de sportifs amateurs, les personnes en ayant déjà eu, ou souffrants d’autres problèmes articulaires.

Les personnes en surpoids ou en mauvaise condition physique sont également plus sujets aux entorses.
Et enfin, les personnes âgées peuvent être concernées par les entorses car leurs réflexes sont amoindris et elles peuvent présenter des troubles de coordination des mouvements.

Les facteurs de risque sont finalement également liés au type d’activité physique et sportive pratiquée, notamment ce qui concerne les sports de contact, et de pivot pour lesquels il y a des changements soudains de direction (par exemple le football, basketball, tennis…). Tout comme la course à pied, ou la marche, sur des terrains de mauvaise qualité ou des surfaces irrégulières (par exemple les terrains glissants ou rocailleux) sont à risque de blessures. De même que faire une activité sportive avec un échauffement ou entrainement insuffisant, et/ou avec un équipement mal adapté (particulièrement les chaussures) favorisent la survenue d’entorses.

Quels symptômes ?

Une entorse se manifeste par : un gonflement, un hématome, une douleur et des difficultés à bouger l’articulation touchée.

En cas d’entorse bénigne, aussi appelée foulure, la douleur est quasiment immédiate mais elle s’estompe rapidement. L’articulation gonfle modérément. Il n’y a en général pas d’hématome.

Pour une entorse moyenne, la douleur est plus vive. Dans les heures qui suivent, un hématome et un gonflement sont associés. L’articulation est difficile à mobiliser pendant quelques jours.

L’entorse grave engendre une douleur intense dès que l’articulation est bougée. Le gonflement est immédiat et souvent associé à un hématome.

Diagnostic et traitement de l’entorse

Quel diagnostic ?

Le diagnostic d’une entorse est clinique. Il repose sur l’interrogatoire du patient et l’examen de l’articulation concernée. Le médecin détermine le type d’entorse, sa gravité et les éventuelles lésions associées (rupture ligamentaire par exemple).

Si le médecin suspecte une fracture associée, il prescrit une radiographie.

Quel traitement ?

Lorsque l’on suspecte une entorse, il faut arrêter immédiatement toute activité physique entreprise. Ensuite, quelle que soit la gravité de l’entorse, il est recommandé de suivre le traitement « GREC » pendant les 72h qui suive le traumatisme. Celui-ci repose sur quatre principes :

  1. Glace : il faut appliquer de la glace le plus tôt possible sur l’articulation afin de minimiser le gonflement. En effet, la glace diminue la réaction inflammatoire et l’œdème en resserrant les vaisseaux sanguins. Elle permet aussi d’atténuer la douleur et les saignements lorsqu’il y a eu une déchirure des ligaments.
  2. Repos : Après une entorse, le patient doit se reposer. Cependant, cette période de repos ne doit pas excéder 72h car le mouvement de l’articulation est recommandé et bénéfique pour la guérison de l’entorse. Parfois, notamment pour les entorses graves, le patient doit immobiliser l’articulation plus longtemps. Pour immobiliser la zone touchée, une orthèse rigide ou semi-rigide peut être prescrite par le médecin. Elle limite les mouvements dans l’axe des ligaments endommagés, mais permet les autres mouvements. Plus rarement, il arrive qu’un plâtre soit prescrit, afin d’immobiliser totalement l’articulation.
  3. Élévation : il est recommandé de surélever l’articulation concernée à une hauteur de 10 cm au-dessus du cœur, pendant 2h à 3h tous les jours jusqu’à diminution de la douleur et du gonflement. L’élévation de l’articulation blessée favorise la circulation du sang et celle du liquide inflammatoire pour éviter son accumulation dans l’articulation.
  4. Compression : il faut bander la zone de l’entorse avec un bandage élastique dans le but de réduire le gonflement et les ecchymoses, et soutenir les ligaments blessés, tout en laissant le sang circuler. Il faut donc faire attention à ne pas serrer trop fort.

traiter l'entorse de la cheville avec de la glace

Les entorses peuvent être soulagées par les médicaments, notamment des analgésiques ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). Les analgésiques sont, en général, prescrits par voie orale et utilisés pour calmer la douleur. Les AINS sont utilisés plus volontiers sous forme de gel ou de pommade et sont appliqués localement sur l’entorse. Ces derniers permettent aussi de soulager la douleur, mais ont également pour rôle de réduire l’inflammation et le gonflement de l’articulation.

A propos des entorses graves, la chirurgie est envisageable. Elle est surtout conseillée pour des sportifs de haut niveau qui utilisent l’articulation endommagée de manière intensive.

La période de réadaptation et de remise au sport dépend de la sévérité de l’entorse. De façon générale, elles sont équivalentes à :

  1. Entorse légère ou bénigne : 1 à 3 semaines
  2. Entorse modérée : 4 à 6 semaines
  3. Entorse grave : 6 semaines à 3 mois

Bien sûr, c’est le médecin qui déterminera la période nécessaire à son patient. Il est préférable de reprendre, après une entorse, une activité physique de façon progressive pour prévenir tout risque de récidive. Pour les sportifs de haut niveau, et les entorses graves, un kinésithérapeute peut être utile au patient pour regagner toutes ses capacités physiques grâce à divers exercices ayant pour but d’aider les ligaments à retrouver leur capacité, à diminuer leur raideur et à renforcer la musculature qui s’est amoindrie durant la convalescence.

Publié le 5 octobre 2015. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 26 juillet 2021.

Sources
– Entorse de la cheville : consultation et traitement. ameli.fr
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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