Phytothérapie

Très proche de l’aromathérapie, la phytothérapie est une médecine à part entière permettant de se soigner naturellement avec les plantes. La principale différence avec l’aromathérapie réside dans le fait que la phytothérapie utilise l’ensemble des éléments d’une plante alors que l’aromathérapie s’appuie surtout sur les extraits aromatiques des plantes.

Bien plus utilisée et reconnue qu’on ne l’imagine, la phytothérapie constitue l’un des fondements de la médecine traditionnelle. Grâce aux composants obtenus dans une même plante, cette médecine présente ainsi un champ d’application très large.

Quelques mots sur son origine

Impossible de savoir avec précision à quand remonte l’utilisation des plantes médicinales, mais il est fort probable que les hommes préhistoriques y avaient déjà recours. Par intuition et expérimentation, ils ont ainsi sélectionné les plantes utiles pour soigner, nourrir, voire tuer.

C’est en Mésopotamie, creuset de l’humanité que les connaissances médicales ont commencé à émerger. Grâce au développement de tablettes d’argile dans cette région que l’on appelle maintenant l’Irak, de nombreuses formules végétales gravées en caractères cunéiformes ont ainsi pu voir le jour (1948). Ces centaines de tablettes, conçues il y a 5000 ans, peuvent témoigner d’un savoir médical élaboré et d’une pharmacopée étoffée. L’histoire des plantes a donc commencé à Sumer puis a traversé l’Egypte puis la Grèce pour finalement se répandre dans d’autres continents. La Chine par exemple est reconnue comme pionnière de la phytothérapie.

A savoir ! La pharmacopée représente un recueil encyclopédique réunissant toutes les substances pouvant figurer dans la composition des médicaments. Ces substances peuvent être d’origine animale, végétale ou même chimique.

Depuis, la phytothérapie rencontre un succès qui ne se dément pas, même si l’avènement de la chimie moderne à la fin du XIXe siècle et la découverte des antibiotiques l’ont reléguée, un temps, au second plan.

Cette mise à l’écart n’a pas duré longtemps puisque les adeptes du naturel ou les déçus de l’allopathie (terme médical réservé à la médecine conventionnelle) ont vite recommencé à s’intéresser aux plantes. Près d’un Français sur deux leur font confiance, sous réserve de les bien connaître ou de faire appel à un spécialiste !

A savoir ! C’est en 1986 que la phytothérapie a été officiellement reconnue en France par le ministère de la santé comme une médecine à part entière. Les médicaments recommandés en phytothérapie sont tous titrés en principes actifs, ce qui signifie qu’ils contiennent une concentration plus ou moins forte, mais toujours connue, de substances actives.

La phytothérapie sous toutes ses formes

Comme son étymologie l’indique, la phytothérapie consiste en l’utilisation des plantes sous différentes formes (ou galénique) :

  • Tisanes ;
  • Décoctions ;
  • Infusions ;
  • Extraits à chaud ou à froid de la plante ou d’une partie définie : racines, tiges, feuilles, fleurs, graines, écorce.

A savoir ! La décoction est une méthode d’extraction des arômes et/ou principes actifs d’une plante végétale par dissolution dans de l’eau bouillante. Pour les racines, écorces et feuilles épaisses, la décoction est plutôt conseillée. Il suffit de mettre les plantes dans de l’eau froide, de porter à ébullition, de laisser bouillir avant de retirer du feu et de laisser infuser.

La plante en « l’état »

La tisane

tisane

Selon des phytothérapeutes, la façon la plus simple de profiter des bienfaits d’une plante reste la tisane. Il s’agit de la forme traditionnelle par excellence.

La plante est séchée dans les règles de l’art et conserve bien les principes actifs, surtout ceux qui sont hydrosolubles (solubles dans l’eau). La tisane reste idéale pour drainer l’organisme (éliminer les toxines) ou recourir à des quantités importantes de plantes. Cependant, cette forme ne reste pas très pratique vis-à-vis des autres possibilités d’utiliser les plantes.

A savoir ! Les fleurs peuvent aussi être consommées en infusion : il faut les mettre dans un filtre, verser de l’eau bouillante dessus, laisser infuser 5 à 10 minutes puis retirer les plantes.

La poudre

La plante sèche est pulvérisée en particules fines, micronisées (grains de 100 à 300 microns). Certains fabricants proposent des poudres de plantes fraîches cryobroyées : la pulvérisation se fait dans l’azote liquide, à -196°. Certaines poudres, au contraire, peuvent être employées telles qu’elles, dans un yaourt, une compote ou jus de fruits par exemple (prêle, ortie) mais la plupart du temps, elles sont mises en gélules, soit en officine, soit au laboratoire pour délivrer un produit fini.

