Somnolence


Rédigé par Pierre M., publié le 28 juin 2017 et mis à jour le 15 février 2022

homme somonlant

La somnolence est définie comme étant une envie irrépressible de dormir pendant la journée. Cet état, bien que sans gravité pour la santé, peut fortement impacter le quotidien des patients, voire même augmenter les risques d’accident. Les personnes les plus concernées par la somnolence diurne sont celles qui ne dorment pas suffisamment la nuit. Diverses autres causes peuvent cependant être évoquées : la prise de certains traitements, ou certaines pathologies comme la narcolepsie ou l’apnée du sommeil par exemple. Le diagnostic de la somnolence nécessite l’établissement d’un bilan complet par des spécialistes du sommeil. La prise en charge d’une somnolence diurne dépend de sa cause. Elle peut impliquer l’arrêt ou le remplacement d’un traitement, de nouvelles habitudes de sommeil, ou la prise en charge d’une pathologie sous-jacente.

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Définition et symptômes de la somnolence

Qu’est-ce que la somnolence ?

La somnolence est dite physiologique, et donc normale, lorsqu’elle survient le soir à l’heure du coucher, ou à midi après le déjeuner. Chez les personnes âgées, ce phénomène a tendance à s’accentuer. A noter qu’une somnolence peut aussi se manifester suite à des évènements particuliers comme une soirée ou une nuit blanche.

A Savoir ! Somnolence et fatigue ne sont pas synonymes. La fatigue est généralement induite par une activité excessive, et elle est souvent réversible après le repos.

On parle de somnolence excessive ou pathologique lorsque le besoin de dormir se fait sentir à un moment non désiré ou inapproprié, quotidiennement ou presque, et constitue une gêne pour le patient. Le besoin de dormir est parfois tellement difficile à contenir pour les patients que des épisodes d’endormissement, plus ou moins récupérateurs, peuvent parfois survenir.

Environ 1 Français sur 5 est concerné par ce trouble.

Plusieurs causes peuvent expliquer une somnolence pathologique dont :

  • Une insuffisance de sommeil. La somnolence est alors souvent associée à d’autres troubles comme un manque de motivation, une fatigue chronique, une baisse des performances professionnelles, etc. ;
  • La prise de certains médicaments (neuroleptique, hypnotique, antidépresseur, anxiolytique, antihistaminique, antiépileptique, etc.) ;
  • Un syndrome d’apnée du sommeil qui se manifeste également par un ronflement sévère et régulier, et un sommeil agité avec des réveils dans la nuit.
  • Un syndrome des jambes sans repos;
  • Une narcolepsie;
  • Une hypersomnie idiopathique qui est une affection rare se manifestant autour de 25 ans. Cette maladie se traduit par des accès d’endormissement moins irrésistibles qu’en cas de narcolepsie. Les réveils sont généralement difficiles ;
  • Une pathologie psychiatrique (trouble bipolaire), neurologique (AVC, maladie de Parkinson, sclérose en plaques, maladie d’Alzheimer), métabolique ou endocrinienne (diabète, maladie rénale, cirrhose, hypothyroïdie), infectieuse (hépatite, mononucléose infectieuse), etc.

Quels symptômes ?

L’envie ou le besoin de dormir durant la journée peut se manifester de diverses manières :

  • Sensation d’être somnolent ou mal réveillé. L’envie de dormir est quasiment toujours présente, et le patient a du mal à se concentrer ou à rester attentif ;
  • Réveil matinal difficile. En se levant le patient se sent incapable d’affronter la journée ou de réfléchir. Parfois, des nuits de plus de 10 heures sont nécessaires pour que le patient se sente mieux réveillé le matin ;
  • Endormissements involontaires dans la journée. Ces accès se manifestent plus volontiers lorsque l’environnement est calme, que le patient est passif ou s’ennuie, ou dans des circonstances indésirables (au travail ou à l’école, au volant, etc.).

