Vaccins pédiatriques : comment protègent-ils du risque de méningite ?

Oct 19, 2018 par

Face à la défiance grandissante vis-à-vis de la vaccination, des chercheurs et pédiatres français rappellent les dangers des infections bactériennes sévères chez l’enfant. Dans une étude menée pendant 5 ans dans la région Grand Ouest sur une population d’enfants, ils montrent qu’un quart des décès et qu’un quart des séquelles graves provoquées par la méningite sont attribuables au non-respect du calendrier vaccinal. Retour sur les travaux publiés dans la revue Paediatric and Perinatal Epidemiology.

Vaccination

25 % des décès liés à la méningite dus au mauvais suivi de recommandations vaccinales

Pour mener à bien leur étude, les chercheurs et pédiatres ont recensé, entre 2009 et 2014, les enfants âgés de 1 mois à 16 ans étant admis en réanimation pédiatrique ou décédés dans la région Grand-Ouest à cause d’une infection bactérienne sévère.

Que nous apprend cette étude incluant 124 enfants ?

Le méningocoque et le pneumocoque sont les principales bactéries à l’origine des infections sévères de l’enfant, retrouvés dans 65 % des cas.

À savoir ! Les infections graves à méningocoques (une bactérie) touchent environ 600 personnes par an et entrainent des méningites ou septicémies. Les personnes les plus touchées sont les nourrissons de moins d’un an, les enfants d’un à quatre ans et les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans. Le pneumocoque est une bactérie responsable d’infections fréquentes telles que des otites, des sinusites, des pneumonies et aussi des septicémies ou des méningites. Ces infections touchent plus souvent les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques ou qui suivent un traitement qui diminue leurs défenses contre les infections.

Et ceci, en dépit de l’intégration des vaccins anti-pneumocoque et anti-méningocoque C dans le calendrier vaccinal en France en 2002 et 2009.

Ces bactéries sont responsables de 71% des décès et de 50 % des cas de séquelles graves provoquées par la méningite (inflammation de membranes enveloppant le cerveau, les méninges).

En analysant le suivi vaccinal de ces enfants hospitalisés, les chercheurs montrent que :

  • 39% des enfants étaient correctement vaccinés contre ces bactéries ;
  • 61% avaient une vaccination inexistante ou incomplète.

En recoupant les données de vaccination et le diagnostic des enfants, ils ont mis en évidence que 25% des décès et 25% des séquelles graves (paralysie, déficit sensoriel , notamment perte auditive, épilepsie) étaient évitables si les recommandations vaccinales avaient été suivies.

À savoir ! La vaccination incomplète correspond à un nombre d’injections inférieur au nombre recommandé pour l’âge de l’enfant, avec un retard autorisé de 15 jours pour la primo-vaccination anti-pneumocoque et d’un mois pour le rappel anti-pneumocoque et la vaccination anti-méningocoque C.

Un rappel à la nécessité d’une couverture vaccinale complète

“La morbi-mortalité liée aux infections bactériennes sévères à prévention vaccinale chez l’enfant pourrait être réduite d’un quart par une mise en œuvre simple des programmes vaccinaux en France. Une telle information pourrait aider à améliorer la perception de l’effet bénéfique des vaccins et lutter contre l’hésitation vaccinale ” précise les chercheurs dans un communiqué de presse de l’INSERM.

Désormais, les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 sont dans l’obligation d’être vaccinés contre les deux principales bactéries responsables de ces infections sévères : ce sont les vaccins anti-pneumocoque et anti-méningocoques C.

Dans ces travaux, la plupart des décès liés au méningocoque C sont survenus chez des enfants de plus de 2 ans qui n’avaient pas eu leur rattrapage de vaccin.

Ces enfants ne sont pas concernés actuellement par l’obligation de se faire vacciner, mais, il reste nécessaire de ” leur appliquer les recommandations actuelles de rattrapages “.

Julie P., Journaliste scientifique

– Un quart des décès et des cas de séquelles graves liés aux méningites de l’enfant sont évitables par l’application du calendrier vaccinal. INSERM. Consulté le 6 mars 2018.
– Vaccine preventable severe morbidity and mortality caused by meningococcus and pneumococcus: A population based study in France. Paediatric and Perinatal Epidemiology. F. Lorton et al. Consulté le 16 octobre 2018.
Julie P.
Journaliste scientifique.
Spécialiste de l'information médicale.
Passionnée par l'actualité scientifique et les nouvelles technologies.
Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.

Laisser un commentaire

Votre adresse électronique ne sera pas publiée.