Marathon de Paris : Et si une simple séance de sport boostait instantanément votre mémoire ?
Faire du sport ne muscle pas que le corps. Une étude révèle qu’une seule séance suffit à déclencher dans le cerveau des mécanismes clés de la mémoire et de l’apprentissage.

Courir, pédaler, marcher… Et si bouger ne faisait pas seulement du bien au corps, mais aussi au cerveau, presque instantanément ? Alors que se tient aujourd’hui le marathon de Paris, Santé Sur le Net revient sur une étude américaine publiée le 9 mars qui apporte un éclairage sur les effets de l’exercice physique. Selon les scientifiques, une simple séance suffirait à activer des mécanismes neuronaux directement liés à la mémoire et à l’apprentissage.
Menée par des chercheurs de l’Université de l’Iowa, ce travail de recherche révèle qu’une seule séance d’exercice peut engendrer une augmentation de l’activité neuronale dans les réseaux cérébraux impliqués dans les fonctions cognitives. Concrètement, après un effort, le cerveau produit une salve d’ondes à haute fréquence, appelées « ondulations ». Celles-ci prennent naissance dans l’hippocampe (une région clé de la mémoire) avant de se propager vers d’autres zones impliquées dans l’apprentissage.
Le sport, allié immédiat de nos capacités cognitives
Jusqu’ici, ces phénomènes avaient été observés chez l’animal, notamment chez la souris et le rat. Mais chez l’humain, les preuves manquaient. Et pour cause, il est nécessaire d’implanter des électrodes dans le cerveau pour mesurer précisément cette activité. Une méthode rare, généralement réservée à certains patients, comme ceux souffrant d’épilepsie.
Pour contourner cet obstacle, les chercheurs ont étudié 14 patients âgés de 17 à 50 ans, suivis au Centre médical universitaire de l’Iowa. Après un échauffement, les participants ont pédalé pendant 20 minutes sur un vélo stationnaire, à un rythme modéré. Leur activité cérébrale a été enregistrée avant et après l’effort grâce à une technique appelée électroencéphalographie intracrânienne (EEG-i).
Ces mystérieuses « ondulations » au cœur de la mémoire
Résultat : après l’exercice, les scientifiques ont observé une nette augmentation des « ondulations » issues de l’hippocampe, se connectant à des régions corticales du cerveau connues pour jouer un rôle dans la mémoire et l’apprentissage. Une observation inédite chez l’humain.
« Nous savons depuis des années que l’exercice physique est souvent bénéfique pour les fonctions cognitives comme la mémoire, et ce bienfait est associé à des changements dans la santé cérébrale, principalement mis en évidence par des études comportementales et l’imagerie cérébrale non invasive », explique dans un communiqué de presse, Michelle Voss, professeure et titulaire de la chaire Ronnie Ketchel au Département de psychologie et de neurosciences de l’Université de l’Iowa, et auteure principale de l’étude.
Mais cette fois, les chercheurs sont allés plus loin. « En enregistrant directement l’activité cérébrale, notre étude montre, pour la première fois chez l’humain, qu’une seule séance d’exercice peut modifier rapidement les rythmes neuronaux et les réseaux cérébraux impliqués dans la mémoire et les fonctions cognitives », poursuit-elle.
Reste une question : ces résultats sont-ils spécifiques aux patients étudiés ? Selon Michelle Voss, la réponse est non. « Les schémas observés après l’effort physique correspondent étroitement à ceux observés chez les adultes en bonne santé grâce à l’imagerie cérébrale non invasive, comme l’IRMf. Cette convergence entre des méthodes très différentes est l’un des indices les plus convaincants que ces effets ne sont pas spécifiques à l’épilepsie, mais reflètent une réponse cérébrale humaine plus générale à l’exercice », explique-t-elle.
En d’autres termes, ces « ondulations » cérébrales pourraient concerner tout le monde. Une piste prometteuse qui confirme une idée déjà largement admise : bouger régulièrement est toujours une bonne idée. De quoi ne plus hésiter à enfiler sa paire meilleure paire de running…
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