Accouchements : quel est le pourcentage d’épisiotomies ?

août 2021 par

Lorsque pendant l’accouchement le bébé ne parvient pas à sortir spontanément, il n’est pas rare que les médecins aient recours à l’épisiotomie. Du fait de la douleur qu’elle implique et de l’empreinte intime qu’elle laisse, cette intervention est un moment que beaucoup de futures mamans redoutent. Depuis quelques années, l’épisiotomie est une pratique largement contrôlée en France du fait des recommandations de l’OMS et du nombre limité de preuves scientifiques concernant son efficacité. Santé Sur Le Net fait le point sur cette pratique chirurgicale.

pourcentage d’épisiotomies

Qu’est-ce que l’épisiotomie ?

L’épisiotomie est une intervention chirurgicale qui consiste à sectionner la muqueuse vaginale et les muscles superficiels du périnée afin de faciliter le travail. En élargissant l’ouverture vaginale et en évitant des déchirures graves, la santé de l’enfant et de la mère sont préservées.

Une augmentation significative des taux d’épisiotomie a été observée dans le monde depuis la fin des années 1990. Néanmoins, bien qu’il s’agisse de l’une des interventions chirurgicales les plus répandues, il n’existe pas à ce jour de preuves scientifiques concrètes concernant ses bénéfices. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande que l’épisiotomie ne soit pas réalisée comme pratique de routine au cours de l’accouchement.

Le pourcentage d’épisiotomies dans le monde

La prévalence de l’épisiotomie dans le monde varie considérablement d’un pays à un autre. Ainsi, si la Suède est le pays qui pratique le moins d’épisiotomies au monde (9,7%), Taïwan bat des records en affichant un taux de 100% d’épisiotomies chez les femmes primipares et multipares.

En Europe, les différences entre les pays semblent plus prononcées : le Portugal affiche un taux d’épisiotomies qui dépasse les 72%, tandis que la France, l’Allemagne et la Suisse ne dépassent pas les 30%.

Si depuis quelques années, le pourcentage d’épisiotomie dans les structures de santé européennes est en baisse, les statistiques montrent que les pays non industrialisés ne suivent pas cette tendance.

Le taux d’épisiotomies en France

En 2010, le pourcentage d’épisiotomies en France était de 26,8%. Le recours à cette pratique est toutefois plus important dans les cliniques privées (31,07% des femmes primipares) que dans les hôpitaux (29,88% des femmes primipares).

Géographiquement, les taux d’épisiotomie sont les plus élevés en Île De France (21,4%) et dans Centre-Val de Loire (20,9%). La Bourgogne-Franche-Comté, la Guadeloupe et la Guyane ont les taux les plus faibles avec moins de 10% dans chacun de ces départements.

La raison principale qui justifie ces taux selon certains praticiens est que l’épisiotomie permet un gain de temps considérable lorsque les structures de santé sont bondées.

Il convient de noter que la décision d’opter pour une épisiotomie revient au praticien dans le cadre de la prise en charge de sa patiente.

Pourcentage d’épisiotomies : Les suggestions de l’OMS

Selon les suggestions de l’OMS, la pratique de l’épisiotomie devrait être limitée à certaines situations :

  • Lors d’accouchements vaginaux compliqués (siège, dystocie des épaules, utilisation de forceps ou de ventouse)
  • En cas de détresse foetale
  • En cas de cicatrices liées à des mutilations sexuelles ou à des déchirures mal cicatrisées

Car en plus d’augmenter les risques de complications périnéales après l’accouchement, une épisiotomie trop précoce pourrait augmenter les risques d’hémorragie pendant le travail et d’incontinence urinaire post-partum.

Quant aux risques d’infection liés à l’épisiotomie énoncés par l’OMS, ils s’appliquent essentiellement aux pays à bas revenus dont les pratiques médicales sont difficilement comparables à celles des hôpitaux français

Yasmine B., rédactrice scientifique

Sources
– Épisiotomie. larousse.fr. Consulté le 24 juillet 2021.
– Statistical trends of episiotomy around the world: Comparative systematic review of changing practices . ncbi.nlm.nih.gov. Consulté le 24 juillet 2021.
Yasmine B.
Rédactrice scientifique
Spécialiste en rédaction médicale, diplômée en biologie médicale. Passionnée par le domaine de la santé et l’actualité scientifique.
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