TDAH ou Trouble du Déficit de l’Attention avec/sans Hyperactivité


Rédigé par Charline D., publié le 21 août 2017 et mis à jour le 30 janvier 2022

enfant atteint d'hyperactivité

Le TDAH, ou Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, est une pathologie apparaissant dans l’enfance et définie par l’association d’un déficit émotionnel, d’une hyperactivité motrice et d’une impulsivité. 3 à 5% de la population infantile en seraient atteinte, majoritairement des garçons.

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Définition et symptômes du Trouble du déficit de l’attention avec/sans hyperactivité

Qu’est-ce que le TDAH ?

Le TDAH, aussi appelé « instabilité motrice » ou « syndrome hyperkinétique », est défini par la présence des trois symptômes suivants, de façon plus ou moins intenses selon les patients : déficit de l’attention, hyperactivité motrice et impulsivité.

On parle de TDAH lorsque les symptômes surviennent avant l’âge de 12 ans, persistent au moins 6 mois et impactent la scolarité, la qualité de vie et les relations sociales du patient.

Ainsi, on décrit les enfants hyperactifs comme ne « tenant pas en place » ou « dissipés ». Au-delà du débordement d’énergie présent chez tous les enfants, ils sont constamment agités et épuisent leur entourage.  Ils ont du mal à se concentrer plus de quelques minutes. Aussi, ils sont impulsifs et hyperémotifs (sauts d’humeur fréquents). Souvent, ces enfants souffrent également de troubles du sommeil : ils ont des difficultés à trouver le sommeil et dorment peu.

Quelles sont les origines du TDAH ?

Il n’existe pas vraiment de profil d’« individu type » chez qui ce trouble semble être plus fréquent. Cette pathologie se déclare chez des enfants d’intelligence normale et scolarisés en milieu classique. Entre 3 et 5% des écoliers sont concernés, essentiellement les garçons.

Là où les origines de cette affection sont encore mal connues, la seule certitude est l’absence de lien avec un stress psychologique, une éducation familiale défaillante, une mauvaise formation scolaire ou un manque d’envie d’apprendre.

Par ailleurs, les scientifiques ont pu observer que le TDAH semblait toucher plus volontiers les enfants des familles où ce trouble existe déjà (suspicion d’une composante héréditaire). L’affection est également plus fréquente avec la présence de certains facteurs néonataux comme le tabac ou l’alcool pendant la grossesse ou la prématurité.

Certaines modifications physiologiques ont aussi été mises en évidence par certains chercheurs : notamment, un dysfonctionnement de certains circuits cérébraux chez les enfants atteints de TDAH.

Enfin, plusieurs enfants hyperactifs présentent une anomalie au niveau du stockage du fer. Ainsi, plus la carence ferrique est conséquente, plus les symptômes de l’affection sont marqués.

Quels sont les symptômes ?

Tout l’enjeu pour les médecins est d’arriver à déterminer quel enfant souffre réellement de TDAH quand les troubles du comportement de l’enfant sont si facilement attribués à l’hyperactivité.

 

Les manifestations du TDAH peuvent être variables avec quelques fois la prédominance ou l’absence d’un symptôme. Il existe ainsi, des formes où c’est l’inattention qui prédomine sans hyperactivité, et d’autres formes où l’impulsivité et l’hyperactivité priment.

L’inattention

L’inattention chez l’enfant est caractérisée par des difficultés de concentration. L’enfant a du mal à mener à bout une tâche commencée. Par exemple, il passe rapidement d’une activité à une autre et manque de persévérance pour les situations nécessitant une attention plus importante. Il fuit les tâches trop répétitives ou jugées ennuyantes (devoirs par exemple). Le moindre stimulus extérieur suffit à le distraire. L’enfant « oublie » également beaucoup, par exemple, il perd ses jouets ou oublie de réaliser certaines tâches.

L’impulsivité

Le jeune patient est hyper réactif et agit souvent avant de réfléchir ou sans attendre l’ensemble des instructions. Il évalue rarement les conséquences négatives de ses actes avant leur réalisation. Par exemple, il répond à une question avant la fin de celle-ci et très souvent en coupant la parole. Il lui est très difficile d’attendre son tour dans les activités collectives ou de patienter avant d’avoir quelque chose. On considère souvent ces enfants comme « capricieux » ou « égocentrique ».

L’hyperactivité

à ce qu’ils soient inutiles. Un enfant hyperactif a beaucoup de difficultés à rester assis à l’école ou à ne pas toucher les objets ou à ne pas parler à haute voix par exemple. Ces enfants sont régulièrement qualifiés de « bruyants » ou « perturbateurs ».

