Adjuvants dans les vaccins : Quels sont leurs rôles ?

Sep 27, 2018 par

La présence d’adjuvants dans certains vaccins est l’un des arguments avancés par les personnes opposées à la vaccination. Quels rôles jouent exactement ces composés ? Sont-ils présents dans tous les vaccins ? Et pourrait-on s’en passer ? Autant de questions auxquelles il est important de répondre pour mieux informer sur la vaccination.

une seringue et un flacon, des adjuvants dans les vaccins

Vaccins vivants atténués et vaccins inactivés

Les adjuvants sont souvent placés au cœur de la polémique sur les vaccins, mais le grand public est généralement assez mal informé sur la nature et le rôle de ces composés. Tout d’abord, il est important de souligner qu’il existe deux catégories de vaccins :

  • Les vaccins vivants atténués (comme le vaccin ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) ou le vaccin contre la fièvre jaune), qui contiennent les agents infectieux (bactérie, virus) modifiés. Ces germes ont perdu leur pouvoir infectieux, mais ils ont gardé la capacité de stimuler l’immunité ;
  • Les vaccins inactivés (comme le vaccin contre l’hépatite B ou celui contre la coqueluche) ne contiennent pas d’agent infectieux vivant. Ils peuvent renfermer, soit une partie de l’agent infectieux (un fragment de paroi bactérienne ou encore une toxine), soit l’agent infectieux inactivé, c’est-à-dire tué.

Dans le cas des vaccins vivants atténués, nul besoin d’ajouter des adjuvants, car ils sont capables de stimuler suffisamment l’immunité pour protéger durablement contre une infection. A l’inverse, les vaccins inactivés ne peuvent pas déclencher une réponse immunitaire suffisante pour assurer une protection durable. C’est alors qu’interviennent les adjuvants.

Ajouté en petite quantité dans un vaccin inactivé, l’adjuvant sert à stimuler le système immunitaire pour qu’il réagisse à l’inoculation du vaccin. Grâce à lui, il est possible :

  • De réduire la dose d’agents infectieux inactivés ;
  • De limiter le nombre d’injections ;
  • D’assurer une protection durable contre l’infection.

Des adjuvants pour stimuler l’immunité

Différentes catégories d’adjuvants sont actuellement disponibles, notamment :

  • Les sels d’aluminium (phosphate d’aluminium et hydroxyde d’aluminium), les plus utilisés actuellement ;
  • Des émulsions ;
  • Les phospholipides (constituants des membranes cellulaires) ;
  • Les immunostimulants.

Les sels d’aluminium sont très utilisés dans le monde, et ce depuis 90 ans. Des centaines de millions de doses de vaccins contenant ces adjuvants ont été administrés au fil des années. Faisant l’objet de contrôles stricts, les données accumulées sur les sels d’aluminium n’ont jusque-là pas remis en cause leur efficacité, ni leur innocuité. D’autres adjuvants sont actuellement en cours de développement.

En France, en 2016, environ 13,3 millions de doses vaccinales sans adjuvant et environ 12,4 millions de doses avec adjuvant ont été administrées.

Des enfants sauvés grâce à la vaccination

Avec ou sans adjuvant, les vaccins sont l’un des meilleurs moyens de prévention contre des maladies bactériennes et virales graves, voire même mortelles. Les maladies infectieuses constituent l’une des principales causes de mortalité infantile dans le monde, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans.

Récemment, une équipe de chercheurs espagnols s’est intéressée à 2 844 enfants atteints d’infections bactériennes graves en Europe. Ces infections touchaient essentiellement les poumons, le système nerveux central et la peau ou les tissus mous. Les agents infectieux les plus fréquemment détectés étaient les méningocoques, les pneumocoques, les staphylocoques dorés et les streptocoques du groupe A.

Grâce aux antibiotiques disponibles en Europe, la mortalité de ces enfants était faible, mais plus de 30 % d’entre eux ont dû être admis dans un service de soins intensifs, en particulier les enfants les plus jeunes.

Plus de 90 % des enfants touchés étaient à jour de leur calendrier vaccinal en vigueur dans leur pays d’origine au moment de l’infection. Mais près de 94 % des infections à méningocoques auraient pu être évitées grâce à la vaccination. Le vaccin contre le méningocoque était, soit indisponible dans le pays concerné, soit absent du calendrier vaccinal. En France, depuis le 1er janvier 2018, le vaccin contre le méningocoque est devenu obligatoire pour tous les nourrissons nés depuis cette date. Les nourrissons sont vaccinés à 5 mois puis à 12 mois et ainsi protéger des méningites et septicémies dues au méningocoque de type C.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Les adjuvants. ANSM . Consulté le 24 septembre 2018.
– Life-threatening infections in children in Europe (the EUCLIDS Project): a prospective cohort study. Martinón-Torres and al. 2018. The Lancet Child & Adolescent Health. DOI: https://doi.org/10.1016/S2352-4642(18)30113-5.
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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