Idées reçues sur le psoriasis

Oct 28, 2016 par

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Engagé dans la lutte contre les idées reçues, Santé Sur le Net a rencontré, le 25 octobre 2016, Roberte Aubert, Présidente de l’association France Psoriasis pour mieux comprendre la problématique des patients psoriasiques, et lutter contre les idées fausses véhiculées sur cette maladie.

La présidente de l’association nous confie dans une interview exclusive, l’importance de distinguer le vrai du faux !

Lutter contre les idées reçues

roberte audete présidente association france psoriasiscitation-rejet

L’un des enjeux principaux de l’association au travers de ses campagnes visant le grand public est la lutte contre les idées reçues, mission qualifiée de difficile par Roberte Aubert : « Nous avons mené des enquêtes de 2011 à 2016 sur la perception du psoriasis par le grand public, c’est très difficile, le rejet ne bouge pratiquement pas ».

Les idées reçues les plus communes persistent, notamment sur son origine « psychologique » (38%), l’idée que le psoriasis est contagieux (12%), ou lié à un manque d’hygiène ( 6%), selon un sondage IPSOS réalisé en juin 2016.

Problèmes quotidiens des psoriasiques

Le psoriasis cutané

« Les difficultés auxquelles doivent faire face les patients psoriasiques au quotidien sont nombreuses », confie la présidente de France Psoriasis, « il s’agit pour le psoriasis cutané, de peau qui se dessèche, ce qui peut être très douloureux, en particulier pour les psoriasis situés au niveau des pieds ou sur les parties génitales. Le prurit (ou démangeaisons), qui se manifeste dans 80% des cas est difficile à vivre puisque le grattage aggrave le mécanisme du psoriasis. »

Peuvent aussi être cités, selon Roberte Aubert, le fait de se vêtir, qui peut être difficile, les traitements qui peuvent être très contraignants. Aussi, en cas de psoriasis affichant (ou visible), le regard des autres a un impact, avec de possibles conséquences psychologiques, sociales, professionnelles, affectives, et ce, en particulier au moment de l’adolescence.  

Le psoriasis rhumatismal

citation retard diagnostique

« Pour le psoriasis rhumatismal, moins affichant, mais également difficile à vivre, les patients font face à une souffrance physique, en particulier en cas de destruction articulaire irréversible, et à une fatigue souvent incomprise ».

Sachant que les patients psoriasiques ont un risque de développer un rhumatisme psoriasique, dans environ 30% des cas, la sensibilisation des dermatologues représente un enjeu de premier plan : « Les dermatologues sont aujourd’hui sensibilisés à la nécessité de poser des questions sur les douleurs articulaires de leurs patients, pour s’assurer qu’ils ne sont pas en train de développer un rhumatisme psoriasique. Malheureusement nous nous sommes aperçus qu’il y avait un retard de diagnostic pour le rhumatisme psoriasique de l’ordre de 7 ans. Il s’agit de tout mettre en œuvre pour réduire cette durée, lorsque l’on sait que bon nombre de rhumatismes psoriasiques s’accompagnent de destructions articulaires irréversibles », conclut la présidente.

Ainsi, un diagnostic rapide, qui permettrait une prise en charge rapide, est un enjeu majeur, afin de limiter les séquelles, ainsi que l’évolution de la maladie.

Médecine hospitalière ou médecine de ville

Certains traitements réservés aux patients psoriasiques sévères, ne relèvent que de la médecine hospitalière, pour la 1ère prescription, fait généralement ignoré par les patients. En effet un dermatologue de ville n’offre pas forcément les mêmes réponses que l’hôpital, selon le « type » de patient : « en cas de psoriasis modéré à sévère, le dermatologue de ville peut évidemment orienter le patient vers l’hôpital pour un traitement adapté, les biothérapies efficaces pour ce type d’atteintes n’étant délivrables qu’en milieu hospitalier », explique Roberte Aubert.

Quelques conseils pour les patients, par Roberte Aubert

  • Ne pas s’imaginer être le seul à souffrir de cette maladie;
  • Ne pas culpabiliser, à cause du stress ressenti (facteur qui pourrait être déclenchant) ;
  • S’informer, pour être un meilleur interlocuteur pour son médecin et devenir acteur de sa maladie ;
  • S’assumer, ne pas se cacher, ne pas s’isoler.

Roberte Aubert, présidente de l’association France Psoriasis, conclut en indiquant aux patients de ne pas rester isolés. L’association organise d’ailleurs en ce sens des Cafés Pso à Paris et  en province, pour les psoriasiques qui désirent rencontrer d’autres patients et échanger sur le sujet.

Yasmine Z., journaliste Scientifique

Yasmine Z.
Journaliste Scientifique.
Biologiste spécialisée en Pharmacologie Clinique.
Passionnée d’écriture, elle a un tempérament créatif et un style d’aplomb.
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