Terreurs nocturnes

30 août 2021 par

Terreurs nocturnes d'une petite fille

Les terreurs nocturnes sont fréquentes chez les enfants de moins de 12 ans. Elles se manifestent en début de nuit, quelques heures après le coucher. L’enfant est agité. Il crie, pleure et semble avoir peur. En réalité, il dort, et le sommeil redevient calme une fois la crise passée. Il ne faut donc pas réveiller un enfant qui fait une terreur nocturne. Ce trouble est bénin et transitoire. Le lendemain matin, le patient n’en a, par ailleurs, aucun souvenir. Il n’y a aucun traitement spécifique pour ce trouble qui se résout généralement de manière spontanée. Il faut juste veiller à ce que l’enfant ne se mette pas en danger lors d’une crise, et lui parler doucement pour l’aider à se calmer. Des approches médicamenteuses ou psychothérapiques sont parfois nécessaires dans les cas sévères.

Définition et symptômes des terreurs nocturnes

Qu’est-ce qu’une terreur nocturne ?

Une terreur nocturne est un trouble du sommeil chez le jeune enfant qui se traduit par des cris et/ou des pleurs associés à des angoisses.

Ce type de trouble est parfois confondu avec un cauchemar. Or, ils ne surviennent pas durant la même phase du sommeil. Le cauchemar apparaît pendant le sommeil paradoxal, tandis que la terreur nocturne, durant le sommeil profond.

Une nuit de sommeil classique est composée d’un enchaînement de plusieurs cycles. Chacun d’eux dure entre 1h30 et 2 heures.
À noter ! Chez un même individu, la durée des cycles de sommeil n’est pas toujours la même.

Ainsi, en proportion variable, chaque cycle est constitué :

  • Du sommeil lent, très léger ;
  • Du sommeil lent, léger ;
  • Du sommeil lent profond. Ce sommeil est lourd, l’individu est difficile à réveiller. Il permet la récupération de la fatigue physique et la mémorisation des connaissances. Il a lieu durant la première moitié de la nuit ;
  • Du sommeil paradoxal qui est celui où les rêves et cauchemars surviennent. Il permet la régulation des émotions, du stress et de l’humeur, et il favorise l’apprentissage.

Durant la nuit, la composition des cycles évolue. En effet, le début de la nuit est plus riche en sommeil lent profond, tandis qu’au fur et à mesure de la nuit, c’est le sommeil paradoxal qui est majoritaire.

Les terreurs nocturnes se manifestent essentiellement entre l’âge de 4 et 12 ans. A ces âges, l’enfant s’endort rapidement le soir dans un sommeil très profond. Le somnambulisme survient également dans cette tranche d’âge. Ces troubles du sommeil sont fréquents, et bénins.  Les terreurs nocturnes concernent environ 3% des enfants, et moins de 1% des adultes. Les garçons semblent plus touchés que les filles.

Les terreurs nocturnes sont classées parmi les parasomnies, autrement dit les comportements anormaux durant le sommeil. Elles sont liées à une activité anormale du système nerveux central. Bien que le mécanisme précis soit mal connu, une immaturité des systèmes d’éveil est mise en cause. Certains facteurs semblent aggraver le trouble : infection, certains médicaments ou un stress psychologique.

Le manque de sommeil est souvent à l’origine des terreurs nocturnes. Les crises surviennent par exemple, plus volontiers en septembre lorsque l’enfant reprend le rythme scolaire ou quand les siestes sont plus rares.

Quels symptômes ?

Les manifestations d’une terreur nocturne sont caractéristiques.

Terreurs nocturnes petit garçon

Les symptômes sont physiques et physiologiques :

  • L’enfant se redresse brusquement dans son lit dans les 2 à 3 heures qui suivent le coucher ;
  • Les yeux sont grands ouverts et vitreux;
  • Le patient est agité, il hurle, cri ou pleure;
  • Il ne reconnait personne et n’arrive pas à expliquer sa peur ;
  • Le cœur du patient bat vite, il transpire ;
  • Le patient est très angoissé durant l’épisode ;
  • Aucun souvenir de la crise le lendemain.