Les gélules ne sont pas la forme galénique la plus efficace. Il faut en effet consommer entre 1 et 3g de plantes par jour pour avoir un effet observable sur l’organisme alors que les gélules sont en moyenne dosées à 250mg.

Les liquides

La teinture mère (TM) ou macération hydro-alcoolique

Fleur de chardon

Il s’agit d’une macération des plantes fraîches dans de l’alcool qui se présente sous la forme d’un flacon muni d’un compte-gouttes. Sa préparation figure aux pharmacopées française et européenne. Les médecins phytothérapeutes utilisaient fréquemment les teintures mères en raison de leur diversité et de leur péremption longue (5 ans). Malheureusement, du fait d’une réglementation européenne restrictive, cette forme galénique va tendre à disparaître des officines.

Par ailleurs, ce type de préparation ne convient pas aux enfants, femmes enceintes et aux personnes sensibles à l’alcool.

La suspension intégrale de plante fraîche (SIPF)


C’est une forme plus récente, obtenue par cryobroyage d’une plante fraîche juste après sa récolte, qui est ensuite mise en suspension dans de l’alcool à 30°. Elle conserve l’ensemble des molécules actives de la plante et se présente en flacons de verre teintés ou en ampoules buvables.

Il existe peu de plantes sous cette forme, qui est pourtant intéressante lorsqu’il faut conserver l’intégralité du contenu de la plante ou employer une plante fraîche. Néanmoins, elle est relativement onéreuse pour les traitements prolongés.

L’extrait fluide de plante fraîche standardisée (EPS)


Inspirée de la SIPF, cette forme plus moderne est sans doute l’une des meilleures formes galéniques actuelles. La plante fraîche est cryobroyée, puis ses principes actifs sont extraits dans un mélange d’eau et d’alcool à des degrés croissants, ce qui permet d’obtenir un ensemble de principes actifs, complet et sans dégradation.

Les extraits

Les extraits fluides (EF) classiques


Ils sont préparés par « lixiviation », c’est-à-dire en extrayant le principe actif contenu dans une poudre de plante sèche par passages répétés dans de l’alcool. L’extrait fluide est plus concentré que les formes précédentes : il possède la même proportion de principes actifs que la plante sèche.

De plus, il possède une bonne stabilité dans le temps, comme toutes les préparations liquides en général, son prix reste élevé mais compensé en partie par sa concentration, qui permet des posologies plus faibles qu’avec les formes précédentes.

Les extraits secs (ES)


Pratiques et transportables, les ES offrent une forte concentration en principes actifs (au moins 5 fois plus que la poudre) mais ont le désavantage de présenter une mauvaise stabilité dans le temps et des prix souvent élevés. Ils ne doivent pas être confondus avec des poudres comme c’est souvent le cas. Ils sont présentés sous forme de gélules, voire de comprimés.

Autres formes galéniques proposées

Les macérats glycérinés (MG)

Gemmothérapie

C’est le domaine de la gemmothérapie, ou médecine des bourgeons. Ils sont obtenus en faisant macérer des tissus végétaux embryonnaires (bourgeons, jeunes pousses) dans de la glycérine légèrement alcoolisée. Ce sont d’excellents remèdes pour les enfants !





Les huiles essentielles (HE)

Huile essentielle de lavande

Elles résultent de la distillation à la vapeur d’eau de l’essence, sécrétion naturelle synthétisée par les plantes aromatiques. C’est le domaine de l’aromathérapie, méthode spécialisée et nécessitant un apprentissage spécifique. Les huiles essentielles ne contiennent que des molécules volatiles de petite taille, beaucoup plus concentrées que dans les autres formes. Elles peuvent être toxiques et sont à éviter chez les enfants et femmes enceintes. Néanmoins, bien utilisées, elles sont particulièrement efficaces, par exemple dans les maladies infectieuses.

De la même façon, vous pouvez aussi retrouver sur Santé sur le Net notre fiche exclusive sur l’aromathérapie.

La phytothérapie, ces plantes médicinales aux multiples vertus

Les plantes médicinales contiennent des principes actifs qui possèdent une action biologique directe sur l’organisme. Chaque plante contiendrait plus d’une centaine de composants différents !

