Syndrome d’Alcoolisation Fœtale (SAF)


Rédigé par Charline D. et publié le 9 mai 2018

Syndrome d’alcoolisation fœtale

Le syndrome d’alcoolisation fœtale, ou SAF, désigne un ensemble de malformations rares en lien avec une consommation maternelle excessive d’alcool durant la grossesse. Ce dernier se traduit par un retard de croissance, des déformations faciales légères et des anomalies cérébrales importantes. Chaque année, 8000 enfants sont concernés par ce fléau. Parmi eux, 800 sont atteints d’une forme grave et sévèrement handicapante du syndrome. Les déficiences causées par le syndrome d’alcoolisation fœtale sont incurables.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que le syndrome d’alcoolisme fœtal ?

Le syndrome d’alcoolisation (ou d’alcoolisme) fœtal est une anomalie congénitale directement liée à l’alcool consommé par la future maman lors de sa grossesse. En effet, lorsqu’il est ingéré par une femme enceinte, l’alcool a la capacité de traverser le placenta, et donc d’être absorbé par l’enfant à naître.

Les anomalies engendrées par ce syndrome sont physiques, mentales et comportementales. En effet, les petits patients ont souvent un visage caractéristique (raccourcissement des fentes palpébrales, sillon entre la lèvre supérieure et le nez mal dessiné, lèvre supérieure mince, etc.) associé à des troubles de la croissance (faible poids à la naissance, anomalie de taille et de poids en grandissant). Certains peuvent aussi avoir des lésions cérébrales durables entraînant diverses manifestations comme une taille anormalement petite, des troubles du comportement (difficultés d’apprentissage, faible contrôle des émotions, etc.) et des troubles neurologiques (perte auditive ou de la vision, altération motrice, etc.).

À savoir ! Les manifestations du syndrome d’alcoolisation fœtale sont très variables d’un enfant à un autre. Ainsi, certains seront gravement touchés tandis que d’autres le seront moins. L’impact de la consommation d’alcool sur l’enfant à naître est impossible à prévoir

A noter que l’on parle de syndrome d’alcoolisation fœtale partiel lorsqu’un enfant présente certains traits faciaux caractéristiques du SAF associé à un autre élément comme par exemple des troubles de la croissance ou des troubles cognitifs et que l’on sait qu’il y a eu une exposition à l’alcool avant la naissance.

Quels sont les symptômes ?

AlcoolLes symptômes du syndrome d’alcoolisation fœtale dépendent de la quantité d’alcool absorbé et du moment de son absorption. D’autres facteurs entrent également en jeu : l’âge de la mère, son régime alimentaire et ses antécédents de consommation d’alcool.
A la naissance, un enfant souffrant du syndrome d’alcoolisme fœtale est rapidement identifiable par diverses caractéristiques qui varient d’un individu à un autre :

  • Sa petite taille ;
  • Certains traits faciaux caractéristiques comme un rétrécissement des fentes palpébrales, un sillon naso-labial plat et allongé, un petit menton, une lèvre supérieurs fine, un petit périmètre crânien, les yeux bridés, le milieu du visage aplati, etc. ;
  • Des plis palmaires anormaux ;
  • Des malformations cardiaques et articulaires.

Après la naissance, des troubles cognitifs peuvent apparaître. Le plus grave d’entres eux est le handicap intellectuel sévère. On estime que le SAF est la cause la plus fréquente de handicap intellectuel.

On peut également constater des anomalies de croissance chez les petits patients avec un poids et une taille insuffisants pour l’âge et une tête plus petite. D’autres malformations faciales ou manifestations du syndrome peuvent exister :

  • Un strabisme ou myopie ;
  • Un nez court et retroussé ;
  • Une petite mâchoire ;
  • Des yeux espacés ;
  • Des paupières tombantes ;
  • Des oreilles larges ou mal formées ;
  • Des ongles de pieds ou de mains sous-développés ;
  • Un cou court ;
  • Une mauvaise coordination des yeux et des mains ;
  • Des troubles auditifs ;
  • Des anomalies osseuses.

Par ailleurs, les enfants atteints de SAF ont généralement des problèmes comportementaux. Ces derniers peuvent être variables :

Les patients peuvent aussi avoir du mal à accepter les changements, des problèmes d’organisation, une faible estime de soi, des problèmes d’hyperstimulation, une dépression ou un repli sur soi-même, des troubles sexuels. Les problèmes à l’école sont fréquents pour les patients qui ont souvent des troubles de l’apprentissage.

À savoir ! Tous les symptômes ne sont pas visibles dès la naissance. Certains apparaissent à mesure que l’enfant grandit

A noter qu’outre le SAF, la prise d’alcool pendant la grossesse expose à d’autres risques dont les fausses couches, les accouchements prématurés ou le décès du nourrisson peu après sa naissance (poids faible, déformations).

Diagnostic et traitement

Le syndrome d’alcoolisation fœtal Quel diagnostic ?

Le diagnostic de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF) est uniquement clinique. Ce dernier est établi devant la présence des signes caractéristiques du syndrome chez un nourrisson dont les abus alcooliques de la mère pendant sa grossesse sont connus.

A noter que les manifestations du syndrome chez l’enfant dépendent de la quantité d’alcool ingéré par la mère, il peut donc parfois être difficile de confirmer le diagnostic lorsque les signes sont légers à modérés. Par ailleurs, il est compliqué de distinguer les effets de l’alcool sur le développement fœtal des effets d’autres substances (comme le tabac) ou facteurs (comme une mauvaise alimentation ou des violences) pouvant concerner les femmes qui consomment de l’alcool.

Quel traitement ?

Le SAF est incurable : il n’existe aucun traitement capable de réparer les dégâts cérébraux provoqués par l’alcool.

En revanche, une prise en charge adaptée et précoce peut être mise en place selon la sévérité des manifestations. Il faut installer au petit patient un environnement stimulant et approprié à son handicap. Une bonne alimentation et une bonne croissance sont deux éléments primordiaux à surveiller. Le recours à un soutien d’apprentissage scolaire est souvent utile aux patients atteints du syndrome. Le repérage précoce des problèmes scolaires qu’un enfant peut rencontrer est fondamental. Il permet de rapidement mettre en place les mesures de rééducation nécessaires afin de limiter les conséquences neurocomportementales à l’âge adulte.

Dans les cas les plus sévères, il faut envisager un placement en institution spécialisé.

Prévention

Le meilleur des traitements reste la prévention. Dans la mesure où l’on ne sait pas précisément à quel moment de la grossesse l’alcool est dangereux ainsi que la quantité à ne pas dépasser, il est préférable de ne pas du tout consommer d’alcool durant la grossesse.

Que ce soit la Haute Autorité de Santé (HAS) ou la Société Française d’Alcoologie (SFA), le message est le même : aucune goutte d’alcool pendant la grossesse.

Le syndrome d’alcoolisation fœtale est la première cause de déficience intellectuelle évitable. La prévention et le dépistage d’une éventuelle consommation maternelle représentent donc une nécessité de santé publique.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Syndrome d’alcoolisme fœtal. Orphanet. Consulté le 2 Août 2019.
– Syndrome d’alcoolisme fœtal. Le manuel MSD. Consulté le 2 Aout 2019
– Syndrome d’alcoolisme fœtale : première cause de déficience intellectuelle évitable. La prévention Médicale. Consulté le 2 Août 2019.

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