Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

carcinome

Observation microscopique d’un carcinome rénal

Il repose sur un examen clinique révélant différents symptômes vus ci-dessus couplé à un ensemble de bilans paracliniques (biologie, imagerie, biopsie). Il est important de souligner que tous ces bilans ont pour objectif de confirmer ou non la présence de cancer et de caractériser la tumeur afin de proposer un traitement optimisé pour le patient.

Il comprend :

  • Un examen clinique : interrogatoire sur les antécédents personnels et familiaux (recherche de forme familiale), recherche de symptômes évocateurs. Ce bilan est en général normal sauf si la tumeur est suffisamment importante pour être palpée directement par le médecin.
  • L’échographie abdominale : permet le plus souvent seulement d’orienter le médecin, car c’est un examen peu sensible.
  • Un scanner abdominal ou Tomodensitométrie (TDM) : c’est l’examen de référence pour le diagnostic de cancer du rein. Du fait de sa précision, il permet d’affirmer si le patient a une masse au niveau du rein, sa localisation exacte ainsi que sa taille. Ces informations sont indispensables à la suite de la prise en charge et servent à prendre ou non, la décision d’un geste chirurgical.
  • La confirmation diagnostique se réalise le plus souvent par le biais de l’examen anatomo-pathologique (observation au microscope des cellules) de la pièce opératoire ou d’une biopsie (prélèvement d’un échantillon de tissu rénal). Il faut y ajouter des examens moléculaires pour préciser exactement de quel type de cancer du rein il s’agit.

A savoir ! Il est fondamental et essentiel de bien caractériser les cellules cancéreuses afin de pouvoir les traiter du mieux possible.

Prise en charge thérapeutique du cancer du rein

La prise en charge thérapeutique dépend du type cellulaire, de la taille, de la localisation (locale ou métastatique) de la ou les tumeurs. En fonction du grade tumoral, les médecins spécialistes élaborent un protocole en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). L’avis du RCP est ensuite soumis au patient par son médecin référent. C’est donc une concertation entre patient et médecin qui donne le « feu vert » à la prise en charge thérapeutique. Le patient valide l’avis du RCP par son consentement éclairé, il doit avoir compris les enjeux et les risques liés au protocole proposé.

Comme pour la quasi-totalité des cancers, la prise en charge comporte 3 grands axes : la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie. Ces trois types de traitements ont la spécificité de devoir être utilisés soit à visée systémique (corps entier) soit à visée locorégionale (une partie ou un organe en particulier).

La chirurgie

Lorsqu’elle est réalisable, c’est le traitement de référence du cancer du rein local. C’est-à-dire que la chirurgie est la meilleure thérapie connue. Pour le cancer du rein, la chirurgie consiste plus particulièrement en :

La néphrectomie

Elle correspond à l’ablation totale ou partielle du rein en fonction du stade et de la localisation de la tumeur. Si le cancer rénal est purement local, la prise en charge peut s’arrêter là et le patient est potentiellement guéri. Dans les formes métastatiques disséminées, la chirurgie doit être complétée par un traitement de chimiothérapie et/ou radiothérapie.

La radiothérapie

radiotherapie

La radiothérapie est un traitement locorégional utilisant des rayonnements ionisants de hautes énergies pour détruire des cellules cancéreuses.

Cette méthode thérapeutique permet de cibler très précisément une zone à traiter pour irradier la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains avoisinants.

Dans le cadre de la prise en charge du cancer du rein, la radiothérapie n’est indiquée que dans les formes disséminées et sert à traiter majoritairement les métastases non rénales.

La chimiothérapie en oncologie du rein

La chimiothérapie en oncologie comprend l’ensemble des thérapeutiques médicamenteuses agissant sur les cellules cancéreuses et ayant pour but soit de les détruire soit de limiter leurs multiplications. C’est le seul axe thérapeutique qui agit sur l’ensemble de l’organisme. Les traitements de chimiothérapie peuvent être utilisés par voie veineuse ou par voie orale en fonction des molécules employées. Pour le cancer du rein, la chimiothérapie est le plus souvent proposée dans les formes métastatiques. Les traitements de référence sont les thérapies ciblées et l’immunothérapie. Ces nouvelles molécules, apparues au début des années 2000, sont dirigées contre un mécanisme spécifique de la tumeur pour stopper ou ralentir la progression de la maladie. Plus particulièrement, le principe de l’immunothérapie est d’accroitre le potentiel de notre système immunitaire à lutter contre la tumeur.

Thérapies ciblées au secours du cancer du rein disséminé

L’impact de la recherche dans la prise en charge du cancer du rein métastatique a été déterminant lors des dernières années. En novembre 2015, les résultats d’une étude clinique nommée Checkmate 025 comparant un traitement de référence (Evérolimus) à une nouvelle thérapie (Nivolumab) a montré une augmentation de la survie globale passant de 19 à 25 mois. L’étude a par ailleurs été arrêtée plutôt que prévu tant l’efficacité du Nivolumab était supérieure à celle de l’Evérolimus avec en prime une bien meilleure tolérance et donc moins d’effets indésirables.

Résultats de cette étude

Au final depuis près de 10 ans, les innovations chirurgicales et médicamenteuses ont permis d’étendre la durée de vie des patients souffrant de cancer métastatique de près de 3 ans.

Jean C., Pharmacien

– La Prise en charge du cancer du rein. Haute Autorité de Santé (HAS). Mis à jour en avril 2013.
– Epidémiologie Cancer du rein. Institut National du Cancer (INCa). Mis à jour en novembre 2010.
– Tumeur maligne, Cancer du rein de l’adulte. HAS. Mis à jour en juin 2010.
– Facteurs de risque cancer du rein. Institut National du Cancer (INCa). Mis à jour en avril 2013.
– Tumeurs du rein. Association Française d’Urologie. Consulté le 10/04/2017.
– Indice de Masse corporelle. OMS. Mis à jour Juin 2016.
– Maladie de bon Hippel-Lindau. Orphanet. Mis à jour en avril 2012.
– Dysplasie rénale multikystique : mise au point et information pour les parents lors du diagnostic anténatal. J. Bacchetta et al. Réunion pluridisciplinaire de diagnostic anténatal en néphro-urologie.
– Nivolumab versus everolimus in advanced renal-cell carcinoma. R.J Motzer et al. New England Journal of Medicine. 373, 05 Nov 2015.