Le multilinguisme contre le vieillissement du cerveau ?
L’allongement de l’espérance de vie implique des conséquences liées au vieillissement cérébral. Entre ralentissement global et moindres capacités de mémorisation ou de concentration, il est légitime de se demander comment retarder le plus possible le déclin cognitif lié à l’âge. Des scientifiques suggèrent que le multilinguisme pourrait être une solution. Zoom sur les conclusions de leurs recherches.

Vieillissement et déclin cognitif
L’allongement de l’espérance de vie implique des conséquences dues au vieillissement cérébral en lien avec une moindre efficacité des connexions neuronales. Les personnes âgées peuvent ainsi présenter un ralentissement cognitif, de moindres capacités de mémorisation et de concentration, des difficultés d’expression ainsi qu’une moindre capacité à gérer plusieurs tâches. Sans compter que ces effets peuvent être aggravés par la survenue de maladies neurodégénératives telles que la maladie d’Alzheimer, de Parkinson ou d’autres formes de démence.
D’où l’importance d’améliorer la cognition et la mémoire en vue de retarder le plus possible le déclin cognitif lié à l’âge. Si les techniques classiques reposent sur la pratique de mots croisés ou de casse-têtes, des chercheurs chiliens suggèrent que le multilinguisme pourrait permettre de ralentir le vieillissement du cerveau.
Le multilinguisme contre le vieillissement du cerveau ?
Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques de l’Université Adolfo Ibañez (Chili) se sont appuyés sur un sondage réalisé auprès de 86 149 personnes âgées de 51 à 95 ans et vivant dans 27 pays européens. Après analyse des données dans le cadre d’un usage quotidien de la langue et dans des contextes réels., les chercheurs ont pu faire les constats suivants :
Des effets bénéfiques plus importants chez les personnes s’immergeant complétement dans une culture et des environnements linguistiques différents. C’est le cas par exemple de personnes expatriées qui apprennent la langue de leur pays d’accueil.
Un risque de présenter des signes de vieillissement cérébral réduit de 50 % chez les personnes parlant régulièrement plus d’une langue.
De l’intérêt d’élargir ses capacités linguistiques
Récemment publiés dans la revue Nature Aging, ces résultats suggèrent donc qu’élargir ses capacités linguistiques permettrait de préserver la mémoire et la flexibilité du cerveau au cours du vieillissement. Selon les chercheurs, le multilinguisme pourrait logiquement aider à lutter contre le développement de maladies neurodégénératives.
Les auteurs de ces travaux conviennent néanmoins que d’autres études sont nécessaires pour confirmer ces conclusions dans un contexte où la démence touche plus de 55 millions de personnes à travers le monde.
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