1000 premiers jours : moins de sucres pour une meilleure santé cardiovasculaire ?

Par |Publié le : 2 janvier 2026|Dernière mise à jour : 2 janvier 2026|3 min de lecture|

C’est désormais reconnu : les 1000 premiers jours depuis la conception sont déterminants pour le développement et la santé de l’enfant avec des conséquences observables jusqu’à l’âge adulte. C’est que confirme une nouvelle étude selon laquelle une consommation réduite en sucres durant les premiers mois de vie impacterait positivement sur la santé cardiovasculaire de l’enfant. On fait le point.  

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Les 1000 premiers jours : déterminants pour la santé

Déterminants pour le développement et la santé de l’enfant, les 1 000 premiers jours désignent la période allant de la conception jusqu’aux deux ans de l’enfant. De plus en plus d’études scientifiques suggèrent que durant cette période, les systèmes biologiques sont particulièrement sensibles aux conditions environnementales et aux apports nutritionnels, avec des conséquences métaboliques possibles à long terme.

Or, force est de constater qu’à l’heure actuelle, les sucres sont omniprésents dans l’alimentation, et les plus jeunes sont particulièrement exposés à leur surconsommation. Des études menées par le passé ont déjà suggéré un lien entre le métabolisme maternel et la santé cardiaque de l’enfant. Mais peu de données sont aujourd’hui disponibles quant aux conséquences à long terme d’une limitation de la consommation de sucre pendant la petite enfance sur la santé cardiovasculaire à l’âge adulte.

Dans ce contexte, des chercheurs britanniques ont donc voulu savoir si la restriction du sucre durant les 1000 premiers jours de vie réduisait durablement les risques cardiovasculaires et retardait l’apparition des maladies associées.

Restriction en sucres pendant les 1000 premiers jours : quel impact cardiovasculaire ?

Pour mener à bien cette étude, les scientifiques se sont appuyés sur l’expérience collective britannique de rationnement de sucre. Au cours et à la sortie de la seconde guerre mondiale, le Royaume-Uni a en effet mis en place un contrôle strict des apports en sucres de la population avec :

  • La suppression d’ajout de sucre dans l’alimentation des nourrissons de moins de 2 ans.
  • Une consommation limitée à environ 40 g de sucre par jour pour les adultes, y compris les femmes enceintes.
À savoir !Ce rationnement avait pour objectif de répartir de façon équitable les denrées alimentaires tout en prévenant les pénuries et famines.

Sur la base de cette expérience historique, l’étude scientifique a été réalisée sur une large cohorte de 63 433 participants de la Biobank britannique, nés entre octobre 1951 et mars 1956.

Les chercheurs ont alors comparé les personnes exposées in utero et pendant un à deux ans précédant la naissance au rationnement en sucres à celles ne l’ayant jamais été. Parmi les critères évalués, citons l’incidence des maladies cardiovasculaires, des infarctus du myocarde, de l’insuffisance cardiaque, de la fibrillation auriculaire, de l’accident vasculaire cérébral (AVC), ainsi que la mortalité cardiovasculaire.

Moins de sucres et meilleurs santé cardiovasculaire

Les scientifiques ont ainsi pu observer que l’exposition à un rationnement en sucres durant les 1 000 premiers jours de vie était associée à des risques cardiovasculaires plus faibles à l’âge adulte avec :

  • Un risque de maladie cardiovasculaire réduit de 20 %.
  • Un risque d’infarctus du myocarde réduit de 25 %.
  • Un risque d’insuffisance cardiaque réduit de 26 %.
  • Un risque de fibrillation auriculaire réduit de 24 %.
  • Un risque d’AVC réduit de 31 %.
  • Un risque de mortalité cardiovasculaire réduit de 27 %.
  • Un retard d’apparition des maladies cardiovasculaires (2,53 ans plus tard que les participants non exposés au rationnement en sucre).

S’agissant du diabète et de l’hypertension, les chercheurs ont constaté que le rationnement en sucres représentait environ 31 % de l’effet protecteur contrairement au poids de naissance qui ne présentait qu’un impact de 2,2 %.

Publiés dans le British Medical Journal, les résultats de cette étude mettent en lumière les bénéfices cardiovasculaires durables d’une exposition limitée au sucre pendant les 1 000 premiers jours suivant la conception. Ils soutiennent les interventions nutritionnelles visant à limiter les sucres ajoutés pendant la grossesse et la petite enfance et ouvrent la voie à des recherches plus approfondies sur les mécanismes biologiques impliqués.

Sources
– Exposure to sugar rationing in first 1000 days after conception and long term cardiovascular outcomes: natural experiment study. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 30 novembre 2025.
– L'alimentation pendant les 1 000 premiers jours de la vie. www.inrae.fr. Consulté le 30 novembre 2025.

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Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.