Amandes d’abricots : gare à l’intoxication !

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Rédigé par Deborah L. et publié le 11 août 2018

Comestibles, les amandes contenues dans les noyaux d’abricots sont de plus en plus recherchées par le grand public pour leurs prétendues propriétés anticancéreuses. Cependant, leur consommation en grande quantité n’est pas sans danger. Dans le cadre de son dispositif de toxicovigilance, l’Anses incite les consommateurs à la prudence face au risque avéré d’intoxication au cyanure des amandes d’abricots.

Amandes d'abricots

Qu’appelle-t-on « amandes d’abricots » ?

On désigne par « amandes d’abricots » les graines contenues dans le noyau des abricots. Il s’agit d’un ingrédient  couramment employé par les confectionneurs de confitures pour en parfumer les pots.

Ces dernières années ont vu naître un intérêt croissant du grand public pour ces amandes d’abricots, commercialisées en tant qu’aliment « permettant de lutter contre le cancer », des doses élevées, de 10 amandes par jour en prévention à 60 amandes en curatif étant préconisées. L’Anses souligne néanmoins qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve scientifique de leur intérêt dans le traitement curatif ou préventif du cancer.

Pire, le fait de les consommer comme un en-cas augmente considérablement leur dangerosité.  Les amandes d’abricots contiennent en effet des taux importants d’amygdaline, une molécule naturelle qui se transforme en cyanure hautement toxique lors du processus de digestion.

À savoir ! L’intoxication aiguë au cyanure peut se manifester par les signes suivants : convulsions, troubles respiratoires, réduction de la fréquence cardiaque, perte de connaissance, voire coma.

Dans ce contexte, l’Anses incite les consommateurs à la prudence face au risque avéré d’intoxication au cyanure.

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Prudence face au risque d’intoxication aux amandes d’abricots

Les cas d’intoxication aux amandes d’abricots déclarés au réseau des Centres antipoison français (CAP) depuis 2012 ont été recensés par les équipes de l’Anses dans le cadre de son dispositif de toxicovigilance. Entre 2012 et 2017, 154 cas d’intoxication ont ainsi été enregistrés en France.

À savoir ! Le dispositif de toxicovigilance de l’Anses vise à surveiller les effets toxiques de produits, de substances naturelles ou de molécules polluantes. Les centres antipoison français sont disponibles 24h/24 et répondent aux appels des particuliers ou des professionnels dans le cadre d’un risque toxicologique. Chaque année, ce sont près de 200 000 cas d’exposition que les centres antipoison enregistrent et analysent.

Les symptômes les plus fréquemment rapportés ont été les suivants : vertiges, malaises, maux de tête, troubles digestifs,  palpitations cardiaques, et gêne respiratoire.

Aucun cas de gravité importante n’a été identifié pour le moment.  L’Anses tient cependant à alerter les consommateurs sur les risques d’intoxication grave au cyanure encourus en cas de consommation à hautes doses. Pour rappel, le cyanure peut se révéler mortel pour l’homme.

L’Anses rappelle donc aux consommateurs les préconisations de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) en termes de consommation d’amandes d’abricots. Celle-ci devrait se situer entre 1 à 3 amandes d’abricots maximum par jour pour les adultes et la moitié d’une petite amande pour les jeunes enfants.

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Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Amandes d’abricots : un risque d’intoxication au cyanure. Anses. Le 27 juillet 2018.

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