Vivre avec un pacemaker

Nov 23, 2017 par

En France, en 2010, 350 000 personnes étaient porteuses d’un pacemaker. Chaque année, plusieurs milliers de ces dispositifs sont implantés chez des patients souffrant de troubles cardiaques. Que devient le quotidien de ces patients après l’implantation ? Santé Sur le Net dévoile quelques aspects de la vie avec un implant cardiaque.

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Une vie « presque » normale

Un pacemaker, encore appelé stimulateur cardiaque ou plus simplement pile, est un dispositif médical implanté chez les patients souffrant de certains troubles cardiaques :

  • Une bradycardie, c’est-à-dire un rythme cardiaque anormalement lent (inférieur à 50 battements cardiaques par minute au repos) ;
  • Des troubles du rythme cardiaque nécessitant des traitements médicamenteux ralentissant le cœur.

Le premier pacemaker a été implanté en 1958 et depuis cette intervention est devenue courante. Quel impact l’implantation du pacemaker a-t-elle sur la vie du patient ? A en croire la plupart des études, la vie quotidienne des patients opérés ressemble fortement à celle de la population générale. Le patient rentre le plus souvent à son domicile un à deux jours après l’intervention et reprend le cours de sa vie, sans réadaptation préalable.

Dans les premiers temps, les risques de complications sont rares. A long terme, un risque faible d’infection du pacemaker est possible, mais les études semblent montrer que l’espérance de vie des patients est identique à celle des personnes en bonne santé. Le patient peut reprendre ses activités normales et la pratique d’une activité sportive adaptée est même conseillée.

Un suivi régulier et quelques précautions

Pour autant, le pacemaker nécessite un suivi médical régulier tous les six mois. A cette occasion, le médecin peut contrôler le fonctionnement de l’implant et l’état de la pile. Il peut si besoin modifier les paramètres du dispositif, pour les adapter au mieux à l’état de santé du patient. De plus, le pacemaker a une durée de vie moyenne de 8 à 12 ans, ce qui nécessite de le remplacer régulièrement.

Par ailleurs, vivre avec un pacemaker nécessite des précautions dans certaines situations. En effet, les champs électriques et magnétiques, générés par exemple par des appareils ménagers, peuvent interférer avec le fonctionnement de ces dispositifs. Une récente étude américaine menée sur 119 patients porteurs d’un pacemaker a mis en évidence que les implants cardiaques sont sensibles à ces champs électriques et magnétiques. Les risques sont rares, lorsque les paramètres sont conformes aux prescriptions des fabricants. Néanmoins, les porteurs de pacemakers sont invités à tenir toute source potentielle de champ électrique ou magnétique à une distance au moins supérieure à la longueur de l’avant-bras.

En pratique, les patients doivent prendre quelques précautions, par exemple :

  • Passer rapidement les systèmes antivol des magasins ;
  • Eviter les portiques des aéroports et les détecteurs de métaux ;
  • Eloigner les téléphones cellulaires allumés ou les écouteurs ;
  • Tenir le téléphone au niveau de l’oreille la plus éloignée du pacemaker.

Des pacemakers évolutifs

Pour améliorer le quotidien des patients, les fabricants d’implants cardiaques œuvrent pour concevoir de nouvelles générations de dispositifs. Classiquement, le pacemaker est constitué de deux principaux éléments :

  • Un générateur d’impulsions électriques pour provoquer la contraction du myocarde ;
  • Une ou plusieurs électrodes, appelées des sondes, capables d’enregistrer le rythme cardiaque.

En cas de défaillance du pacemaker, les sondes sont souvent très difficiles à extraire, en raison de la formation d’adhérences avec les tissus voisins. Compte-tenu des risques d’une telle intervention, l’équipe médicale opte souvent pour l’implantation d’une nouvelle sonde.

Récemment, un nouveau type de pacemaker a été développé sans sonde. L’ensemble de l’implant est désormais encapsulé dans un petit dispositif, mis en place à partir de la veine fémorale sans incision et sans risques d’adhérences. Implanté pour la première fois en 2013, cette nouvelle génération de pacemaker constitue une avancée importante pour les patients atteints de graves troubles cardiaques. De même, l’évolution des implants cardiaques autorise désormais les patients à passer des IRM (Imagerie par Résonance Magnétique), examens auparavant strictement contre-indiqués chez ces patients.

La vie avec un pacemaker ressemble donc à celle de monsieur tout le monde… à quelques exceptions près !

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– La vie avec un implant cardiaque. UNIVADIS. 3 mars 2014.
– Premier pacemaker sans sonde. UNIVADIS. 10 mars 2014.
– Pacemaker function may be impacted by electric appliances; tools. American Heart Association Rapid Access Journal Report. AHA/ASA Newsroom. 2017 February 27.
– Peut-on faire du sport avec un pacemaker ? Fédération Française de Cardiologie. Consulté le 21 novembre 2017. 
Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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