Covid-19 : être réinfecté, possible ou impossible ?

Nov 3, 2020 par

La seconde vague de l’épidémie de la Covid-19 déferle sur le continent européen. Pour les personnes déjà infectées par le SARS-CoV-2 au printemps, se pose la question de l’éventualité d’une seconde infection. Récemment, les chercheurs de l’INSERM se sont appuyés sur les données scientifiques publiées jusqu’ici pour répondre à cette question.

Une femme masquée toussant dans son coude

Covid-19, est-on durablement immunisé après une première infection ?

Avec le retour en force de l’épidémie de la Covid-19, la difficile question d’une possible recontamination des patients déjà infectés se pose. Plusieurs études ont abordé cette question au cours des derniers mois, en se penchant sur la réponse immunitaire déclenchée par le nouveau coronavirus, SARS-CoV-2.

Dès le printemps 2020, des chercheurs mènent une première étude chez des macaques. Après une réinfection des singes guéris de la Covid-19, ils n’observent aucune multiplication virale dans les sécrétions nasopharyngées et aucun symptôme de la maladie. Les chercheurs concluent alors qu’un premier épisode de la Covid-19 produit une immunité suffisante pour être protégé d’une seconde infection. Mais cette étude optimiste a rapidement été démentie par de nouvelles recherches.

Le risque de nouvelle contamination existe

Une seconde étude rapporte dès le printemps 2020 le cas d’un patient de 82 ans, hospitalisé pour une Covid-19. Une dizaine de jours après son retour à domicile, de nouveaux symptômes évocateurs apparaissent et le patient doit être réhospitalisé. Les analyses menées sur ce patient restent équivoques. Les chercheurs ne parviennent pas à déterminer si le virus est resté présent dans l’organisme du patient entre les deux séjours hospitaliers ou s’il a été réellement infecté une seconde fois par le virus.

En revanche, une nouvelle étude apporte la démonstration d’un risque possible de recontamination par ce coronavirus. Les chercheurs ont apporté la preuve qu’un patient a été infecté deux fois par deux souches virales différentes à 142 jours d’intervalle. Si lors du premier épisode de la Covid-19, le patient avait développé des symptômes, la seconde infection n’était associée à aucun signe clinique évocateur.

Quelle réponse immunitaire après la Covid-19 ?

Ainsi, l’immunité engendrée lors d’une première infection ne permettrait pas de protéger efficacement et durablement contre le virus, en particulier contre des souches virales différentes. A ce jour, peu de cas de réinfections par le SARS-CoV-2 ont été décrits dans la littérature scientifique. Il semble donc que le risque de seconde infection reste rare.

Par ailleurs, le plus souvent, les cas de réinfections sont associés à une absence de symptômes ou à de faibles symptômes chez les patients concernés. Seule une étude a décrit le cas d’un patient ayant présenté en juin 2020 une seconde forme de la Covid-19 plus sévère que la première infection ayant eu lieu en avril 2020. Face à de telles données, le risque de nouvelle contamination semble réel mais faible, avec le plus souvent une forme plus modérée de la maladie que lors de la première contamination. Les chercheurs doivent désormais déterminer pourquoi certains patients n’acquièrent pas une immunité suffisante pour être protégé durablement contre la Covid-19. Cette question est déterminante pour l’interprétation des tests sérologiques et pour l’élaboration des futures stratégies vaccinales contre le SARS-CoV-2.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources

– Être réinfecté par le SARS-CoV-2, vraiment ? INSERM. Consulté le 27 octobre 2020.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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