Selon les phytothérapeutes, c’est grâce à l’interaction entre ces différentes substances qu’une plante est efficace. La phytothérapie possède des indications très diverses. Elle permet de soulager notamment les douleurs articulaires, d’atténuer les troubles de l’humeur et de réguler le transit. Elle est également indiquée pour renforcer le système immunitaire, relancer la circulation sanguine, renforcer la concentration et la mémoire.

Comme l’homéopathie et l’aromathérapie, la phytothérapie soigne alors de nombreux maux du quotidien. Toutefois, elle n’est pas indiquée pour traiter les maladies graves ou chroniques. Elle peut cependant en atténuer les symptômes.

Quelles précautions d’usage devez-vous adopter ?

Conseil 1 : bien choisir son thérapeute !

On peut vouloir se tourner vers la médecine naturelle pour plusieurs raisons : par envie de changement, pour essayer une thérapie plus douce ou parce que la médecine dite traditionnelle n’a pas fonctionné.

Quelle que soit votre motivation, la première étape sera de trouver un bon spécialiste. Malheureusement, la médecine naturelle fait partie des domaines où il est très difficile de distinguer les professionnels rigoureux des charlatans attirés par l’appât du gain ! Alors comment faire ?

La première option vers laquelle bon nombre d’entre vous se dirige, reste Internet. Dans ce cas, mieux vaut privilégiez les sites médicaux spécialisés en médecine naturelle, qui peuvent diffuser des contacts fiables en phytothérapie ou même d’autres sous-spécialités relevant de la médecine douce.

D’autre part, le bouche-à-oreille reste aussi une alternative de choix pour s’orienter vers un spécialiste qualifié. Désormais, beaucoup de médecins affirment recevoir de nouveaux clients par le biais de leurs clients actuels qui ont pleinement confiance en leurs compétences de thérapie naturelle.

Ainsi, la diffusion des contacts est de plus en plus fréquente dans ce domaine, surtout lorsque l’on voit le nombre de professionnels scrupuleux qui se prétendent être qualifiés pour ce genre de compétences alors que c’est loin d’être le cas !

Conseil 2 : ne jamais cueillir ses propres plantes dans la nature !

Bien que l’on soit souvent tenté de faire sa propre cueillette, surtout lorsque l’on se balade en forêt, il faut surtout éviter ce genre de comportement ! Certaines plantes qui ressemblent fortement à des plantes inoffensives, peuvent pourtant être très toxiques.

De plus, ce ne sont pas toujours les mêmes parties qui peuvent être préconisées pour telle ou telle pathologie.

De façon générale, mieux vaut s’adresser à un phytothérapeute car, dans tous les cas, les plantes possèdent de nombreuses contre-indications, interactions et des effets indésirables parfois méconnus.

Conseil 3 : plutôt acheter ses plantes en pharmacie ou dans une herboristerie !

Comme nous le savons, Internet regorge de nombreux sites en ligne pour commercialiser des plantes à des prix défiants parfois toute concurrence. Là aussi, si vous souhaitez recevoir un produit de qualité, même en phytothérapie, mieux vaut s’adresser vers une pharmacie ou dans une herboristerie où des professionnels seront plus adaptés pour répondre à vos questions ou vos besoins.

Les grandes surfaces peuvent aussi proposer à la vente de nombreuses plantes mais vous ne bénéficierez peut-être pas des conseils d’experts en la matière ! A vous de voir…

Conseil 4 : ne jamais sous-estimer les dangers des plantes !

Le caractère naturel ne veut jamais dire sans danger. D’ailleurs, selon la forme utilisée de la plante, la concentration en principes actifs peut varier du tout au rien. Même de faibles concentrations en principes actifs peuvent être dangereuses pour la santé de l’Homme car il s’agit souvent de puissants composés.

Avant d’entamer tout type de traitement, il est donc fortement recommandé de consulter un médecin, surtout dans le cas des femmes enceintes ou des jeunes enfants. Le dosage ainsi que la durée du traitement sont à bien définir pour éviter tout risque d’intoxication.

Les plantes peuvent tout accompagner mais ne peuvent pas tout guérir ! En première intention, on estime que 3/4 des maladies et des troubles peu graves pourraient être résolus grâce à l’utilisation de produits naturels. En revanche, lorsque le trouble s’aggrave ou s’il est déjà lourd et traité avec l’allopathie, les plantes peuvent venir en soutien pour protéger le foie et les reins ou limiter des effets secondaires plus importants.

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

Arkopharma.fr – Consulté le 01 septembre 2017.
PhytoXperience.com – Consulté le 31 août 2017.