Cancer colorectal : les femmes sont-elles autant à risque que les hommes ?

Par |Publié le : 9 mars 2026|Dernière mise à jour : 9 mars 2026|5 min de lecture|

Le cancer colorectal reste souvent perçu comme un cancer “plutôt masculin”. Pourtant, avec près de 47 500 nouveaux cas et 17 000 décès chaque année en France, il concerne largement les femmes. Deuxième cancer le plus fréquent chez elles, il nécessite la même vigilance, notamment à partir de 50 ans.

cancer colorectal femmes

Le cancer colorectal touche les femmes comme les hommes. Les hommes sont légèrement plus concernés, mais les femmes représentent chaque année une part importante des nouveaux diagnostics, avec près de 22 000 cas par an. Le risque augmente nettement avec l’âge, ce qui explique la mise en place d’un dépistage organisé à partir de 50 ans.

Dans la majorité des cas, le cancer colorectal se développe à partir de polypes, des lésions bénignes qui apparaissent sur la paroi du côlon et qui peuvent évoluer progressivement.

Les femmes sont bien concernées

« Il touche de manière indifférenciée les hommes et les femmes », rappelle le Dr Johann Dreanic, gastroentérologue et membre de la commission Prévention et dépistage des cancers de la Société Française d’Endoscopie Digestive (SFED).

Chez la femme, le risque est « très légèrement inférieur » à celui de l’homme, notamment en raison de facteurs hormonaux avant la ménopause. Mais cette différence reste faible et ne justifie aucune baisse de vigilance.

Le spécialiste précise également que « le type de tumeur est identique chez l’homme et la femme », mais que « la localisation est plus souvent à droite chez la femme ». Cette particularité peut parfois rendre le diagnostic plus tardif, car les symptômes sont moins évidents.

Parmi les facteurs de risque, il cite notamment « le tabagisme, la sédentarité et le surpoids ». L’âge reste toutefois le principal facteur.

Le dépistage : un outil clé, encore sous-utilisé

Le dépistage organisé repose sur un test immunologique à réaliser à domicile tous les deux ans, entre 50 et 74 ans. Il consiste à rechercher « l’hémoglobine dans les selles à partir d’un prélèvement de matière fécale ».

Malgré sa simplicité, la participation reste insuffisante. « Le taux de participation en France est d’environ 35 %, contre 45 % dans les standards européens », souligne le Dr Dreanic.

Un test positif ne signifie pas qu’il y a un cancer. « La coloscopie n’est pas systématique », rappelle-t-il. Elle est indiquée en cas de positivité du test ou de symptômes digestifs d’alarme.

Parmi les signes qui doivent alerter : « des rectorragies (saignements par l’anus), un amaigrissement inexpliqué, des douleurs abdominales ou des troubles du transit ».

Dans certaines situations, comme des « antécédents personnels ou familiaux de polypes ou de cancer colorectal », ou en cas de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, une surveillance spécifique peut être mise en place.

Une coloscopie plus confortable qu’avant

La coloscopie est souvent redoutée, mais les pratiques ont évolué. « Il s’agit désormais d’un examen simple, facile et beaucoup plus confortable », explique le spécialiste. Elle se déroule « lors d’une très courte hospitalisation en ambulatoire, sur une demi-journée », sous anesthésie courte. La préparation a également été améliorée : « régime sans fibres très court (24 à 48 heures) » et « préparations coliques à très faible volume en prise fractionnée ».

Autre progrès technique : « l’insufflation au CO₂, plus vite absorbé », qui limite l’inconfort après l’examen. « La coloscopie est l’examen de référence pour détecter les polypes », rappelle le Dr Dreanic. Elle permet non seulement d’identifier un cancer, mais aussi de prévenir son apparition en retirant les lésions précancéreuses.

Peut-on éviter la chirurgie ?

Les progrès en endoscopie ont profondément transformé la prise en charge. Selon la taille du polype, différentes techniques sont aujourd’hui possibles…
« En 2026, la majorité des lésions coliques peuvent être traitées de manière curative sans avoir recours à la chirurgie », indique le gastroentérologue.
Plusieurs approches sont proposées selon la taille du polype, avec « un excellent profil de sécurité et un très faible taux de récidive ». Pour certaines lésions plus volumineuses, « une technique de dissection sous-muqueuse permet de retirer, quelle que soit la taille, une lésion non infiltrante et d’éviter une chirurgie plus lourde ».

La dissection sous-muqueuse est une technique endoscopique avancée qui consiste à retirer la lésion en profondeur, directement par voie naturelle, sans ouvrir l’abdomen. Une lésion dite « non infiltrante » signifie que la tumeur ne s’est pas encore propagée en profondeur dans la paroi digestive ou vers d’autres organes.

L’intelligence artificielle est également utilisée : elle « peut aider l’œil du médecin par une détection assistée » et « signaler en temps réel les polypes à l’écran ».

Un bénéfice supérieur aux risques

La coloscopie présente « un taux de complications très faible ». Il peut exister « de rares cas de perforation ou d’hémorragie », principalement après le retrait d’un polype, mais ces situations sont le plus souvent traitées pendant l’examen.

« Dans tous les cas, le risque de laisser se développer un polype colique se transformant en cancer est bien supérieur au risque de la coloscopie elle-même », insiste le Dr Dreanic.

Lorsqu’il est détecté précocement, le cancer colorectal « guérit dans près de 9 cas sur 10 », avec « un taux de survie à 5 ans proche de 90 % ».

Pour les femmes comme pour les hommes, le message reste clair : le dépistage permet d’agir avant que la maladie ne progresse. Un geste simple, répété tous les deux ans, peut réellement changer le pronostic.

Peggy Cardin-Changizi

Méta description : Cancer colorectal : les femmes sont-elles autant à risque que les hommes ? Dépistage, symptômes, coloscopie… ce qu’il faut savoir à partir de 50 ans.

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Peggy Cardin
Peggy Cardin
Journaliste spécialisée en santé
Peggy Cardin-Changizi Journaliste spécialisée en santé depuis plus de vingt ans. Elle traite des sujets de prévention, de santé publique et de médecine au quotidien, avec pour objectif de rendre l'information médicale claire, fiable et accessible à tous. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.