La somnolence pathologique se caractérise par les éléments suivants :

  1. Irritabilité, désinhibition ;
  2. Diminution de motivation, baisse de la productivité ;
  3. Altération du lobe frontal : apathie, fluence verbale diminuée, trouble de l’attention, de la mémorisation, trouble du jugement et du raisonnement ;
  4. Intrusion de la somnolence : périodes de micro-sommeil (5 à 10 secondes) qui engendrent des troubles de l’attention, sommeil continu.

Ces accès de sommeil parfois irrépressibles et inappropriés peuvent avoir des conséquences gênantes voire dramatiques sur la vie du sujet. Ils perturbent la qualité de vie du patient et de son entourage et peuvent même empêcher toute activité professionnelle du fait du risque d’accidents du travail et de la circulation.

Diagnostic et traitement de la somnolence

Quel diagnostic ?

Dans un premier temps, il est possible de réaliser un test pour évaluer le risque d’endormissement : l’échelle d’Epworth. Ce test permet d’évaluer la probabilité de s’endormir dans plusieurs situations de la vie courante (en lisant, en regardant la télé, étant passager dans une voiture, en discutant avec quelqu’un, etc.). Pour chaque situation, il faut indiquer un score (0, 1, 2 ou 3) pour indiquer le degré d’endormissement. Une somnolence pathologique est mise en évidence lorsque le score total est supérieur à 10.

Dans un deuxième temps, il est conseillé de rechercher une cause évidente à la somnolence diurne comme un manque de sommeil ou les effets secondaires d’un traitement médicamenteux.

Il est conseillé de consulter un médecin traitant lorsque qu’aucune cause évidente ne permet d’expliquer le besoin de sommeil. La consultation médicale interroge le patient sur la qualité et la durée de son sommeil, et sur sa somnolence diurne.

Le médecin peut demander au patient de tenir un agenda de vigilance et de sommeil pendant plusieurs semaines qui précise plusieurs paramètres comme les heures de coucher et de lever, le nombre de réveils dans la nuit et les ressentis de chaque nuit et journée.

En complément, divers tests sont réalisés pour estimer avec précision l’impact de la somnolence sur la vie quotidienne.

Un avis médical spécialisé (réalisé dans des unités du sommeil) peut aussi être demandé afin de réaliser un bilan complet sur le sommeil. Celui-ci comprend les examens suivants :

  • Polysomnographie qui est un enregistrement du sommeil réalisé sur une nuit et une journée. Cet enregistrement permet d’obtenir divers paramètres concernant l’activité cérébrale, musculaire et les mouvements oculaires ;
  • Tests itératifs de latence d’endormissement (TILE). Cet examen consiste à allonger le patient dans une pièce sombre et calme pour une série de siestes. L’objectif est d’analyser la rapidité d’endormissement du patient ;
  • Tests de maintien de l’éveil (TME) réalisés en position semi-allongée dans une pièce calme et peu éclairée. Le patient doit pouvoir résister une vingtaine de minutes sans s’endormir. Cet examen permet notamment de vérifier l’efficacité du traitement de la somnolence.

Quel traitement ?

La prise en charge d’une somnolence diurne dépend de son origine.

Lorsque la somnolence est causée par un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité, la première mesure mise en place est de conseiller au patient d’allonger son temps de sommeil ou de faire une sieste courte (entre 5 et 20 minutes) dans l’après-midi. Les insomnies doivent être prise en charge lorsqu’elles sont répétées.

Si un médicament est à l’origine d’une somnolence diurne pathologique, ce dernier doit être arrêté et remplacé par une autre molécule ayant moins d’effets secondaires.

Dans les cas où c’est une pathologie (apnée du sommeil, hypothyroïdie, etc.) qui est à l’origine d’une somnolence diurne, celle-ci doit être prise en charge.

La narcolepsie et l’hypersomnie idiopathique sont traitées par des traitements stimulant la vigilance comme le modafinil ou le méthylphénidate. A noter que la prescription de ce type de traitement est très réglementé et implique un suivi médical régulier.

Publié le 28 juin 2017 par NOM DE LA REDACTRICE. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 26 juillet 2021. 

Sources
– Somnolence diurne. ameli.fr.