Mère fatiguée car elle a une fille hyperactive

Au final, le TDAH finit toujours par impacter la vie sociale, familiale et scolaire. Particulièrement, en collectivité, l’enfant se sent très vite débordé et commence à désobéir et devenir agressif.

Les troubles associés

En plus de la triade de symptômes classiques, l’enfant présente dans un cas sur deux d’autres troubles associés comme :

  • Une conduite d’opposition (agressivité, contestation, etc.) ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Des troubles à l’écrit (dyslexie par exemple), à l’oral, ou des mouvements (appelés dyspraxie) ;
  • Certains troubles comme des tics ou tocs, ou le syndrome des jambes sans repos ;
  • Une énurésie (pipi au lit) ;
  • De l’anxiété voire une dépression.

Le TDAH peut persister à l’adolescence avec des conséquences sur les résultats scolaires, les relations familiales et avec les adultes, ou l’entente avec les autres jeunes. Cependant, l’adolescent présente généralement moins d’hyperactivité, tout en conservant les problèmes d’impulsivité et d’inattention.

La maladie peut détériorer l’estime de soi, aboutissant, en l’absence d’une prise en charge adaptée, au développement d’autres troubles comme la dépression ou la consommation excessive d’alcool ou de drogues. L’impulsivité peut également conduire l’adolescent à la recherche de nouvelles sensations, à des conduites à risque.

Environ 1 jeune sur 2 présente encore des troubles à l’âge adulte. En revanche, les symptômes se manifestent différemment. Par exemple, les patients ont des problèmes d’organisation, de sociabilité et remettent constamment les choses au lendemain. La dépression, les problèmes de dépendance ou d’insertion sociale peuvent être associés.

Diagnostic et traitement du Trouble du Déficit de l’Attention avec/sans Hyperactivité

Quel est le diagnostic ?

Le diagnostic du TDAH est clinique, c’est-à-dire qu’il ne repose que sur la présence des 3 symptômes caractéristiques. Plusieurs consultations sont nécessaires, avec le médecin traitant et les spécialistes (pédiatre, neurologue, etc.) pour confirmer le diagnostic et afin de bien différencier le TDAH d’autres troubles pouvant engendrer les mêmes symptômes.

Le diagnostic repose donc sur plusieurs paramètres :

  • Un examen clinique complet ;
  • Une analyse détaillée du comportement de l’enfant, de son environnement, de ses bulletins et cahiers de classe ;
  • Un questionnaire rempli par l’enfant, mais aussi son entourage (parents, enseignants, etc.) ;
  • Si besoin, des tests psychologiques plus précis effectués par un neuropsychologue.

Les potentiels troubles associés reposent sur des tests ou évaluations différentes (bilan orthophonique, bilan psychomoteur, bilan ergothérapique et bilan orthoptique).

Quels sont les traitements ?

La prise en charge d’un enfant souffrant de TDAH varie selon les symptômes et leur intensité. Dans tous les cas, elle est multidisciplinaire et peut faire intervenir le médecin généraliste (ou pédiatre), un psychiatre, un psychologue, un orthophoniste, un psychomotricien ou/et un assistant social.

Jeune fille avec un médecin

Il n’existe actuellement aucun traitement permettant de guérir de ce trouble. Cependant, un ensemble de mesures peuvent réduire les symptômes et atténuer les conséquences sur le développement de l’enfant et de son entourage. La première intention de traitement repose toujours sur une psychothérapie. Un traitement médicamenteux n’est proposé qu’en cas d’échec ou d’insuffisance de cette dernière chez l’enfant de plus de 6 ans.

La psychothérapie

La première étape de la psychothérapie est toujours l’écoute et l’information des parents, avec éventuellement la mise en place d’un partenariat parents-enseignants. La seconde étape est la prise en charge des troubles associés via des séances d’orthophonie par exemple. La troisième étape est la psychothérapie à proprement parler. Les séances de psychothérapie peuvent être réalisées individuellement ou en groupe. L’enfant va progressivement réapprendre les comportements adéquats et modifier les siens. Enfin, une quatrième étape de thérapie familiale peut parfois être nécessaire lorsque la maladie impacte fortement le fonctionnement familial.

Les médicaments

Cette approche n’est pas obligatoire et ne doit pas se substituer à la prise en charge non médicamenteuse.

Le seul traitement disponible en France est le méthylphénidate (dérivé de l’amphétamine) qui a une action stimulante sur le cerveau. Ce médicament ne peut être prescrit que par un spécialiste de la maladie et nécessite une étroite surveillance du patient.

Publié le 21 août 2017 et mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie le 30 janvier 2022.

Sources
– Trouble du déficit de l’attention /hyperactivité. ameli.fr. Consulté le 30 janvier 2022.
– Hyperactivité et trouble de l’attention chez l’enfant. eurekasante.vidal.fr. Consulté le 30 janvier 2022.