Covid 19 : zoom sur le variant « Cigale »
Depuis son apparition en 2019, le coronavirus mute en permanence. Parmi les sous-variants récemment identifiés, BA.3.2, surnommé « cigale », retient l’attention des autorités sanitaires mondiales depuis fin 2024. Détecté dans au moins 23 pays, il présente un profil génétique inhabituel et suscite des questions sur l’efficacité des vaccins actuels. Pourquoi ce variant est-il surveillé de près ? Qu’est-ce qui le distingue des précédents ? Quels risques représente-t-il réellement ? Voici ce que les dernières données scientifiques permettent d’établir.

Variant cigale du Covid 19 : qui est vraiment BA.3.2 ?
Le variant « cigale » tire son nom de l’insecte qui vit sous terre pendant des années avant d’émerger en masse. En effet, BA.3.2 est un sous-variant descendant du coronavirus Omicron BA.3, qui avait brièvement circulé fin 2021 avant de disparaître. Sa première détection remonte au 22 novembre 2024, en Afrique du Sud.
Sa diffusion a d’abord été lente, avant de s’accélérer à partir de septembre 2025. Selon le rapport du CDC publié en mars 2026, BA.3.2 avait été signalé dans au moins 23 pays à cette date, dont plusieurs États européens, le Japon, l’Australie et les États-Unis.
Ce qui distingue surtout BA.3.2, c’est son profil génétique. Sa protéine Spike, la partie du virus que ciblent les vaccins, a beaucoup plus muté que celle des variants récents. Le virus a suffisamment changé pour que les défenses immunitaires, acquises par vaccination ou infection antérieure, le reconnaissent moins bien.
Pour autant, les symptômes qu’il provoque restent les mêmes que pour les autres formes de Covid-19 : toux, fièvre, maux de gorge, congestion nasale, et parfois des troubles digestifs.
Les eaux usées au cœur de la surveillance du Covid 19
Les chercheurs estiment que BA.3 aurait continué à circuler discrètement chez des personnes immunodéprimées, accumulant progressivement des mutations, avant de réémerger sous cette nouvelle forme. C’est précisément ce type de circulation silencieuse que les outils de surveillance modernes cherchent aujourd’hui à détecter le plus tôt possible.
La surveillance des eaux usées s’est révélée particulièrement efficace aux États-Unis. Le variant cigale a été repéré dans les réseaux d’assainissement de 29 États, parfois jusqu’à six semaines avant les premiers cas cliniques confirmés. Cette méthode constitue un système d’alerte précoce essentiel, à l’heure où les tests individuels et le séquençage génomique ont considérablement diminué depuis 2023.
Les données disponibles suggèrent par ailleurs que BA.3.2 toucherait proportionnellement davantage les enfants que les variants récents. Cette observation reste préliminaire et les effectifs analysés sont encore limités. Elle s’expliquerait par une immunité plus faible chez les plus jeunes, moins exposés au virus au fil des années.
Variant cigale du Covid 19 : faut-il s’inquiéter ?
BA.3.2 ne provoque pas, à ce stade, de formes plus graves que les variants précédents. Sa progression reste modérée par rapport aux souches dominantes en circulation.
La principale interrogation des scientifiques porte sur les vaccins actuels. Une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases montre que le vaccin ARNm de la saison 2025-2026 offre une efficacité plus faible contre BA.3.2. Les vaccins conservent néanmoins une protection partielle, notamment contre les formes graves. En pratique, les recommandations restent celles en vigueur : maintenir la vaccination à jour pour les personnes à risque, aérer les espaces clos et respecter les gestes barrières en cas de symptômes.
BA.3.2 illustre la capacité du coronavirus à évoluer de façon imprévisible. Son profil génétique inhabituel et les questions qu’il soulève sur l’efficacité vaccinale justifient une surveillance soutenue. Les autorités sanitaires suivront son évolution dans les prochains mois, notamment pour déterminer si une adaptation des vaccins s’avère nécessaire.
– The Lancet Infectious Diseases, Effects of LP.8.1-adapted mRNA vaccination on SARS-CoV-2 variant neutralisation. Happle C. et al. Lancet Infectious Diseases, janvier 2026. . . Consulté le 28 avril 2026.
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