Les bénéfices d’une intervention précoce chez les enfants autistes

Jun 1, 2017 par

La prise en charge de l’autisme souffre aujourd’hui d’un incroyable retard par rapport à ses « partenaires » des troubles développementaux. Lorsque les parents apprennent la maladie, ils ont tendance à se précipiter directement sur les professionnels et les associations pour fournir à leur(s) enfant(s) les meilleurs soins qui existent. Mais ne devraient-ils pas plutôt changer de stratégie ?

Education parentale

Le comportement des parents face à leurs enfants autistes : que faire ?

L’autisme se présente comme un défaut dans le développement de l’individu et qui touche principalement la perception et la communication avec son environnement. Détecté généralement lors des premières années de la vie de l’enfant (vers 3 ans), les parents sont donc bien placés pour déceler les symptômes caractérisant cette affection neurologique. L’observation d’une altération des relations sociales de leur enfant avec son entourage est un des premiers traits alertant souvent les parents.

Une fois que plusieurs signes se sont manifestés, le comportement de tout type de parents soucieux de son enfant est de se diriger vers un professionnel de la santé, tel qu’un pédiatre, orthophoniste, psychiatre qui sont en mesure de pouvoir les rassurer et de leur apporter une prise en charge médicale. Tel est le parcours classique suivi par les personnes apprenant récemment l’atteinte d’une maladie…

Cependant, étant donné le manque crucial de structures et de moyens financiers mis à disposition, ces parents d’enfants autistes se retrouvent de plus en plus désarmés face à l’handicap de leur(s) enfant(s). Certains enfants s’en retrouvent même déscolarisés faute de place dans les écoles spécialisées qui affichent des listes d’attente interminables. Par ailleurs, l’autre fléau actuel qui impacte les familles est la nécessité pour un des deux parents, voire même dans certains cas les deux, de devoir abandonner son travail pour s’adonner complètement à l’éducation de son enfant autiste, ce qui provoque de continuelles galères.

Que faire alors lorsque les seules solutions de prise en charge se trouvent inaccessibles ou même inadaptées ?

La détresse de ces parents ne cesse en tout cas d’augmenter avec le temps vu les niveaux de difficultés auxquels ils sont confrontés, tant sur le plan financier que social. Si la prise en charge a posteriori de la détection de la maladie est non concluante à ce jour, ne faudrait-il pas s’intéresser plutôt aux stades beaucoup plus précoces de la pathologie ?

Une diminution des symptômes de l’autisme enfin démontrée scientifiquement !

C’est ce qu’a entrepris une équipe de psychiatres de l’Université de Manchester, de Newcastle et du King’s College of London qui a travaillé sur cette problématique concernant la prise en charge des enfants autistes, et ce, depuis 2006.

L’étude expérimentale a été précisément conduite sur une population de 121 enfants autistes âgés de 2 à 4 ans (répartis en deux groupes : un groupe contrôle bénéficiant d’une prise en charge classique et un groupe expérimental tirant parti de l’autre type d’intervention, dite PACT (Preschool Autism Communication Trial).

Après un suivi mené pendant six longues années, les résultats ont affiché des scores très encourageants sur les symptômes de ces enfants autistes (évaluation effectuée en faisant appel à des scores internationaux des symptômes (ADOS CSS, Standardized Autism Diagnostic Observation Schedule Scores) qui évaluent à la fois la communication sociale et les comportements répétitifs et restreints, sur une échelle de 1 à 10).

L’expérimentation consistait à renforcer l’implication des parents à des stades très précoces de la maladie, en les aidant, d’une part, à interagir avec leur(s) enfant(s) et, d’autre part, à développer des comportements beaucoup plus adaptés qu’ils ne l’étaient auparavant.

Désormais, grâce à ces chercheurs britanniques, il est possible d’agir, pour la première fois, sur la gravité des symptômes de l’autisme, même plusieurs années après ce type d’intervention précoce, qui engage les parents.

Même si toutes les difficultés de prise en charge des enfants ne sont pas entièrement résolues, cette diminution à long terme des troubles pourrait apporter un certain soulagement aux familles de plus en plus désemparées. Par ailleurs, à l’heure actuelle, il est très rare d’obtenir des données à long terme comme celles présentées ci-dessus et qui font appel à autant d’enfants autistes expérimentés. Les recherches sur les troubles autistiques continuent d’avancer sur de belles perspectives….

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Autisme : impliquer tôt les parents améliore les troubles des enfants. JIM. Dr Martine Perez. Le 27 octobre 2016.
– Autisme. INSERM. Pr Catherine Barthélémy. – Consulté le 30 mai 2017.
– Association Vaincre l’autisme – Avec vous on peut en guérir. Vaincre l’autisme. – Consulté le 30 mai 2017.

Lucie B.
Biologiste spécialisée en E-santé
Passionnée par l’univers des Neurosciences.
Possède un goût prononcé pour l’architecture d’intérieur et les nouvelles technologies.
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