Covid-19 : que savons-nous sur le risque de réinfection ?

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Rédigé par Estelle B., mis à jour le 16 mai 2022 et publié le

La levée de l’obligation du port du masque dans les transports est valable dès aujourd’hui. Certains s’inquiètent déjà d’une possible réinfection par la Covid-19. Depuis plus de deux ans, les scientifiques essaient de mieux comprendre les mécanismes derrière les réinfections par le SARS-CoV-2. Que sait-on actuellement ? Décryptage par Santé sur le Net.

homme avec une réinfection Covid

Quel est le risque d’une réinfection par la Covid-19 ?

Avec l’allègement des mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19, se pose la question des cas de réinfections. Depuis plus de deux ans, les scientifiques tentent d’apporter des réponses claires à cette question. Mais, malgré des avancées majeures en immunologie, il est encore difficile de déterminer précisément le degré de protection des personnes contre une infection par le SARS-CoV-2. Dans cette recherche, le dosage des anticorps présents dans le sang n’est pas suffisamment fiable pour prédire la protection contre une réinfection. Il manque des données pour définir si ce dosage peut informer sur la durée et l’intensité de la protection contre une réinfection par la Covid-19.

Ainsi, des chercheurs américains ont réalisé une méta-analyse pour déterminer la valeur du dosage d’anticorps et son lien avec la protection contre une réinfection. Également, ils ont évalué les facteurs qui sous-tendent cette protection.

Pour cela, les scientifiques ont inclus 16 études dans leur méta-analyse. Celles-ci comparent le risque d’une infection par le SARS-CoV-2 entre un groupe de personnes ayant déjà été infecté et un groupe n’ayant jamais été infecté. Ces travaux ont été terminés avant l’apparition des variants Delta et Omicron. Par ailleurs, ils ont eu lieu avant le déploiement de la vaccination.

Le taux de réinfection est très faible

Le premier résultat révélé par cette méta-analyse est un taux de réinfection très faible. En effet, sur l’ensemble des études, il était compris entre 0,0% et 2,2%. De plus, l’étude démontre qu’une infection antérieure réduit considérablement le risque de réinfection symptomatique. Cette diminution est à hauteur de 87% par rapport aux personnes n’ayant jamais été infectées.

Dans les études sélectionnées, 12 incluent l’étude du pourcentage de réinfections asymptomatiques. Elles montrent que la protection d’une infection antérieure est plus faible contre les réinfections asymptomatiques, par rapport à la protection contre les réinfections symptomatiques. Enfin, sur l’ensemble des travaux, la survenue d’une réinfection sévère était très rare.

L’effet protecteur contre une réinfection par la Covid-19 dure au moins 7 mois

Au total, 8 études se sont penchées sur l’évolution du risque de réinfection par la Covid-19 au cours du temps. Elles révèlent qu’il n’y a pas de baisse de la protection à 6 mois et 13 mois de suivi post-infection. De plus, le risque n’est pas différent entre les femmes et les hommes. En revanche, les résultats sont plus variables sur les effets de l’âge. Certaines études montrent que les risques sont similaires chez les sujets jeunes et âgés, et d’autres le contraire. Également, le lien entre la sévérité de la première infection et sa protection contre une future infection n’est pas clair.

Par ailleurs, les études ont été réalisées lorsque le variant Alpha était le seul à circuler. Ainsi, elles ne permettent pas de déterminer si l’immunité acquise par une infection par Alpha s’applique aux variants Delta ou Omicron. Actuellement, des résultats préliminaires montrent une protection plus faible contre les formes légères de réinfections par Omicron, suite à une infection par la souche Alpha. Néanmoins, elle serait inchangée contre les formes graves.

Par conséquent, cette méta-analyse démontre que l’immunité acquise par une première infection diminue nettement le risque d’une réinfection par la Covid-19. Ce résultat est vrai pour la souche Alpha. L’effet protecteur s’élève à 87% et dure au moins 7 mois après l’infection initiale. Cependant, cette protection tend à s’atténuer au cours du temps.

Des études complémentaires sont nécessaires

Si cette étude montre un effet protecteur majeur d’une infection par la souche Alpha contre une réinfection par la même souche, elle présente des lacunes. En effet, cet effet protecteur pourrait être réduit face aux nouveaux variants. D’autre part, la méta-analyse montre qu’une protection existe contre les formes asymptomatiques. Mais, elle reste difficile à déterminer du fait de la difficulté à les identifier.

Le dosage des anticorps est proposé comme un marqueur intéressant de la protection anti-infection. Des travaux complémentaires définiront son utilité en pratique clinique.

Enfin, parmi les limites de cette étude, figure le manque de comparaison avec les données issues de la vaccination. En effet, c’est une des questions brulantes du moment : la vaccination protège-t-elle plus qu’une infection antérieure ? La présente méta-analyse ne permet pas d’y répondre. Mais, des analyses similaires pourront apporter des pistes de réflexion. En tout cas, cette étude démontre avec certitude qu’une première infection par la souche Alpha offre une protection réelle contre une réinfection pendant au moins 7 mois.

Rédigé par Estelle B. et publié le 3 novembre 2020. Mis à jour par Alexia F., Docteure en Neurosciences, le 16 mai 2022.

Sources
– Risk for Reinfection After SARS-CoV-2: A Living, Rapid Review for American College of Physicians Practice Points on the Role of the Antibody Response in Conferring Immunity Following SARS-CoV-2 Infection. acpjournals.org. Consulté le 16 mai 2022.
– Ce qu’on aimerait savoir sur le risque de réinfection après une Covid-19. jim.fr. Consulté le 16 mai 2022.

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