DMLA atrophique : L’espoir d’une nouvelle molécule thérapeutique ?
La dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) désigne une maladie particulièrement invalidante qui touche jusqu’à 30 % des personnes âgées de plus de 75 ans et qui peut conduire à la cécité. A ce jour, l’évolution de cette maladie sous sa forme « sèche » (dite atrophique) ne peut pas être ralentie. Et s’il était désormais envisageable de traiter la DMLA atrophique en identifiant une nouvelle cible thérapeutique ? C’est ce que suggèrent des chercheurs français qui se sont intéressés au fer en excès dans la rétine des patients. On fait le point.

DMLA atrophique : une maladie sans aucun traitement
Conduisant à la destruction progressive du centre de la rétine et à la perte de la vision centrale, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) désigne une pathologie liée à l’âge et qui existe sous deux formes :
- Une forme « humide », d’évolution rapide, avec développement anormal de vaisseaux sanguins dans la macula.
- Une forme « sèche » (ou atrophique) d’évolution lente, avec amincissement anormal de la macula et disparition progressive des cellules spécialisées équipées de photorécepteurs.
A ce jour, seule la forme « humide » peut être contrôlée. Mais aucun traitement ne permet encore de ralentir la progression de la maladie dans sa forme dite « sèche ».
Des études antérieures ayant démontré un excès de fer dans les rétines des patients atteints de DMLA, des chercheurs français de l’Inserm ont souhaité vérifier s’il existait un lien avec la maladie et si le fer pouvait constituer une nouvelle cible thérapeutique.
Excès de fer dans les yeux des patients atteints de DMLA atrophique
Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques ont exploité des échantillons d’humeur aqueuse (un liquide présent en avant de l’œil) de patients atteints de DMLA et ayant subi une opération de la cataracte à l’Institut Cochin. Après analyse de ces échantillons, les chercheurs ont pu observer :
- Des taux de fer supérieurs à la normale, avec notamment une concentration très élevée au stade précoce de la maladie.
- Une saturation en fer des molécules de transferrine présentes dans l’humeur aqueuse, les rendant incapables de capturer des molécules de fer libres.
Forts de ces constats, les chercheurs ont suggéré qu’il existait un déséquilibre dans le métabolisme du fer au sein de la rétine des personnes atteintes de DMLA, avec risque de ferroptose (mort des cellules).
Bien qu’ils ne soient pas encore en mesure d’expliquer les raisons pour lesquelles le fer se retrouve en excès dans la rétine des patients atteints de DMLA, les chercheurs l’ont considéré comme une nouvelle cible thérapeutique potentielle.
Pour vérifier cette hypothèse, ils ont donc eu l’idée d’étudier l’impact d’un ajout de transferrine dans des cellules humaines rétiniennes en culture soumises à un excès de fer. Ils ont ainsi pu observer que l’ajout de transferrine bloquait le processus de ferroptose et protégeait les cellules rétiniennes des dommages inflammatoires.
L’espoir d’une nouvelle molécule thérapeutique ?
Dès lors, la transferrine présenterait-elle un intérêt dans le traitement de la DMLA ? C’est ce que semble penser l’équipe de chercheurs puisque deux brevets ont déjà été déposés et qu’un médicament de thérapie génique est en cours de développement. L’objectif d’un tel traitement ? Augmenter le taux de transferrine au sein des cellules rétiniennes grâce à l’incorporation dans l’œil d’un gène thérapeutique capable d’en produire.
Prochaine étape pour les chercheurs ? Conduire des essais cliniques pour confirmer l’intérêt de la transferrine comme molécule thérapeutique. Démarré en 2025, un premier essai clinique est en cours et une seconde phase sera lancée mi-2026. De quoi donner l’espoir d’un futur traitement à tous les patients souffrant de DMLA atrophique !
– Comprendre la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). www.ameli.fr. Consulté le 25 janvier 2026.
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