Canicules et fortes chaleurs : quels sont les bons réflexes pour protéger les enfants, adultes et personnes fragiles ?
32°C à Paris, 33°C à Brest, 36°C à Bordeaux et Toulouse… depuis le 21 mai, la France traverse un épisode de chaleur inédit et exceptionnel pour ce cinquième mois de l’année. Les maximales atteignent des niveaux très élevés, de 10 à 15 degrés, voire plus, au-dessus des moyennes rencontrées habituellement en mai. Comment se protéger de ces fortes chaleurs ?

Chaleur excessive : quels effets directs sur la santé ?
Se protéger de la chaleur est essentiel, car les hautes températures ont un effet immédiat sur l’organisme. Dès la survenue d’une alerte jaune de vigilance météorologique, des conséquences sur la santé peuvent être observées.
L’organisme active des mécanismes de thermorégulation (transpiration, augmentation du débit sanguin au niveau de la peau) pour maintenir une température corporelle interne stable ; de l’ordre de 37°C.
Quand ces phénomènes de régulation sont dépassés, plusieurs symptômes peuvent apparaitre.
Les principaux symptômes liés à une exposition excessive à la chaleur sont les maux de tête, la fatigue, les nausées, les crampes, la déshydratation et l’insolation (appelée aussi hyperthermie).
Le risque le plus grave, et tant redouté, est le coup de chaleur. Dans ce contexte, la température corporelle interne est égale ou supérieure à 40°C avec l’apparition de défaillance de certains organes, pouvant entrainer le décès. C’est une urgence médicale et il faut appeler le SAMU en composant le 15 ou le 112.
En période de fortes chaleurs et canicules, les personnes les plus à risque sont les personnes fragiles (personnes âgées, enfants en bas âge, femmes enceintes et personnes souffrant de maladies chroniques ou encore personnes en situation de handicap), et les personnes surexposées comme les travailleurs en extérieur réalisant une activité physique soutenue (maraichers et professionnels du bâtiment par exemple), les personnes sans abri ou encore les sportifs.
Enfin, même s’il est moins connu par le grand public, le risque d’hyponatrémie est aussi aggravé par la chaleur. C’est une diminution du taux de sel (taux de sodium plus précisément) dans le sang. Cette complication, provoquée par une consommation excessive d’eau par rapport au sel ou par une perte importante de sodium liée à la transpiration, touche particulièrement les personnes âgées, les individus souffrant de maladies chroniques ainsi que certains patients sous traitement médicamenteux.
Les personnes âgées et celles prenant des traitements médicamenteux sont plus fragiles face aux températures en hausse, car la chaleur peut modifier les effets de certains traitements et aggraver le risque de déshydratation.
Pour les nourrissons et enfants, la protection contre les fortes chaleurs est également cruciale. La chaleur les expose rapidement à un risque de déshydratation qui peut devenir grave.
Certains signes cliniques doivent alerter chez l’enfant comme :
– Forte fièvre ;
– Bouche sèche, yeux creux et pupilles dilatées ;
– Pouls rapide ;
– Somnolence anormale ;
– Hyperexcitabilité et perte de conscience.
Si vous repérez l’un de ces symptômes chez un enfant, appelez votre médecin de famille ou le centre 15 (SAMU) en cas d’urgence.
Les bons réflexes à adopter dans la population générale
Pour éviter que tous ces effets de la chaleur sur votre organisme ne surviennent, il est indispensable de se protéger.
Les premiers symptômes, même quelques fois supportables (comme un épisode de fatigue ou un mal de tête), ne doivent pas être banalisés. Les instances sanitaires insistent fortement sur la nécessité de prévenir la survenue d’éventuels symptômes liés aux chaleurs excessives.
Pendant la canicule ou une période de fortes chaleurs, il est nécessaire de :
- Boire régulièrement de l’eau ;
- Mouiller son corps (linge mouillé, brumisateur ou douches) et se ventiler ;
- Manger de manière équilibrée et en quantité suffisante ;
- Éviter les efforts physiques et sportifs ;
- Ne pas sortir aux heures les plus chaudes de la journée ;
- Porter vêtements légers et chapeaux à l’extérieur ;
- Ne pas boire d’alcool ;
- Maintenir son habitation ou son lieu de travail (si possible) au frais en fermant les volets et fenêtres le jour, et en aérant la nuit ou au matin si les températures sont inférieures à celles de la journée ;
- Passer du temps dans un endroit frais et climatisé si possible (cinéma, bibliothèque, galeries commerciales …) ;
- Donner et prendre des nouvelles de ses proches ;
- En cas de malaise ou de troubles du comportement, appelez un médecin.
