Plantes adaptogènes : comment agissent-elles vraiment ?
Les plantes adaptogènes suscitent un intérêt grandissant, notamment pour leur capacité supposée à aider l’organisme à mieux faire face au stress. Loin des promesses miracles, elles reposent sur un principe précis : soutenir la capacité naturelle du corps à retrouver son équilibre. Mais comment fonctionnent-elles réellement ? Et que peut-on en attendre ? Nous avons interrogé Sabatini LAURENT, naturopathe experte en micronutrition et membre de Medoucine, pour éclairer ce phénomène, encore méconnu du grand public.

Une plante adaptogène n’agit ni comme un stimulant qui “pousse” le corps, ni comme un relaxant qui le freine. Elle cherche plutôt à l’aider à retrouver son point d’équilibre, appelé homéostasie. « Contrairement à une plante relaxante ou tonique, un adaptogène ne pousse pas le corps dans une seule direction : il régule », explique Sabatini LAURENT.
Leur action concerne en particulier l’axe HPA, un système biologique clé impliqué dans la réponse au stress. Lorsque cet axe s’épuise, ce qui peut arriver lors de périodes prolongées de surcharge mentale ou émotionnelle, divers symptômes apparaissent : fatigue importante, troubles du sommeil, irritabilité, baisse d’immunité ou envies accrues de sucre. Selon les connaissances disponibles, certaines plantes adaptogènes peuvent contribuer à réduire un excès de cortisol — l’hormone du stress — tout en soutenant la production d’énergie, la concentration ou la capacité de récupération. Elles participent également à un meilleur équilibre du sommeil et peuvent, indirectement, accompagner la régulation hormonale, très sensible au stress.
Des plantes aux effets ciblés
Toutes les plantes adaptogènes ne se ressemblent pas : chacune possède un profil spécifique et répond à des besoins différents.
L’ashwagandha est considérée comme l’une des plus apaisantes. Souvent utilisée pour atténuer l’anxiété ou les tensions nerveuses, elle est également intéressante lors de la préménopause, période marquée par une plus grande sensibilité au stress. « Elle aide clairement à réduire le cortisol et à favoriser un sommeil plus profond », précise la naturopathe. Ses effets se manifestent généralement en deux à trois semaines.
La rhodiola représente plutôt la plante de la clarté mentale. Elle est souvent recommandée lorsque la motivation diminue ou que la charge professionnelle augmente. « Elle booste l’énergie cérébrale, la motivation et l’endurance mentale », résume Sabatini LAURENT. Ses effets sont parmi les plus rapides : ils peuvent apparaître en quelques jours seulement.
Plus tonique, le ginseng est utilisé pour retrouver de la vitalité et soutenir la résistance physique, en particulier lors d’une fatigue persistante ou d’une convalescence. Ses bénéfices surviennent généralement au bout d’une dizaine de jours. Enfin, l’éleuthérocoque et le schisandra sont des plantes dites “équilibrantes”, car elles soutiennent l’énergie sans excès tout en renforçant l’immunité. Elles conviennent bien au stress du quotidien et aux personnes cherchant un soutien général.
Ces plantes peuvent ainsi accompagner des situations variées : stress chronique, surcharge mentale, fatigue durable, réveils nocturnes, baisse de motivation, périodes de transition hormonale ou reprise du sport. Elles sont également utilisées après un épisode de maladie, pour faciliter le retour à une énergie stable.
Comment les utiliser efficacement ?
Toutes les formes ne sont pas équivalentes. Les gélules à base d’extraits standardisés sont souvent considérées comme les plus fiables, car elles garantissent un dosage constant des principes actifs. Les poudres, notamment d’ashwagandha, sont efficaces à condition d’être prises chaque jour, tandis que les extraits liquides permettent d’adapter plus finement la dose. Les tisanes, en revanche, sont peu pertinentes pour les adaptogènes : « leurs principes actifs se dissolvent mal dans l’eau », explique Sabatini LAURENT.
L’efficacité repose aussi sur la durée. Une cure s’étend généralement sur six à douze semaines, suivie d’une pause d’une à deux semaines avant de recommencer si besoin. Le délai d’apparition des effets varie selon la plante : quelques jours pour la rhodiola, deux à trois semaines pour l’ashwagandha, une dizaine de jours pour le ginseng. Une prise régulière est indispensable pour obtenir un résultat durable.
Des précautions indispensables
Même naturelles, les plantes adaptogènes ne sont pas adaptées à toutes les situations. Certaines exigent de la prudence : la grossesse, l’allaitement, les troubles thyroïdiens, l’hypertension ou la prise de médicaments comme les antidépresseurs, les anxiolytiques ou les anticoagulants. Certaines plantes peuvent en effet interagir avec ces traitements ou renforcer leurs effets. Dans le cadre de maladies auto-immunes, une vigilance supplémentaire est également recommandée. « Ce n’est pas parce que c’est une plante que c’est anodin », rappelle la naturopathe, qui invite à demander l’avis d’un professionnel de santé en cas de traitement chronique.
Pour un premier essai, elle encourage une approche progressive : identifier d’abord son objectif — fatigue, anxiété, surcharge mentale — puis choisir une seule plante. « Commencer par une dose faible, l’augmenter progressivement et éviter les prises le soir, sauf pour l’ashwagandha, permet d’évaluer sereinement les effets », explique-t-elle. Une observation de trois à quatre semaines suffit généralement à déterminer si la plante est adaptée.
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