La thermothérapie est l’une des plus anciennes méthodes employées pour soulager les douleurs.

La thermothérapie est l’une des plus anciennes méthodes employées pour soulager les douleurs. Elle repose sur l’application de chaud ou de froid sur la zone douloureuse. C’est une méthode simple, peu coûteuse et avec peu d’effet indésirable.

A propos de la douleur

La douleur est décrite par l’International Association for the Study of Pain comme « une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire existante ou potentielle ou décrite en termes évoquant une telle lésion ».

La perception de la douleur provient d’un système sensoriel dont la mission principale est de conserver l’intégrité du corps. Or les stimuli douloureux menacent cette intégrité et activent les récepteurs sensoriels aussi appelés nocicepteurs. La fonction de ce système sensoriel est de donner l’alarme pour protéger l’organisme en déclenchant des réponses réflexes et comportementales pour supprimer la cause et donc limiter les conséquences.

Le corps humain est entièrement parcouru de terminaisons nerveuses spécialisées permettant la proprioception et la perception du toucher. Les fibres nerveuses transmettant ces signaux sont de fort calibre et entourée d’une gaine de myéline (une substance isolante permettant d’augmenter la vitesse de transmission). Les informations sont ainsi rapidement transmises au centre nerveux.

La peau, les muscles et les parois viscérales contiennent également des nocicepteurs qui ont pour rôle d’alerter lorsque le corps subi une atteinte. Lorsque ces nocicepteurs sont activés, ils transmettent un signal nerveux véhiculé par différentes fibres : les fibre A delta et les fibres C. Les fibres A delta sont peu myélinisées (entouré d’une substance isolante appelée myéline) tandis que les fibres C ne le sont pas du tout. Les signaux sont moins rapidement transmis.

Le froid, le toucher et la douleur aiguë rapide (ou passagère) circulent via les fibres A delta. Les fibres C, plus lentes, transfèrent les messages de chaleur, de douleur aiguë tardive et diffuse. Cette différence de vitesse de transmission explique le fait qu’en cas de blessure, on ressente d’abord une douleur vive et bien localisée, puis une douleur plus vague et diffuse.

En 1965, la théorie du gate control émerge : le message douloureux envoyé au cerveau transit par la moelle épinière, où il est soumis à des inhibiteurs. Lorsque le signal est suffisamment puissant, il parvient au cerveau, et la sensation de douleur apparaît, sinon il est stoppé.  Une théorie qui explique le fait que le l’on se frotte ou masse la peau après un choc. En réalité, ce geste permettrait de bloquer le message des fibres C (et donc la douleur) en stimulant les fibres du toucher plus rapides. C’est par ce biais que l’application du froid serait analgésique.

Un autre mécanisme permet d’expliquer l’efficacité du froid contre la douleur : la stimulation des récepteurs au froid et au menthol.  En effet, en présence de froid ou de menthol, certains récepteurs s’activeraient et permettraient d’atténuer les signaux douloureux.

Qu’est-ce que la thermothérapie ?

Femme qui a mal en haut du dosLe terme thermothérapie désigne l’emploi thérapeutique de la chaleur ou du froid. Ce type de thérapie comporte divers avantages. La thermothérapie est, en effet, simple d’utilisation, efficace et comporte pratiquement aucun effet secondaire (en comparaison avec les médicaments).

La thermothérapie est employée principalement pour soulager les douleurs musculo-squelettiques. Elle est cependant également utile pour les douleurs articulaires, par exemple pour l’arthrose. Elle peut également être utilisée en post-opératoire, ou même pendant un échauffement sportif.

  • L’utilisation du froid

Après un choc, la zone traumatisée subit une phase inflammatoire. Les lésions au niveau des vaisseaux sanguins entraînent une accumulation de liquide, on parle d’œdème. L’application de froid après un choc permet une vasoconstriction des vaisseaux (diminution de leur diamètre) et donc une réduction de l’œdème.

À noter ! Bien que le froid soit efficace contre l’inflammation, il ne faut cependant pas totalement la freiner car elle est nécessaire à la guérison.

