La rubéole est une maladie d’origine virale, le plus souvent bénigne, hormis chez la femme enceinte non immunisée. L’infection peut passer inaperçue ou se traduire par une éruption cutanée diffuse. Le virus est capable de traverser le placenta et d’atteindre le fœtus, provoquant chaque année des rubéoles congénitales et des interruptions médicales de grossesse. La vaccination est la meilleure protection contre cette maladie. Le vaccin est désormais obligatoire, chez tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018.

rubéole bébé avec des rougeurs

La rubéole : une infection virale contagieuse

La rubéole est une maladie infectieuse aigüe d’origine virale, due à un virus de la famille des Togavirus. Très fréquente avant la vaccination, cette infection contagieuse touchait majoritairement les enfants. Cette maladie est présente dans tous les pays du monde. Grâce à la vaccination, le nombre de cas a régressé, mais le taux de vaccination dans la population reste insuffisant pour faire disparaître totalement cette infection.

Le virus de la rubéole se transmet essentiellement par voie aérienne, en cas de contacts avec une personne porteuse du virus, qu’elle présente ou non des symptômes caractéristiques de l’infection. Une personne infectée est contagieuse de la semaine qui précède le début de l’éruption cutanée (quand elle existe) jusqu’à plusieurs jours après le début de l’éruption cutanée. La contamination a lieu par les gouttelettes de salive provenant des voies aériennes supérieures dans les situations suivantes :

  • En cas de toux, d’éternuements, de mouchage ou de contact par des mains souillées par la salive ;
  • Lors de contacts étroits avec des personnes infectées ;
  • Par les objets contaminés.

Ce virus peut également contaminer un fœtus au cours de la grossesse, car il est capable de traverser le placenta.

Les symptômes de la rubéole

La période d’incubation de la rubéole dure de 14 à 21 jours. Le virus inhalé se multiplie alors dans les voies respiratoires et dans les ganglions du cou, avant de se répandre dans l’organisme, grâce à la circulation sanguine.

Dans près de la moitié des cas, la rubéole passe inaperçue, et ne provoque aucun signe clinique particulier. Lorsque l’infection est symptomatique, elle se manifeste classiquement par les symptômes suivants :

  • Des signes avant-coureurs de la maladie :
    • Une fièvre modérée, aux alentours de 38 °C ;
    • Une sensation de malaise général ;
    • Des maux de tête ;
    • Une conjonctivite ;
    • Des maux de gorge ;
    • Des adénopathies (gonflements des ganglions lymphatiques) dans la région du cou ;
  • Entre 1 et 7 jours plus tard, une éruption cutanée, qui dure quelques jours :
    • Tout d’abord des petites tâches roses sur le front et le visage, plus claires que celles de la rougeole ;
    • Une propagation au reste du corps, en formant notamment des plaques roses sur le tronc et les bras.

Lorsqu’une femme enceinte non immunisée contracte la rubéole, le virus peut atteindre le fœtus et provoquer des malformations graves de l’enfant (rubéole congénitale).

La prise en charge de la rubéole

Le diagnostic de la rubéole est possible, lorsque la maladie entraîne des symptômes spécifiques. Il repose alors sur les caractéristiques de l’éruption cutanée (différentes de celle de la rougeole par exemple) et sur la présence des adénopathies cervicales.

En dehors de la grossesse, la rubéole est une pathologie bénigne, dont les complications sont rares. Une arthrite (inflammation des articulations) des mains et des pieds peut survenir chez les femmes adultes, entraînant des douleurs articulaires pendant quelques jours.

Aucun traitement spécifique contre cette infection n’existe actuellement. La guérison est spontanée et rapide, avec une disparition de l’éruption cutanée en quelques jours et une persistance des adénopathies pendant quelques jours à quelques semaines. Les seuls traitements prescrits sont destinés à soulager :

  • La fièvre par des médicaments antipyrétiques (paracétamol) ;
  • D’éventuelles douleurs articulaires par des médicaments antalgiques (paracétamol ou anti-inflammatoires non stéroïdiens).

À savoir ! La rubéole est une infection d’origine virale. Les antibiotiques n’ont donc aucun effet thérapeutique sur cette maladie et sont donc totalement inutiles dans ce contexte.

Chez la femme enceinte non immunisée, une prise en charge particulière est mise en place dès le diagnostic, en raison de la gravité de la rubéole congénitale.

