Diclofénac : un anti-inflammatoire non stéroïdien présentant des risques pour le coeur

Oct 2, 2018 par

Le diclofénac est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) prescrit le plus souvent pour des douleurs rhumatismales ou liées à un traumatisme. Retrouvée notamment dans le Voltarène, cette molécule n’est pas sans danger pour notre coeur. A la lumière d’une étude clinique réalisée récemment au Danemark, l’ANSM (Agence Natonale de sécurité du médicament et des produits de santé) rappelle les règles de bon usage de cet AINS.

une femme se tient les mains sur le coeur, diclofénac risques cardiaques

Diclofénac : Nouvelles mises en garde de l’ANSM

En France, les médicaments contenant du diclofénac sont disponibles seulement sur ordonnance et se présentent sous différentes formes : comprimés, gélules, suppositoires ou solutions injectables.

La molécule est le plus souvent prescrite, chez l’adulte, en cas de rhumatismes inflammatoires chroniques (polyarthrite rhumatoïde) et de certaines arthroses invalidantes. Pour les traitements de courtes durées, il peut soulager les douleurs aiguës d’arthrose, d’arthrites et de tendinites, des lombalgies ou encore, des sciatiques.

En prenant connaissance d’une nouvelle étude réalisée récemment au Danemark, l’ANSM rappelle aux médecins l’importance de respecter l’AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) des médicaments contenant du diclofénac.

À savoir ! Un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) est un médicament qui bloque la formation des prostaglandines, les substances responsables de l’inflammation.

Pour les patients, l’agence sanitaire rappelle qu’il ne faut pas ” utiliser de médicaments contenant du diclofénac en dehors de toute prescription médicale “.

Cependant, le risque cardiovasculaire des AINS est déjà bien connu et a fait l’objet d’évaluations européennes successives entre 2005 et 2012 qui ont abouti à un changement des Résumés des caractéristiques du produit (RCP) et de leurs notices.

En 2012, une étude approfondie par les autorités européennes sur le diclofénac avait montré que cette molécule devait être :

  • Contre-indiquée pour les individus atteints de maladies cardiovasculaires (insuffisance cardiaque congestive avérée, cardiopathie ischémique, artériopathie périphérique et/ou maladie vasculaire cérébrale) ;
  • Prescrite à des patients seulement si leurs risques cardiovasculaires avaient bien été pris en compte ;
  • Prescrite à des doses les plus faibles possible pendant les durées les plus courtes.

L’étude danoise à l’origine de cette recommandation

Les scientifiques danois ont passé en revue 252 études cliniques portant sur le diclofénac et réalisées entre 1996 et 2016.

Ils ont analysé les risques liés à son utilisation mais ils ont aussi comparé son efficacité à d’autres antidouleurs comme le paracétamol et l’ibuprofène.

À savoir ! Le paracétamol est un antalgique efficace contre les douleurs et la fièvre. c’est l’antalgique le plus utilisé en France. L’ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). Il lutte contre l’inflammation et la douleur, fait baisser la fièvre et fluidifie le sang.

Conclusion à retenir : le diclofénac est associé à un risque augmenté de troubles cardiaques.

Et ceci, même dans le cas d’un traitement à faible dose sur une courte période (30 jours).

Plus précisément, un patient qui prend un médicament à base de diclofénac a :

  • 20 % plus de risques de faire un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’avoir de l’arythmie comparativement à un patient prenant du paracétamol ou de l’ibuprofène ;
  • 50 % plus de risque de voir survenir ces troubles cardiaques par rapport aux personnes qui ne suivent aucun traitement.

Par ailleurs, les chercheurs ont mis en évidence que le diclofénac augmente le risque d’hémorragie gastro-intestinale d’un facteur 4,5 par rapport aux personnes ne prenant pas de médicament et de 2,5 par rapport à ceux prenant de l’ibuprofène ou du paracétamol.

Enfin, les chercheurs concluent que “Compte tenu de ses risques cardiovasculaires et gastro-intestinaux, il est peu justifié d’initier un traitement par le diclofénac avant d’autres AINS traditionnel et de surtout ne pas utiliser cette molécule en automédication”.

Une nouvelle évaluation des données de sécurité du diclofénac sera conduite en début d’année 2019 au niveau européen. En attendant, restez vigilant !

Julie P., Journaliste scientifique

– Rappel du bon usage du diclofenac après la publication d’une nouvelle étude relative au risque cardiovasculaire .ANSM. Consulté le 1er octobre 2018.
– Diclofenac use and cardiovascular risks: series of nationwide cohort studies. BMJ. M Schmidt et al. Consulté le 1er octobre 2018.
Julie P.
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