L’instinct maternel inscrit dans le cerveau des mères ?

Nov 11, 2017 par

La disposition des femmes à prendre soin de leur nouveau-né est-elle innée ou acquise ? Grâce à une récente étude menée sur des mères de 11 nationalités différentes, la question semble être tranchée. Les résultats sont sans équivoque :  les cris de bébés activent des régions cérébrales spécifiques chez toutes les mamans du monde. Conséquence : elles se comportent de la même manière pour rassurer leur progéniture. Zoom sur les travaux publiés récemment dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences.

instinct maternel

Un comportement identique chez toutes les mamans pour calmer leurs bébés

Pour mener à bien ces investigations concernant le lien entre instinct maternel et prédispositions biologiques, Paola Vettuni du Département de Psychologie et de Sciences cognitives de l’université Trento en Italie s’est entourée de scientifiques internationaux spécialisés dans différents domaines. La chercheuse italienne a ainsi fait appel à des experts en biologie de l’évolution, en neuroscience et en psychologie culturelle.

Les chercheurs ont recruté 684 nouvelles mères à travers 11 pays dont l’Argentine, la Belgique, le Brésil, le Cameroun, la France, le Kenya, Israël, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud et enfin, les États-Unis.

En les observant avec leurs nourrissons âgés de 5 mois, les chercheurs se sont rendus compte que ces mères primipares ont répondu, pour la majorité, à la détresse vocale de leur enfant en les prenant dans leurs bras tout en leur parlant. Comme si ce comportement maternel visait à rétablir une double communication :   physique, d’un côté et vocale, de l’autre.

A savoir ! Une mère primipare désigne une femme accouchant pour la première fois. D’un autre côté, le terme primigeste désigne une femme qui est enceinte pour la première fois.

Ce comportement réflexe face au cri de l’enfant est-il programmé biologiquement chez les mères ?

Pour répondre à cette question, l’équipe de chercheurs a voulu voir ce qui se passait au niveau du cerveau de ces mères, en situation avec leurs bébés, grâce à l’Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle ou IRMf.

A savoir ! L’Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle (IRMf) est utilisée pour étudier in vivo l’activité d’un organe en observant l’afflux de sang oxygéné. L’IRMf est notamment très utilisée en Neurosciences, pour étudier en détail l’activité des zones cérébrales.

Les bases neurologiques de l’instinct maternel

Après avoir installé les dispositifs appropriés, les chercheurs ont observé l’activité cérébrale de mères américaines, chinoises et italiennes en situation avec leurs bébés âgés de 5 mois.

En réponse aux cris de leurs enfants, les régions cérébrales activées correspondaient à celles dédiées au mouvement et à la parole. Une autre aire du cerveau impliquée dans l’interprétation des sons se mettait également en activation quand la mère entendait les cris du bébé.

Les chercheurs ont constaté que les mères primipares tout comme celles qui avaient eu plusieurs enfants activaient des régions similaires de leur cerveau lorsque leur bébé pleurait.

Ces résultats montrent que les réactions des mères aux expressions vocales de détresse de leurs enfants dépendent de bases neurobiologiques et dépassent les frontières culturelles.

L’instinct maternel serait donc bien un comportement inné, inscrit biologiquement chez les femmes.

Pour chercheurs, ces découvertes pourraient :

  • Aider à identifier les risques de maltraitance encourus par les nourrissons ;
  • Mieux comprendre pourquoi certaines mères sont insensibles aux sollicitations de leur nouveau-né ;
  • Explorer comment ces zones cérébrales sont activées ou inactivées lors de la dépression post-partum.

Reste désormais à savoir si ces zones cérébrales sont également activées chez les pères et quels sont les facteurs qui peuvent moduler leur réactivation ou leur inactivation.

Julie P., Journaliste scientifique

– Neurobiology of culturally common maternal responses to infant cry. PNAS. MH Bornstein et al. Le 6 septembre 2017.
Julie P.

Journaliste scientifique.

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