Lorsqu’un somnambulisme est associé à la terreur nocturne, on parle de « somnanbulisme terreur ». La crise de panique est alors associée à un réflexe de fuite ou de lutte dans le cas où le patient serait retenu par un proche. Ce type de terreur nocturne est à risque d’accidents.

Diagnostic et traitement des terreurs nocturnes

Quel diagnostic ?

Lorsqu’un trouble du sommeil persiste plus d’une semaine, il est conseillé d’en parler à un médecin.

Le diagnostic débute par un interrogatoire afin de déterminer les circonstances de survenue des crises de terreur nocturne et d’analyser le comportement des parents face à la crise.

petite fille avec un médecin

Un examen clinique est également nécessaire afin de s’assurer de l’absence de pathologie sous-jacente comme un reflux gastro-œsophagien, un trouble respiratoire ou une intolérance alimentaire.

La consultation médicale est l’occasion de donner certains conseils aux parents pour adapter leur comportement lors des crises.

Parfois, le médecin recommande la tenue d’un agenda du sommeil. Celui-ci consiste à noter sur une quinzaine de jours l’heure du coucher de l’enfant, le temps d’endormissement, les éveils nocturnes et l’heure du lever.

Quel traitement ?

Il n’existe pas de traitement spécifique pour les terreurs nocturnes. Ce trouble étant passager, il se résout de lui-même.  Ce trouble persiste rarement à l’adolescence.

De manière générale, et comme pour l’ensemble des troubles du sommeil, il est recommandé d’adopter un rythme de vie et de sommeil régulier. Autrement dit, se coucher et se lever à heures constantes, même le week-end. De même qu’un environnement rassurant avec des objets familiers est indispensable pour que l’enfant puisse s’endormir paisiblement. Par ailleurs, mieux vaut éviter les activités sportives intenses le soir, ainsi que celles qui sollicitent beaucoup l’imagination et les repas trop copieux. Les écrans (ordinateur, TV, smartphone) ne sont pas non plus conseillés le soir.

Un traitement médicamenteux à base d’antihistaminiques, de benzodiazépines ou d’antidépresseurs peut être prescrit par le médecin pour les cas les plus sévères, lorsque les crises sont intenses et/ou fréquentes, ou en cas d’échec des mesures comportementales seules. Il existe des présentations adaptées aux enfants : sirop, gouttes, etc.

En cas de terreurs nocturnes, les seules mesures à prendre consistent à garantir la sécurité du petit patient. Il ne faut surtout pas réveiller l’enfant lors d’une terreur nocturne, car ça risque de le perturber et il mettra alors plus de temps à se rendormir. Il est, en effet, préférable de le laisser se rendormir en restant à ses côtés pour garantir sa sécurité. Une crise dure moins de 20 minutes. Lui parler doucement pour l’apaiser est utile, mais il ne faut pas essayer de toucher l’enfant s’il ne se laisse pas faire. Il est également inutile de lui en reparler le lendemain matin puisqu’il n’en aura aucun souvenir.

À noter ! Certaines spécialités de phytothérapie (Valériane, Passiflore, Aubépine, Mélisse, etc.) ou d’homéopathie (sirop Quiétude ®, Sédatif PC® par exemple) peuvent aider à apaiser l’enfant. Elles sont disponibles sans ordonnance.

Une approche psychothérapique est intéressante lorsque l’on soupçonne que l’origine des terreurs est psychologique, par exemple un conflit familial. On parle de thérapie comportementale. Elle est associée aux conseils comportementaux et peuvent être prescrites pour plusieurs mois si nécessaire. C’est la méthode thérapeutique de choix pour les terreurs nocturnes, et plus largement l’ensemble des troubles du sommeil.

Charline D., Docteur en pharmacie

Sources
– Terreur nocturne. larousse.fr.
– Troubles du sommeil de l’enfant. vidal.fr.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
Aime le sport et la mode.
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