La cigarette légère, un leurre

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Rédigé par Charline D. et publié le 31 mai 2017

Moins de nicotine, moins de goudron : ce sont les promesses de la cigarette légère. Elles seraient beaucoup moins dangereuses pour la santé. En tout cas selon l’industrie du tabac, prête à tout pour continuer à vendre, sans scrupules, leur marchandise. En réalité, les cigarettes légères, lights ou extra-lights sont toutes aussi nocives pour la santé que les cigarettes classiques.

Cigarette legere

La promesse d’une cigarette légère

Bien sûr, la cigarette légère diffère un peu de la cigarette classique. Leur composition en nicotine et en goudron est plus faible, et leur filtre constitué de micropores plus efficace. Deux arguments de l’industrie du tabac qui semblent extrêmement convaincants. La réalité n’est cependant pas si simple.

La fumée des cigarettes légères est pratiquement la même que celle d’une cigarette classique. La différence responsable de l’effet « light » est en grande partie due à la présence de micropores au niveau du filtre. Ainsi, la portion de goudron et de nicotine inhalée se trouve diluée par l’air ambiant.

Un concept qui a de quoi séduire, en théorie seulement, parce qu’en réalité un fumeur n’est pas un robot qui va fumer à un rythme et une puissance constante. Il est inconsciemment à la recherche d’une dose précise de nicotine. Ce qui fait que lorsqu’il va passer à une cigarette light, il va simplement prendre des bouffées plus grandes de fumée « diluée ». C’est le phénomène de compensation, le fumeur va inhaler tout autant de goudron. La cigarette légère revient donc au final à la cigarette classique.

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Les cigarettes légères : pas si « light » pour la santé

Malgré la multitude de messages prônant un moindre impact sur la santé, les cigarettes dites « légères » ou « light » voire même « ultra-light » ne sont pas dénuées de risque. Bien au contraire même, puisque depuis l’arrivée sur le marché de ce type de cigarettes, on observe une explosion du nombre d’adénocarcinome pulmonaire.

L’adénocarcinome pulmonaire est le cancer du poumon le plus répandu. Et, tandis que la fréquence des autres types de cancer du poumon a diminué, celle de l’adénocarcinome pulmonaire représente désormais 40% des cancers liés au tabac. Depuis les années 50, ce type de tumeur pulmonaire a été multiplié par 4 chez les hommes et par 8 chez les femmes.

Une étude récemment publiée dans la revue du National Cancer Institute suggère un lien entre l’augmentation du taux d’adénocarcinome du poumon et le nombre de micropores constituants le filtre des cigarettes « light ». Selon l’un des chercheurs, la présence de ces petits trous impacterait la combustion du tabac avec pour conséquence une production plus importante de particules fines cancérigènes. Or de tels composés atteignent plus facilement les parties profondes des poumons atteintes lors des adénocarcinomes.

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Charline D., Pharmacien

Sources

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