Greffe du pénis : des espoirs

Aug 28, 2017 par

L’amputation du pénis, qu’elle soit due à un accident ou une maladie, a des conséquences psychologiques désastreuses. La greffe de cet organe, très peu réalisée, est délicate ; les complications sont fréquentes. Une équipe sud-africaine a transplanté et suivi pendant 2 ans un jeune homme, avec une récupération fonctionnelle très satisfaisante et un bébé à la clef !

Greffe médicale du pénis

De nombreux candidats à la greffe du pénis

Le cas sud-africain rapporté par The Lancet concernait un jeune homme de 21 ans qui avait été mutilé 3 ans plus tôt à la suite d’une circoncision rituelle ayant mal tournée. Le pénis s’était gangréné et avait nécessité une amputation. Mais la greffe du pénis pourrait aussi bénéficier à tous les mutilés de guerre (ils seraient plusieurs centaines en attente) ou les malades atteints d’un cancer de la verge nécessitant un retrait de l’organe.

La greffe du pénis est une opération très technique. Réalisée à partir d’un donneur en état de mort cérébrale, elle nécessite en effet le « raccordement » de différents tissus : conduit urinaire, muqueuses, vaisseaux sanguins et peau, puis, comme pour toute transplantation, l’instauration d’un traitement antirejet que le patient devra suivre toute sa vie.

Encore très peu réalisée, elle pourrait cependant constituer un véritable espoir pour les hommes mutilés, car elle permet de récupérer la fonction sexuelle, mais aussi le fait d’uriner en position debout ; en bref, une partie non négligeable de l’identité masculine. Cette greffe demeure très rare (seulement 4 cas dans le monde). Peut-être parce que les risques semblent excéder les bénéfices attendus et parce que cette chirurgie n’est pas vitale comme peut l’être, par exemple, une transplantation cardiaque… Propos à nuancer lorsque l’on sait que le taux de suicide chez les jeunes hommes amputés du pénis peut atteindre 50%.

Des complications, mais un patient satisfait

Le jeune patient sud-africain avait été greffé fin 2014, après qu’un donneur compatible ait été trouvé.

La greffe de pénis avait duré 9 heures. Une complication de thrombose (artère bouchée) avait nécessité une ré-intervention quelques heures plus tard. Puis une nécrose cutanée avait mené à une troisième opération au bout de 8 jours.

Un lourd traitement immunosuppresseur avait été instauré tout de suite après la greffe.

A savoir ! Le traitement antirejet fait appel à des médicaments dits immunosuppresseurs car ils vont bloquer la réponse immunitaire du patient envers ce corps étranger qu’est le greffon. Affaiblissant le système immunitaire du transplanté, ils exposent à des risques d’infections et de cancers majorés.

L’hospitalisation avait duré 1 mois. Lors de la sortie, un traitement pour favoriser l’érection (tadalafil) avait été prescrit pour 3 mois et le patient avait repris rapidement une vie sexuelle.

Malgré d’autres complications telles une insuffisance rénale aiguë due à l’un des médicaments immunosuppresseurs, puis une infection à un champignon, le patient se montrait fort heureux de sa greffe puisque son score de bien-être psychologique avait doublé 6 mois après la transplantation du pénis. Quant aux médecins, ils constataient une bonne récupération fonctionnelle, que soit du point de vue de l’érection ou de l’émission d’urine.

Cette première médicale offre un formidable espoir pour de nombreux hommes en souffrance.

Isabelle V., Journaliste scientifique

– La greffe de pénis, enfin nous y sommes ! JIM. Roseline Péluchon. Le 25 août 2017.
– A propos de la greffe de pénis. France-adot. Décembre 2016.
Isabelle V.
Journaliste scientifique
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