Comment se protéger des hantavirus ?

Par |Publié le : 11 mai 2026|Dernière mise à jour : 11 mai 2026|4 min de lecture|

Une mystérieuse infection respiratoire détectée sur un navire relance les inquiétudes sanitaires. Symptômes, transmission, gestes à adopter : ce qu’il faut savoir pour limiter les risques liés aux hantavirus. 

Hantavirus

Depuis plusieurs jours, un mot jusqu’ici réservé aux spécialistes des maladies infectieuses s’invite dans l’actualité : les hantavirus. Après l’apparition d’un foyer suspect à bord du paquebot MV Hondius, au large des côtes africaines, les autorités françaises ont activé des mesures d’isolement inédites pour plusieurs passagers rapatriés en France. Ce 11 mai 2026, un premier cas positif a été confirmé sur le territoire français. Derrière cette alerte sanitaire, une question revient avec insistance : comment se protéger réellement contre ces virus transmis par les rongeurs ?

Les hantavirus restent encore largement méconnus du grand public. Pourtant, ils circulent depuis des décennies dans de nombreuses régions du monde. La description de la maladie a eu lieu la première fois dans les années 1950, lors d’une épidémie pendant la guerre de Corée. Plus de 3 000 soldats avaient développé une fièvre hémorragique avec un syndrome hépatorénal. L’identification du virus a été effectuée en 1976 par des chercheurs coréens. 

La situation actuelle : premier cas confirmé en France 

Aujourd’hui, les scientifiques recensent 38 types d’hantavirus. La plupart se transmettent uniquement de l’animal à l’humain. Une exception inquiète toutefois les autorités sanitaires : le virus Andes, identifié dans le foyer actuel du MV Hondius. Cette souche, présente historiquement en Argentine, est la seule connue capable de se transmettre d’un être humain à un autre, même si ce phénomène demeure rare.

Le 2 mai, l’OMS alerte sur l’existence d’un potentiel foyer d’infection à hantavirus et le 6 mai, les résultats de séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines révèlent que le virus identifié est une souche d’hantavirus de types Andes parmi les passagers du navire. Le bilan provisoire fait état de trois morts confirmés, six cas positifs et plusieurs cas suspects.

Parmi les 112 passagers, cinq Français ont été évacués et rapatriés en France, en avion depuis les Canaries, ce 10 mai. Une Française a été testée positive ce lundi 11 mai et son état s’est dégradé, comme le précise Stéphanie Rist sur France Inter.  

Quarantaine pour les passagers du MV Hondius : que précise le décret publié ce 11 mai au Journal officiel ?

Face à cette situation, un décret publié ce 11 mai au Journal officiel prévoit les mesures d’isolement et de quarantaine. « Ce décret nous permet de durcir l’isolement », a expliqué Stéphanie Rist sur France Inter. Les passagers concernés « sont placés en quarantaine dans un établissement de santé pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique ». Les cinq passagers français sont actuellement hospitalisés à l’hôpital Bichat, à Paris.

Mais au-delà de cette actualité exceptionnelle, les infectiologues rappellent que le principal risque de contamination demeure environnemental. Les hantavirus sont transportés par des rongeurs infectés, généralement asymptomatiques. L’être humain se contamine surtout en inhalant des particules contaminées provenant des urines ou des excréments de ces animaux.

Les gestes essentiels pour limiter les risques 

Pour se prémunir des hantavirus, les autorités sanitaires recommandent donc plusieurs gestes simples mais essentiels. Il s’agit avant tout de réduire son exposition aux rongeurs et à leurs excrétions (urines et selles), notamment dans les environnements à risque (forêts, champs, exploitation agricole, nettoyage de vieux locaux). La transmission du virus à l’être humain s’effectue principalement par contact indirect via l’inhalation d’aérosols contaminés par les rongeurs infectés asymptomatiques (animal « réservoir ») et plus rarement par contact direct ou morsure. 

La vigilance est d’autant plus importante qu’il n’existe pas de traitement spécifique ni de vaccin validé contre les hantavirus. La prise en charge repose donc essentiellement sur l’apaisement des symptômes (limiter la réaction inflammatoire excessive déclenchée par l’infection). Dans les formes les plus sévères, les patients doivent être hospitalisés, souvent en unité de soins intensifs.

Des pistes vaccinales existent néanmoins. Parmi les approches déjà testées, les vaccins inactivés, comme Hantavax® développé en Corée du Sud et en Chine, ont montré une réduction de l’incidence. Cependant, leur efficacité diminue avec le temps, ce qui nécessite des rappels réguliers, et ils ne protègent pas contre tous les types d’hantavirus. Plusieurs autres stratégies vaccinales sont actuellement à l’étude. Même si les résultats sont encourageants, ils doivent encore être confirmés chez l’humain à grande échelle.

Chez les humains, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité très variable, parfois mortelles. Après une phase d’incubation pouvant aller d’une à six semaines (en moyenne deux), les premiers symptômes (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires) évoquent le plus souvent ceux d’une grippe. Les personnes contaminées peuvent également développer une toux et avoir une respiration plus difficile, entre un et cinq jours après le début des symptômes.

Sources
– Hantavirus. ANRS MIE INSERM.. anrs.fr. Consulté le 11 mai 2026.
– Hantavirus : la France est suffisamment équipée en masques et en tests, affirme la ministre de la Santé, après la confirmation d'un premier cas dans l'Hexagone. France Info.. www.franceinfo.fr. Consulté le 11 mai 2026.

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Julie P.
Journaliste scientifique
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