Halte au détournement de l’isotrétinoïne à des fins esthétiques !
Ces derniers temps, les réseaux sociaux font la promotion des médicaments à base d’isotrétinoïne à des fins esthétiques. Or, ces spécialités réservées aux acnés sévères résistantes exposent l’utilisateur à des effets indésirables graves si elles sont utilisées en l’absence de contrôle médical. C’est ce que rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé dans une récente alerte. On fait le point.

Isotrétinoïne : un usage détourné à des fins esthétiques
Les patients souffrant d’acnés sévères résistantes et pour lesquels d’autres traitements n’ont pas été efficaces peuvent se voir prescrire des médicaments à base d’isotrétinoïne tels que le Roaccutane, l’Acnétrait, le Contracné, le Curacné ou encore le Procuta. Loin d’être anodines, ces spécialités sont soumises à des règles strictes de prescription et nécessitent un suivi médical personnalisé pour assurer une utilisation en toute sécurité.
Or, ces derniers temps, les réseaux sociaux font la promotion de ces médicaments anti-acnéiques en dehors de leurs indications thérapeutiques autorisées et à des fins purement esthétiques. Parmi les promesses avancées, citons un « nez plus fin ou une « peau plus nette ». Nombre de publications et de vidéos ont donc fleuri sur la toile créant un engouement sans précédent pour cette nouvelle tendance appelée « Nose with Acutane ».
Au point que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s’est vue contrainte de réagir pour expliquer que l’isotrétinoïne ne modifie en rien la forme du nez et qu’elle expose à des risques graves en l’absence de suivi médical.
Des risques avérés sans contrôle médical
Utilisée en dehors de ses indications thérapeutiques autorisées, l’isotrétinoïne peut en effet altérer la qualité de la peau (aggravation de l’acné, sécheresse importante) et surtout exposer l’utilisateur à des effets indésirables graves susceptibles de persister après la fin du traitement, même à faible dose. Parmi ces risques graves citons :
- Le risque de troubles psychiatriques avec des symptômes dépressifs et des troubles de l’humeur.
- Le risque de malformations fœtales (comme une déformation du crâne).
- Le risque d’atteinte hépatique.
- Le risque de troubles de la vision (sécheresse de l’œil, inflammation…)
- Le risque de troubles musculaires
- Le risque de troubles intestinaux.
Détournement de l’isotrétinoïne : une pratique illégale
Dans ce contexte, l’ANSM rappelle que la vente et la promotion sans autorisation de médicaments à base d’isotrétinoïne sur internet sont illégales.
L’utilisation de tels médicaments est en effet encadrée et reste strictement réservée aux indications autorisées. De plus, elle doit être réalisée sous surveillance médicale stricte. Seuls les dermatologues peuvent ainsi initier un traitement à base d’isotrétinoïne, dans le cas de formes sévères d’acné résistantes et lorsque les autres traitements n’ont pas été efficaces.
Enfin, pour les femmes en âge d’avoir des enfants, ces médicaments font l’objet d’un programme de prévention de la grossesse. La prescription initiale est accompagnée de la signature d’un accord de soins et chaque renouvellement ne peut excéder un mois.
– Mésusage de l'isotrétinoïne à des fins esthétiques : l'ANSM réagit à la promotion sur les réseaux sociaux. www.vidal.fr. Consulté le 16 avril 2026.
Cet article vous a-t-il été utile ?