Le froid doit être appliqué dans les 72 heures qui suivent la lésion, et jamais sur une plaie ouverte ou non couverte. En cas d’utilisation de glace, il faut éviter le contact direct avec la peau pour ne pas l’abîmer.

Sur les articulations, le froid permet de diminuer l’action des enzymes à l’origine de la dégradation des cartilages.

Le froid a également des vertus antalgiques sur les douleurs importantes.

À savoir ! Le froid ne doit pas être utilisé en cas de diabète, syndrome de Raynaud, d’insuffisance circulatoire, d’hypertension, d’ulcère variqueux ou d’urticaire provoqué par le froid.

  • L’utilisation du chaud

L’application de chaud est conseillée en cas de douleurs musculaires et de raideur, en dehors de toute inflammation. A l’inverse du froid, la chaleur permet d’obtenir une vasodilatation (dilatation des vaisseaux sanguins) responsable d’un afflux sanguin au niveau de la zone douloureuse. La circulation sanguine et le métabolisme cellulaire sont alors stimulés, l’apport en oxygène et en nutriments est augmenté, et l’élasticité des tissus est améliorée.

Souvent la chaleur est employée pour soulager les douleurs dorsales ou lors d’un échauffement musculaire avant un effort physique. La chaleur décontracte et relaxe.

Tout comme le froid, le chaud ne doit pas être appliqué sur une plaie ouverte.

À savoir ! L’application de chaud est déconseillée en présence d’une infection, d’un œdème, d’une inflammation, d’un diabète, de troubles circulatoires, d’hyperthermie ou de grossesse.

En résumé, le chaud et le froid ne sont pas utilisés pour soulager le même type de douleurs. Tandis que le froid est plutôt utilisé en cas d’inflammation, pour des douleurs importantes mais passagères, le chaud est plus volontiers utile dans un contexte de douleurs chroniques d’intensité faible à modérée.

Les produits disponibles

Femme allongée avec une bouillotte posée sur son ventreDepuis des millénaires, la thermothérapie sous toutes ses formes (bains, cataplasmes, saunas, etc.) est largement employée. De nos jours, même si le principe reste le même, un large panel de produits adaptés et pratiques sont disponibles.

  • Les poches de froid/chaud réutilisables

Plusieurs laboratoires proposent des coussins thermiques réutilisables à réchauffer (au bain-marie ou au micro-ondes généralement) ou/et à refroidir (congélateur ou réfrigérateur) selon les besoins. Plusieurs formats existent de manière à s’adapter au maximum à l’utilisation du patient : des grands formats pour le dos, des plus petits pour les articulations, des allongés pour les cervicales, etc.

Ces coussins peuvent être constitués de gel, de paraffine, de microbilles ou d’argile afin d’épouser au mieux les courbes de la zone.

À noter ! La traditionnelle bouillote (ou un bain chaud) est également utilisable lorsque l’on souhaite utiliser la chaleur, par exemple en cas de douleurs lombaires.

  • Les poches à usage unique

Des coussins thermiques à usage unique, essentiellement destinés aux trousses de secours ou à la pratique sportive sont également disponibles sur le marché.

Ce type de coussins contient des réactifs chimiques activables par une simple pression ou une exposition à l’air.

  • Des vêtements

La thermothérapie est maintenant intégrée dans certains vêtements. En effet, des espaces peuvent être prévus pour insérer des poches préalablement chauffées ou refroidies, ou pour intégrer un système électrique de chauffage.

  • Les huiles essentielles

Certaines plantes sont capables de procurer un effet de froid ou de chaud. Ainsi, des emplâtres, des gels ou des sprays aux huiles essentielles sont disponibles en pharmacie et constituent une bonne alternative aux poches.

L’huile essentielle de camphre ou l’huile essentielle de menthol sont connues pour leur effet froid.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Soulager la douleur par thermothérapie. PHARMAGDD. Consulté le 19 juin 2020.
– Qu’est-ce que la thermothérapie ? MATMEDICAL FRANCE. Consulté le 19 juin 2020.