Des mesures d’hygiène sont recommandées à toute personne contaminée par le virus, pour éviter la propagation de l’infection :

  • Le lavage des mains et du nez ;
  • L’utilisation de mouchoirs en papier à usage unique, en cas de toux ou d’éternuement ;
  • La limitation des contacts ;
  • Le retrait de la collectivité pour les enfants.

Il est capital d’éviter tout contact avec une femme enceinte non immunisée contre la rubéole.

Rubéole et grossesse

La rubéole est une affection le plus souvent bénigne, excepté chez la femme enceinte. En effet, le virus de la rubéole peut traverser le placenta et contaminer le fœtus, provoquant une rubéole congénitale, potentiellement grave.

La rubéole congénitale peut être responsable de graves malformations chez le fœtus, notamment :

  • Des lésions cérébrales avec des troubles du développement du cerveau ;
  • Un retard mental ;
  • Un retard de croissance intra-utérin ;
  • Des atteintes oculaires ;
  • Des atteintes auditives allant jusqu’à la surdité ;
  • Une paralysie des membres ;
  • Des malformations cardiaques.

La contamination du fœtus peut avoir lieu, même si la femme enceinte ne développe aucun signe clinique particulier. Le risque est maximal au cours des premiers mois de la grossesse. Au cours du premier trimestre de grossesse, le risque de malformations congénitales est d’environ 90 %, et le risque reste majeur jusqu’au 6ème mois de grossesse.

La seule protection contre la rubéole congénitale est la vaccination des femmes avant la grossesse, soit dès l’enfance, soit avant tout projet de conception. Il est tout à fait possible de vacciner une femme adulte. Cependant, une grossesse doit être évitée dans les deux mois qui suivent la vaccination.

Le statut sérologique de la femme enceinte est déterminé lors de la première consultation de suivi de grossesse par une simple analyse de sang. Si la femme n’est pas immunisée contre la rubéole, une surveillance médicale particulière est mise en place tout au long de la grossesse, en particulier avec la réalisation de sérologies régulières (mise en évidence d’une éventuelle contamination virale). Si la femme enceinte contracte la rubéole au cours de la grossesse, elle est adressée à un centre spécialisé pour des bilans complémentaires et un suivi médical spécifique. Si les malformations du fœtus sont très graves, une interruption médicale de grossesse peut être envisagée.

Le vaccin contre la rubéole

La meilleure protection contre la rubéole reste la vaccination. Le vaccin contre la rubéole est disponible sous deux formes :

  • Un vaccin monovalent contre la rubéole ;
  • Un vaccin combiné avec les vaccins contre la rougeole et les oreillons (vaccin ROR).

À savoir ! Plusieurs études scientifiques ont montré que le risque d’autisme n’est pas supérieur chez les enfants déjà vaccinés avec le vaccin ROR par rapport à ceux non vaccinés. Actuellement, aucun élément fiable ne permet de relier la vaccination par le vaccin ROR et le risque de survenue d’un autisme.

La vaccination par le vaccin ROR est désormais obligatoire chez tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Elle se déroule selon le schéma vaccinal suivant :

  • Une première dose vaccinale vers l’âge de 12 mois ;
  • Une seconde dose entre 16 et 18 mois.

Les personnes non immunisées, nées à partir de 1980, peuvent également être vaccinées, avec une à deux doses de vaccins, séparées d’un délai minimal d’un mois. La vaccination n’est pas nécessaire, si une analyse de sang (sérologie) met en évidence la présence d’anticorps contre la rubéole (témoins d’une infection passée).

La vaccination contre la rubéole est également recommandée pour les catégories de personnes suivantes :

  • Les femmes enceintes non immunisées, juste après leur accouchement ;
  • Les personnes exerçant des professions de santé ;
  • Les personnes travaillant au contact des enfants.

Le vaccin contre la rubéole offre une protection de 95 % contre l’infection dès la première dose vaccinale. La protection atteint pratiquement 100 % après les deux doses. Les femmes vaccinées dès la petite enfance sont protégées pendant toute leur période de fécondité.

Le vaccin ROR est remboursé à 100 % par l’Assurance Maladie chez tous les enfants âgés de 1 à 18 ans, puis à 65 % chez les adultes, avec un complément de prise en charge possible par les organismes complémentaires.

À savoir ! Avant la vaccination contre la rubéole chez une femme en âge de procréer, il est impératif de vérifier l’absence de grossesse. Toute grossesse doit être évitée dans les deux mois qui suivent les injections vaccinales, et ce grâce à un moyen de contraception efficace.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– La rubéole. Vaccination Info Service. Mis à jour le 5 janvier 2018.
– Rubéole. AMELI Santé. 6 février 2018.