Le Syndrome des Jambes Sans Repos (SJSR), traduction littérale du « Restless Legs Syndrome », est appelé aussi Syndrome d’Impatiences des Membres.

Le Syndrome des Jambes Sans Repos se caractérise principalement par un besoin irrésistible de bouger les membres inférieurs, souvent associée à des sensations très diverses de fourmillements, de picotements, de démangeaisons, de brûlures, de courant électrique, que l’on nomme dysesthésies. Ces sensations désagréables, parfois à la limite du supportable, sont rarement perçues comme des douleurs.

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Syndrome des Jambes Sans Repos : jambes agitées

Caractéristiques du Syndrome des Jambes Sans Repos

Le Syndrome des Jambes Sans Repos entraîne une gêne maximale au repos, le plus souvent dans la position assise ou couchée, mais, caractéristique fondamentale, elle est soulagée lors du mouvement. La marche est le plus efficace, mais des mouvements sur place (étirement, massage) peuvent aussi soulager.

Enfin, dernière caractéristique, elle se manifeste principalement le soir et la nuit, même si, ultérieurement au cours de l’évolution de la maladie, les symptômes peuvent apparaître à toute heure.

Ces 4 caractéristiques : compulsion à bouger les jambes, survenue au repos, soulagement par le mouvement, renforcement vespéral et nocturne doivent toutes être présentes pour pouvoir parler de Syndrome des Jambes Sans Repos.

Parfois, des mouvements involontaires des jambes se produisent la nuit, au cours du sommeil, dont les patients ne sont en général pas conscients, mais qui peuvent être perçus par le conjoint.

Le SJSR est aussi considéré comme un trouble du sommeil puisqu’il est souvent accompagné d’insomnie, et parfois de somnolence.

Causes du Syndrome des Jambes Sans Repos

L’origine du SJSR reste encore inconnue. Nous savons simplement à l’heure actuelle qu’il est la conséquence d’un trouble du métabolisme de la dopamine. Les neurones (les cellules du système nerveux) transmettent des signaux de l’un vers l’autre au moyen de messagers chimiques, les neurotransmetteurs, qu’ils fabriquent et libèrent au voisinage de récepteurs spécifiques portés par les neurones voisins. La dopamine est un de ces neurotransmetteurs, et certains arguments donnent à penser que sa fabrication ou sa libération est altérée dans le SJSR.

La dopamine est également le neurotransmetteur altéré dans la maladie de Parkinson, mais toutes les études ont montré que l’existence d’un SJSR n’augmente pas la probabilité de survenue d’une maladie de Parkinson. On peut donc penser que les neurones impliqués dans le SJSR ne sont pas les mêmes que ceux impliqués dans la maladie de Parkinson, même si dans les deux maladies la dopamine est en cause.

Formes secondaires

Dans certains cas, le SJSR apparaît comme la conséquence directe d’une cause identifiable, et parfois la suppression de cette cause fait disparaître le SJSR. Ces causes peuvent être des maladies, des toxiques ou des médicaments, ou encore des carences en certaines substances.

Forme primaire

Cependant, dans la très grande majorité des cas, il n’y a pas de cause précise identifiable. On parle alors de formes primaires (c’est-à-dire non en rapport avec un élément particulier).
C’est dans ces cas que l’on retrouve une notion familiale de SJSR chez les ascendants ou dans la fratrie (dans 60 à 90% des cas).
Cette constatation suggère que la maladie a un origine génétique. Le gène en cause n’est cependant pas identifié avec certitude à ce jour.

SJSR et maladies

Le SJSR peut être associé à certaines maladies comme l’insuffisance rénale chronique, la polyarthrite rhumatoïde, le diabète, des neuropathies. Dans le cas de l’insuffisance rénale, c’est en général à un stade avancé de la maladie, lorsque des dialyses sont mises en œuvre que le SJSR apparaît. Il disparaît lorsqu’une greffe rénale peut être pratiquée.

SJSR et médicaments

Certains médicaments sont connus pour induire un SJSR. C’est le cas par exemple de nombreux antidépresseurs, de la plupart des neuroleptiques, des broncho-dilatateurs contenant de la théophylline,…

SJSR et alimentation

Il est possible que l’alimentation joue un rôle dans le développement d’un SJSR. Ainsi, certains aliments contenant des xanthines, tels que le café, le chocolat, le thé, sont à l’origine d’un SJSR qui disparaît avec l’arrêt de leur consommation.

SJSR et carences

Une anémie par manque de fer a été mise en cause dès les toutes premières descriptions du SJSR au milieu du siècle dernier. On sait aujourd’hui que la carence en fer peut être modeste, ne pas s’accompagner d’anémie, et pourtant son traitement fera disparaître le SJSR. Elle doit donc être recherchée systématiquement par un dosage de la ferritine dans le sang. D’autres carences, notamment en acide folique ou en vitamine B12 ont été incriminées, mais leur rôle est moins bien établi.

SJSR et grossesse

La grossesse (surtout au cours des derniers mois) semble favoriser la survenue d’un SJSR, peut-être du fait de la carence en fer qui lui est souvent associée. Dans la majorité des cas, le SJSR disparaît après la fin de la grossesse, mais parfois la grossesse est révélatrice d’un SJSR qui va se répéter au cours des grossesses ultérieures, avant de se pérenniser quelques années plus tard.