Pour être proactif, n’hésitez pas à consulter les recommandations en cas d’épisode de forte chaleur. Si la situation météorologique nationale l’exige, le ministère chargé de la Santé peut activer une plateforme téléphonique d’information « Canicule ».
Lorsque celle-ci est activée, n’hésitez pas à téléphoner pour obtenir toutes les réponses à vos questions concernant la vague de chaleur en cours. Les personnels de mairies sont aussi des interlocuteurs privilégiés en période de fortes chaleurs ou canicules.
Recommandations pour les populations les plus sensibles à la chaleur
Des précautions particulières doivent être mises en place pour les individus les plus fragiles, comme les nourrissons, les enfants, les personnes atteintes de pathologies et les personnes âgées.
Pour les nourrissons et les jeunes enfants, le risque de déshydratation est rapidement amplifié par la chaleur. Il est donc essentiel de :
- Ne jamais laisser seuls les enfants dans un endroit surchauffé (comme dans une voiture) et une pièce mal ventilée, même pour une courte durée ;
- Les installer dans une ambiance fraîche et ventilée ;
- Laisser les bébés en simple couche et les jeunes enfants en sous-vêtements, surtout pendant la sieste ;
- Réaliser des bains d’eau tiède dans la journée ou des rafraichissements avec un gant mouillé ;
- Éviter de les faire sortir aux heures chaudes de la journée ;
- Proposer régulièrement de l’eau à boire et des aliments riches en eau (yaourt, pastèque, fraises, melon, tomate, concombre) ;
- Pour les enfants nourris au lait maternel, proposez le sein aussi souvent qu’il le demande et pour ceux nourris au lait infantile ou avec une alimentation diversifiée, proposer de l’eau régulièrement le jour et la nuit ;
- Être particulièrement attentif aux enfants ayant des problèmes de santé et/ou prenant régulièrement un traitement médicamenteux. Renseignez-vous auprès de votre médecin ou de votre pharmacien sur les précautions à prendre ;
- Appeler sans tarder un médecin en cas de fièvre ou de modification du comportement de l’enfant.
Pour les personnes âgées, il est très important qu’elles se protègent aussi au maximum de la chaleur. Il est recommandé de :
- Passer plusieurs heures par jour dans un endroit frais ou climatisé et éviter les sorties aux heures le plus chaudes de la journée ;
- Se mouiller régulièrement le visage et le corps pour abaisser leur température corporelle (application d’un gant humide ou vaporisation d’eau) ;
- Boire suffisamment (environ 1,5 litre d’eau, c’est-à-dire la quantité d’eau qu’elles sont en mesure d’éliminer) ;
- Mangeant suffisamment (si besoin en fractionnant les repas), pour apporter les sels minéraux nécessaires à l’organisme.
Soulignons également que les premières personnes concernées par le risque d’hyponatrémie sont les personnes âgées, les personnes souffrant de maladies chroniques et les patients qui prennent certains médicaments. Dans ce contexte, ce sont donc les personnes âgées, avec plusieurs pathologies et polymédicamentées qui sont les plus exposées au risque d’hyponatrémie. Il est nécessaire de ne pas boire de l’eau seule avec excès. La prise de boissons, par petite quantité tout au long de la journée, doit être accompagnée d’une alimentation variée pour maintenir un apport de sel suffisant.
Pour certaines personnes, il peut être nécessaire d’adapter les traitements médicamenteux au moment des grandes chaleurs. Il faut donc solliciter le médecin traitant pour faire un point et décider s’il est nécessaire ou non de réévaluer les régimes alimentaires hyposodés (régimes pauvres en sel) et/ou les traitements médicamenteux en cours (en particulier les diurétiques).
– Canicule : à quoi s’attendre et comment s’adapter ?. www.adaptation-changement-climatique.gouv.fr. Consulté le 28 mai 2026.
– CANICULE Hyponatrémie : recommandations pour les populations à risque. sante.gouv.fr. Consulté le 28 mai 2026.
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