Déjà le retour des tiques ? Zoom sur la maladie de Lyme
Avec le retour du printemps et les premières températures douces, les tiques reprennent leur activité. En France, la maladie de Lyme transmise par ces parasites, touche en moyenne 40 000 personnes par an. Quels sont les symptômes à connaître ? Comment se protéger efficacement ? Et que faire en cas de piqûre ? Voici ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que la maladie de Lyme ?
La maladie de Lyme, aussi appelée borréliose de Lyme, est une infection bactérienne transmise par la piqûre d’une tique infectée par la bactérie Borrelia burgdorferi. En France, l’espèce de tique la plus impliquée est Ixodes ricinus, très présente dans les milieux boisés et humides. Elle devient active dès que les températures dépassent 7 °C, ce qui signifie que la saison des piqûres peut débuter dès le début le printemps.
Depuis 2009, l’estimation du nombre de cas de borréliose de Lyme diagnostiqués en médecine générale en France a fluctué entre 25 000 et 68 530 cas par an. Les régions les plus touchées sont l’Est et le Centre du pays.
La maladie évolue en plusieurs stades :
- Au stade précoce localisé, le signe le plus caractéristique est l’érythème migrant, une plaque rouge qui apparaît autour du point de piqûre dans les 3 à 30 jours suivants et s’étend progressivement. Habituellement, elle ne provoque pas de démangeaison. Ce symptôme n’est cependant pas toujours visible ou identifié.
- Au stade précoce disséminé, dans les semaines suivant la piqûre, d’autres manifestations peuvent apparaître : fatigue, douleurs articulaires, atteintes neurologiques (paralysie faciale, méningite) ou cardiaques.
- Au stade tardif, en l’absence de traitement, la maladie peut provoquer des troubles articulaires, neurologiques ou cognitifs persistants, parfois invalidants.
Diagnostiquée tôt, la maladie de Lyme se traite efficacement par antibiotiques. Il n’existe pas de vaccin contre la borréliose de Lyme en France, ce qui rend la prévention d’autant plus essentielle.
Au retour des tiques, comment se protéger de la maladie de Lyme ?
Les tiques vivent dans la végétation basse, les herbes hautes, les feuilles mortes et les sous-bois. Elles s’accrochent au passage d’un animal ou d’une personne et cherchent un endroit sur la peau pour se nourrir. Une promenade en forêt ou des travaux de jardinage suffisent à s’exposer.
La prévention repose sur quelques gestes simples :
- Porter des vêtements longs et couvrants : manches longues, pantalon rentré dans les chaussettes, chaussures fermées ;
- Privilégier des vêtements de couleur claire pour repérer plus facilement les tiques ;
- Appliquer un répulsif cutané sur les parties découvertes — les produits à base de DEET ou d’IR3535 sont recommandés (avec précautions chez la femme enceinte et le jeune enfant) ;
- Rester sur les sentiers balisés et éviter les broussailles et hautes herbes ;
Inspecter soigneusement tout le corps au retour d’une sortie, en insistant sur les zones où la peau est fine : aisselles, plis du genou, aine, nombril, nuque, cuir chevelu. Renouveler l’examen le lendemain, car les tiques gorgées de sang sont plus visibles.
L’anaplasmose, due à la bactérie Anaplasma phagocytophilum, provoque fièvre, fatigue et douleurs musculaires ;
Les rickettsioses, dont la fièvre boutonneuse méditerranéenne, se manifestent par de la fièvre, une tache noire au point de piqûre et une éruption cutanée ;
L’encéphalite à tiques, infection virale qui peut provoquer une inflammation du cerveau. Un vaccin existe contre cette maladie.
Dans certains cas rares, une même tique peut transporter plusieurs agents pathogènes simultanément.
Que faire en cas de piqûre de tique ?
Retirer la tique rapidement et correctement
Le retrait doit être effectué le plus tôt possible. Le risque de transmission de la bactérie Borrelia augmente avec la durée d’attachement de la tique. La méthode recommandée par la HAS est l’utilisation d’un tire-tique, disponible en pharmacie.
La technique est simple : glisser le crochet sous la tique au plus près de la peau, puis effectuer un mouvement de rotation-traction perpendiculaire à la peau pour retirer l’ensemble de la tique sans écraser ni arracher la tête. Il ne faut pas appliquer d’alcool, d’éther ou tout autre produit avant le retrait, car cela risque de provoquer une régurgitation et augmente le risque de transmission. Après le retrait, désinfecter la zone avec un antiseptique et se laver les mains.
Surveiller la zone de piqûre pendant un mois
Une petite rougeur peut apparaître dans les 24 premières heures. C’est une réaction normale à la salive de la tique. En revanche, si une plaque rouge s’étend progressivement autour du point de piqûre dans les 3 à 30 jours suivants, une consultation médicale est nécessaire sans délai. Il est conseillé de photographier et mesurer la lésion régulièrement pour en suivre l’évolution.
Quand consulter un médecin ?
Une consultation s’impose dans les situations suivantes :
- Apparition d’un érythème migrant (plaque rouge qui s’étend, sans démangeaison) ;
- Survenue de symptômes inhabituels dans les semaines suivant la piqûre : fièvre, fatigue inexpliquée, douleurs articulaires, troubles neurologiques ;
- La tique est restée fixée plus de 36 heures ou n’a pas pu être retirée entièrement ;
- La personne piquée est enceinte, immunodéprimée ou il s’agit d’un enfant de moins de 8 ans.
Des autotests de détection de la maladie de Lyme sont disponibles en vente libre, mais leur fiabilité n’est pas établie et ils ne sont pas recommandés par les autorités sanitaires. Seul un médecin peut poser un diagnostic fiable, notamment en s’appuyant sur les symptômes cliniques et, si nécessaire, une sérologie. C’est lui qui décidera de l’opportunité d’un traitement antibiotique.
La maladie de Lyme est une infection sérieuse, mais évitable. Détectée tôt, elle se traite bien. La prévention, vêtements adaptés, répulsifs, inspection du corps, reste le premier rempart. En cas de piqûre, retirer rapidement la tique et surveiller attentivement la zone pendant plusieurs semaines sont les deux réflexes essentiels à adopter.
– Haute Autorité de Santé, Prévention des maladies vectorielles à tiques (MVT). www.has-sante.fr. Consulté le 17 mars 2026.
– Santé publique France, Borréliose de Lyme et prévention des piqûres de tiques : où en est-on en France ?. www.santepubliquefrance.fr. Consulté le 17 mars 2026.
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